Ren­contre avec Miss co­mice 1968

Miss co­mice 2016 se­ra élue en juillet pro­chain. Après avoir ren­con­tré les reines de 1950 et 1960, voi­ci un nou­veau té­moi­gnage : Li­liane Pré­vel reine du co­mice 1968

L'Orne Combattante (FL) - - LA UNE -

En 1968, Li­liane Pré­vel avait ter­mi­né brillam­ment ses études à la Mai­son Fa­mi­liale de Tin­che­bray, elle avait ob­te­nu son di­plôme haut la main. Pour cette rai­son, elle avait ga­gné un voyage en Al­le­magne avec 4 de ses ca­ma­rades de classe. Elle ai­mait la ferme et ce qui y touche. Mais quand le maire de Beau­chêne Paul Letessier est ve­nu lui de­man­der de se pré­sen­ter au con­cours de miss pour le co­mice, son jo­li vi­sage s’est as­som­bri. Elle n’avait au­cune en­vie de se prê­ter à ce jeu « mais à cette époque, on ne pou­vait pas se per­mettre de re­fu­ser une de­mande du maire, on ne di­sait pas non aux autres, alors il a fal­lu y al­ler ! Mais comme je n’avais pas en­vie, je n’ai pas ache­té de robe, j’étais ha­billée comme tous les jours ! »

Les 4 ou 5 jeunes filles de la com­mune se sont re­trou­vées de­vant les conseillers mu­ni­ci­paux « fi­na­le­ment au­cune d’entre nous n’était très mo­ti­vée, j’étais as­sez ti­mide, je ne m’étais pré­pa­rée à rien. Je me sou­viens que j’avais le sen­ti­ment de ne pas avoir le pro­fil, je n’étais pas très en­thou­siaste ! »

Pour­tant c’est Li­liane Pré­vel que les conseillers avaient dé­si­gné comme re­pré­sen­tante de leur com­mune pour le co­mice.

Ré­pondre n’im­porte quoi

1968 est une an­née par­ti­cu­lière, la miss se sou­vient qu’elle se ren­dait chaque mer­cre­di au mar­ché de Flers avec ses pa­rents « je me sou­viens qu’à cause des grèves, il man­quait des choses sur les étals de vente, j’avais été mar­quée par l’am­biance triste et mo­rose qui ré­gnait à Flers à cette époque-là, les gens sem­blaient im­pac­tés par les mou­ve­ments de grèves ».

L’élec­tion de la reine s’était dé­rou­lée dans les bâ­ti­ments des éta­blis­se­ments Mi­chel « je por­tais une robe verte, qui avait été confec­tion­née par notre cou­tu­rière fa­mi­liale, ce n’était pas vrai­ment une robe de miss. Je m’en fi­chais, je ne vou­lais pas être élue, d’ailleurs je m’étais mis en tête que je ré­pon­drais n’im­porte quoi aux ques­tions pour qu’on ne me choi­sisse pas, et puis toutes les autres me sem­blaient mieux que moi »

Lorsque son tour est ar­ri­vé de se pré­sen­ter, de mon­ter sur scène, Li­liane a ré­agi « sou­dai­ne­ment je voyais tout ce monde, ce­la m’a im­pres­sion­née, j’ai pris peur et me suis dit que je ne pou­vais pas ré­pondre n’im­porte quoi de­vant tous ces gens » Pen­dant tout le temps de l’élec­tion, les de­moi­selles étaient ac­com­pa­gnées de Ma­dame Rous­sin « c’était la char­cu­tière, elle était d’une ex­trême gen­tillesse, elle nous ras­su­rait et s’oc­cu­pait de nous »

Dé­si­gnée reine

Elle se sou­vient en­core des ques­tions qui ont été po­sées ce jour-là « j’ai dû don­ner le nombre d’habitants de ma com­mune, dire ce qu’était une SI­CA (So­cié­té d’In­té­rêt Col­lec­tif Agri­cole), j’ai dû dire quel pays j’ai­me­rais vi­si­ter. On m’a de­man­dé quelles de­vaient être les qua­li­tés d’un jeune agri­cul­teur, j’ai ré­pon­du qu’il de­vait être com­pé­tent et tra­vailleur »

Ses ré­ponses ont convain­cu le ju­ry qui l’a dé­si­gnée reine du co­mice de­vant la pre­mière de­moi­selle d’hon­neur Claire Le Ré­vé­rend de Frênes et Fran­cine Du­bois de Le Ménil Ci­boult.

