Une chau­dière bois en 2018 ?

L'Orne Combattante (FL) - - CONDÉ -

De plus en plus pri­sée par les villes, l’ins­tal­la­tion pour­rait sor­tir de terre dé­but 2018. À quel en­droit ? Pour quelle uti­li­té ? Com­ment fonc­tion­ne­ra-t-elle ? Le point avec Pa­trick Du­jar­din, élu ré­fé­rent sur la tran­si­tion éné­ger­tique.

Fi­nie la chau­dière à gaz

« Le dé­ve­lop­pe­ment du­rable n’est pas une mode. C’est une né­ces­si­té », lance Pa­trick Du­jar­din. Dans les car­tons de­puis un an et de­mi, le pro­jet de chau­dière bois prend de plus en plus d’am­pleur.

Les chau­dières à gaz ac­tuelles qui chauffent dif­fé­rents bâ­ti­ments sont de­ve­nues ob­so­lètes. « Elles datent des an­nées 1970. Il faut les chan­ger. »

Les dé­penses an­nuelles en chauf­fage des dif­fé­rents bâ­ti­ments ad­mi­nis­tra­tifs dé­passent ac­tuel­le­ment les 200 000 €, « mal­gré les dé­marches d’éco­no­mie d’éner­gie gé­né­ra­li­sées ». Une éco­no­mie de 30 % est en­vi­sa­gée.

Le leit­mo­tiv : « Al­ler de l’avant ». Et ça com­mence sur le ter­rain. De­puis des mois, une dé­lé­ga­tion mul­ti­plie les vi­sites : La Fer­té-Ma­cé, Vas­sy, Flers ou en­core Thu­ry-Har­court. Des com­munes qui pos­sèdent une chau­dière bois.

« On re­garde ce qui se fait chez le voi­sin. Ce­la nous per­met de voir ce qu’il faut faire ou ne pas faire », sou­rit Pa­trick Du­jar­din.

Quand et où se­ra-telle ins­tal­lée ? Et pour quel coût ?

Dé­but 2018. Pour son em­pla­ce­ment, si rien n’est en­core dé­fi­ni, c’est près de l’es­pace aqua­tique que l’ins­tal­la­tion est pri­vi­lé­giée.

La chau­dière fe­rait 20 m sur 10 m. « Moins grande que celle de Flers. » Le pro­jet est éva­lué entre 2 000 000 et 2 500 000 € en comp­tant la voi­rie.

Pour le fi­nan­ce­ment, l’élu est confiant. « Nous pou­vons avoir 50 % au mi­ni­mum de sub­ven­tions. Si nous sommes très op­ti­mistes : 75 %. Le re­tour sur in­ves­tis­se­ment est sur 10 ans. »

En­suite, la chau­dière se­ra sous dé­lé­ga­tion de ser­vice pu­blic ou par ré­gie via l’in­ter­com­mu­na­li­té ou Con­dé-en-Nor­man­die.

Quels bâ­ti­ments pour­raient en bé­né­fi­cier ?

Les bâ­ti­ments pu­blics du centre-ville, l’es­pace aqua­tique et le centre Dos­so sont ci­blés, le gym­nase Ro­ber Gos­sard, la cui­sine cen­trale, voire le ci­né­ma le Royal et le mar­ché cou­vert. « Nous avons l’ac­cord de prin­cipe de Cal­va­dos Ha­bi­tat pour la Zac du Mes­nil. » Ce­la re­pré­sente un ré­seau de tuyaux de 1,8 km.

Quel fonc­tion­ne­ment ?

La chau­dière bois se­rait ali­men­tée par de la haie bo­ca­gère hu­mide qui per­met une plus grande ca­pa­ci­té et pour­quoi pas du bois de taillis. « On en­vi­sage éga­le­ment du bois de fo­rêt. » La consom­ma­tion est es­ti­mée à 2 300 tonnes de bois par an.

Une fi­lière bois

Le po­ten­tiel de haies dans le Cal­va­dos se si­tue aux alen­tours de 33 000 km et moins de 5 % sont ex­ploi­tés par an. « L’or­ga­ni­sa­tion de la fi­lière bois re­pose sur une mo­bi­li­sa­tion des agri­cul­teurs, des cu­ma, une va­lo­ri­sa­tion éco­no­mique et une ges­tion du­rable de la res­source avec re­plan­ta­tions ain­si que par la mise en place de cir­cuits courts entre pro­duc­teurs et consom­ma­teurs. Dans un rayon de 30 km, nous avons de quoi faire. Des em­plois se­ront aus­si créés. »

Des risques de pol­lu­tion ?

« Non se­lon les études, ré­pond l’élu. Les ri­ve­rains n’ont pas d’in­quié­tude à avoir con­cer­nant le bruit. Les tech­niques ont évo­lué. Il n’y au­ra pas non plus de dé­ga­ge­ment de fu­mée. Il existe des filtres per­for­mants. »

Maxime Tur­ber­ville

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