Al­fred Dro­lon : iti­né­raire d’un en­fant de­ve­nu cen­te­naire

L'Orne Combattante (FL) - - FLERS -

Ils l’at­ten­daient avec im­pa­tience pour fê­ter ses 100 ans. Sa­me­di 30 avril à la mai­rie de Saint-Georges-des-Groseillers, fa­milles, amis et voi­sins at­ten­daient Al­fred Dro­lon avec im­pa­tience pour cé­lé­brer cet an­ni­ver­saire.

Une grande émo­tion ré­gnait dans la salle de ré­cep­tion, lorsque le cen­te­naire a fait son ap­pa­ri­tion. Souriant, dé­ten­du, avec un air ma­li­cieux, Al­fred Dro­lon a sa­lué ses hôtes et les a re­mer­ciés vi­ve­ment pour leur pré­sence au­près de lui.

Guy Lange, le maire de SaintGeorges-des-Groseillers, ac­com­pa­gné des membres du con­seil mu­ni­ci­pal, ain­si que les membres du CCAS, ont ac­cueilli le doyen de la com­mune avec tous les hon­neurs.

Quelques jours avant, le maire s’était ren­du chez le re­trai­té pour s’en­tre­te­nir avec lui. Al­fred Dro­lon n’a pas man­qué de lui faire quelques confi­dences sur le dé­rou­lé de sa vie avec les dates mar­quantes.

Une vie au jar­din

Al­fred Dro­lon est né le 4 avril 1916 à Saint-Fraim­bault, au châ­teau du Teilleul, où tra­vaillait son père comme jardinier et sa mère comme femme de chambre. Mais c’est au front, lors de la Pre­mière Guerre mon­diale, que son père a ap­pris la nais­sance de son qua­trième en­fant.

Âgé de 11 ans, Al­fred Dro­lon a quit­té l’école de Pas­sais­la-Concep­tion pour ap­prendre le mé­tier de jardinier. Em­bau­ché au châ­teau des Ouches, il fut char­gé de l’en­tre­tien du parc jus­qu’en 1939. Ap­pe­lé pour ef­fec­tuer son ser­vice mi­li­taire, il est mo­bi­li­sé lors de la Se­conde Guerre mon­diale. Le jeune homme s’est re­trou­vé pri­son­nier à Pon­ti­vy.

En 1942, Al­fred Dro­lon, en­fer­mé comme 13 000 pri­son­niers de guerre sur le champ de Sa­ve­net a réus­si à s’en­fuir à la veille de son dé­part pour les camps de tra­vail en Al­le­magne.

Du­rant son pé­riple, il a fait pré­ve­nir les al­liés par un pi­geon voya­geur, de la pré­sence d’un com­man­do al­le­mand sur les hau­teurs de l’étoile de An­daines, ce qui leur per­met­tra de dé­truire l’en­tre­pôt de dé­pôt de car­bu­rant.

Le 28 juillet 1942, le jeune homme a épou­sé sa col­lègue de tra­vail, Ma­rie. De cette union naît Da­niel. Son épouse dis­pa­raît un an plus tard.

La vie re­prend

En 1946, Al­fred Dro­lon est em­bau­ché à Pas­sais-la-Concep­tion au poste de jardinier hor­ti­cul­teur. Il y ren­contre Léone et l’épouse le 14 jan­vier 1946. De cette union sont nés Ar­lette et Phi­lippe.

En 1970, la fa­mille a dé­ci­dé de dé­mé­na­ger à Flers, Al­fred ayant reç le pri­vi­lège d’être em­bau­ché par la cé­lèbre fa­mille Cousin comme jardinier.

« Des pa­trons justes mais très exi­geants », com­mente Al­fred en souriant.

Al­fred a pris sa re­traite en 1978. Jardinier éclai­ré, il se consacre à son jar­din au point d’ob­te­nir un prix au concours des mai­sons fleu­ries. Il garde du temps pour une autre pas­sion : la chasse.

À la dis­pa­ri­tion de son épouse, en 2006, Al­fred Dro­lon s’ins­talle chez sa fille Léone, à Saint-Georges-des-Groseillers. Alors qu’Ar­lette s’oc­cupe du jar­din, Al­fred consacre du temps à sa fa­mille, ses deux pe­tits fils Steve et Vincent et ses deux ar­rières pe­tits fils, Axel et Jules.

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