La liste de ca­deaux qu’elle re­çoit lui semble in­ter­mi­nable « chaque com­mer­çant de Tin­che­bray, et ils étaient nom­breux avait don­né un lot. Par­mi eux, il y avait un ap­pa­reil pho­to. Pour moi c’était évé­ne­ment, il n’y avait pas beau­coup de monde à cette époque qui en avait ! »

La jeune fille ve­nait d’avoir son per­mis, elle avait uti­li­sé la voi­ture de ses pa­rents pour se rendre à l’élec­tion, ils ne l’avaient pas ac­com­pa­gnée « pour­quoi l’au­raient ils fait, il fal­lait que j’y aille, mais ce­la n’avait pas plus d’in­té­rêt que ce­la ». Lors­qu’elle ar­rive chez elle, ses pa­rents se sont mon­trés sur­pris « la voi­ture était pleine, rem­plie de ca­deaux. Il y avait deux fau­teuils rouges, très confor­tables, j’en ai en­core un, une sel­lette, un bra­ce­let, une robe de co­mice, une robe de ville, une lampe en forme de bateau, 3 bancs avec des pieds tor­sa­dés, un livre, un col­lier, des chaus­sures ar­gen­tées, des pa­rures de ser­viettes, des coif­fures et bien d’autres choses en­core. J’ai tout éta­lé dans la salle, les pa­rents n’ont rien dit, ce n’étaient pas des gens à dire des choses »

Tour­ner un film

Un jour, des voi­sins qui avaient le té­lé­phone sont ve­nus chez ses pa­rents « Mon­sieur Bar­ra­bé avait té­lé­pho­né, il me fai­sait sa­voir que je de­vais se rendre sur la col­line de Beau­chêne parce que Mon­sieur de Saint Lé­ger vou­lait y tour­ner un film avec les miss ! »

La veille du dé­fi­lé il avait plu mais cette jour­née de co­mice est pas­sée entre les gouttes « par­fois dans les rues de Tin­che­bray, on a cru que le char ne pas­se­rait pas tant ce­la sem­blait étroit ! » Le mi­di, la reine avait été in­vi­tée à dé­jeu­ner au res­tau­rant du Lion d’Or « le soir, nous avions été à nou­veau in­vi­tées à man­ger avec toutes les per­son­na­li­tés puis on a dan­sé »

Une fois le co­mice ter­mi­né, Li­liane a re­pris son travail d’aide fa­mi­liale chez ses pa­rents « avant pour se pré­sen­ter à cette élec­tion, il fal­lait être du monde agri­cole, je pen­sais que ce­la se­rait sup­pri­mé par la suite. Mais au­jourd’hui je vois que les gens sont très mo­ti­vés qu’ils s’y re­mettent et que le bé­né­vo­lat fonc­tionne bien »

En 1972, Li­lane s’est ma­riée, a eu deux fils et a au­jourd’hui deux pe­tits en­fants. Elle a lais­sé peu de temps dans sa vie pour les loisirs « quand on tra­vaillait sur une ferme, on n’était tou­jours très oc­cu­pés, on a tou­jours eu une vie bien rem­plie »

De­puis elle a sui­vi les élec­tions sui­vantes « je n’ai lou­pé au­cune élec­tion de ma com­mune. Il m’est même ar­ri­vé de faire par­tie du ju­ry »

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