A Ca­li­gny, une Équa­to­rienne veut ai­der son pays à se re­le­ver

Sil­via Even, Équa­to­rienne, est ve­nue ha­bi­ter dans l’Orne, à Ca­li­gny, en 2008. Ori­gi­naire d’un village si­tué près de l’épi­centre du séisme, l’Or­naise ap­pelle aux dons.

L'Orne Combattante (FL) - - ENTRE BOCAGE ET SUISSE NORMANDE -

Il s’agit du pire trem­ble­ment de terre qu’ait connu l’Équa­teur en près de 40 ans. Le séisme, de ma­gni­tude 7,8, a ébran­lé le pays sa­me­di 16 avril, à 18 h 58 (1 h 58 à Pa­ris). La se­cousse a été res­sen­tie jusque dans le sud de la Co­lom­bie et le nord du Pé­rou.

La ca­tas­trophe a fait près de 650 morts et des mil­liers de bles­sés, se­lon les der­niers bi­lans. Une cen­taine de per­sonnes se­rait tou­jours dis­pa­rue. Sil­via Even, une Équa­to­rienne ve­nue ha­bi­ter à Ca­li­gny, en 2008, pour suivre son ma­ri, a dé­ci­dé de se mo­bi­li­ser pour ai­der les siens.

Son village « to­ta­le­ment cou­pé »

« C’est ter­rible. Je suis ori­gi­naire d’un pe­tit village, Cal­ce­ta, si­tué à une cen­taine de ki­lo­mètres de l’épi­centre du séisme, ra­con­tait Sil­via Even, quelques jours après le séisme à Nor­man­die- actu. Tout est dé­truit, les mai­sons sont par terre, les corps sont en­se­ve­lis dans les dé­combres, il n’y a plus d’eau po­table… Mon village est to­ta­le­ment cou­pé, on ne peut pas y ac­cé­der par la route. Mon père, qui a 70 ans, et un de mes frères sont res­tés sur place pour ai­der nos voi­sins, nos amis. Ma fa­mille pos­sède une ferme. Avec son groupe élec­tro­gène et son puits, mon père ap­porte élec­tri­ci­té et eau aux gens. Il se sent utile et ne veut pas par­tir. Je suis in­quiète pour lui. »

Les quatre frères et les pa­rents de Sil­via Even, 42 ans, sont sains et saufs. Sa mère, 66 ans, s’est ré­fu­giée à Qui­to, la ca­pi­tale de l’Équa­teur, chez un de ses frères. Mais l’Or­naise d’adop­tion connaît des fa­milles, des amis, des cou­sins griè­ve­ment bles­sés ou dis­pa­rus. Pour la mère de deux en­fants, c’est très dif­fi­cile de vivre cette ca­tas­trophe loin de ses proches.

Près de 1 000 € pour Cal­ce­ta

L’Équa­to­rienne a vou­lu se rendre utile. La sa­la­riée du théâtre Scène na­tio­nale 61 d’Alen­çon a donc lan­cé un ap­pel aux dons. Elle a trou­vé une écoute fa­vo­rable au­près de l’Ab­bé Gé­rard Bois­gon­tier de la pa­roisse de Flers qui a vé­cu 6 ans en Equa­teur.

Lors des trois messes qui se sont te­nues, ce week-end, à Flers, près de 1 000 € eu­ros ont pu ain­si être ré­col­tés. « Je re­mer­cie les gens de Flers » , sou­ligne Sill­via Even. L’ar­gent sera ache­mi­né via des soeurs de Bar­ce­lone qui ont créé un col-

Be­soin de ma­té­riel avant ven­dre­di

Siv­lia Even re­laie éga­le­ment l’ap­pel de l’am­bas­sade de l’Equa­teur en France. « Il y a be­soin de grandes tentes, de lits pliants, de sacs de cou­chage d’été car il fait plus de 35°C en ce mo­ment, des piles, des lampes de poches Led et de la vais­selle en plas­tique, non je­table » , énu­mère la Ca­li­gnéenne.

Le ma­té­riel est à dé­po­ser au centre pa­rois­sial de Flers avant ven­dre­di mi­di. L’après-mi­di, Syl­via Even se ren­dra à l’am­bas­sade à Pa­ris pour ache­mi­ner le ma­té­riel. Elle cherche d’ailleurs un chauf­feur avec un ca­mion pour l’ai­der dans sa tâche.

Plus d’une se­maine après la ca­tas­trophe, les be­soins sont tou­jours im­por­tants. « Mon père m’a dit que dans les hô­pi­taux les en­fants naissent sans rien. Il n’y a pas de couche, ni de bi­be­ron. La si­tua­tion est déses­pé­rante » .

Contact : Sil­via Even au 06 49 09 58 06 ou par mail : sil­via.even@hot­mail. fr ou Gé­rard Bois­gon­tier au 06 82 43 02 61 ou par mail : ge­rard­bois­gon­tier@hot­mail. fr.

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