Un spec­tacle gran­diose

Le can­ton de Tin­che­bray ac­cueille­ra en sep­tembre pro­chain le co­mice d’ar­ron­dis­se­ment. En 1968, la ci­té avait of­fert un voyage au­tour du monde à ses spec­ta­teurs.

L'Orne Combattante (FL) - - TINCHEBRAY -

En 1968, l’ar­ticle de L’Orne Com­bat­tante qua­li­fiait le dé­fi­lé de Chars et de groupes Cos­tu­més de « gran­diose ». « Ce di­manche 1er sep­tembre mar­que­ra sans doute, dans les an­nales des ma­ni­fes­ta­tions de Tin­che­bray. En ef­fet, tous les ha­bi­tants du can­ton et de la ré­gion ont été una­nimes à re­con­naître qu’ils n’avaient ja­mais vu une fête aus­si réus­sie ni une af­fluence aus­si im­por­tante dans les rues du chef-lieu de can­ton.

25 000 vi­si­teurs

Cette im­po­sante ma­ni­fes­ta­tion de l’agri­cul­ture avait été pré­pa­rée mi­nu­tieu­se­ment de­puis de longs mois. […] Des mil­liers de fleurs en pa­pier ont été confec­tion­nées ain­si que des guir­landes, au cours de soi­rées de ces der­niers mois, dans tous les quar­tiers et tous les vil­lages. Dès 14 h, place de la Gare, une ac­ti­vi­té dé­bor­dante ré­gnait pour la mise en place des chars et des mu­si­ciens et des groupes cos­tu­més.

Les opé­ra­tions étaient me­nées bon train par le pré­sident Bar­ra­bé qui, pour la cir­cons­tance uti­li­sait un porte-voix, tel un ca­pi­taine de na­vire pa­rant à la ma­noeuvre. Par­lons plu­tôt de flot­tille au mi­lieu d’une mer de fleurs et de cos­tu­més. Il fai­sait un temps splen­dide et au­cune tem­pête n’était à craindre. Pour­tant l’abor­dage du char de la reine par la pre­mière de­moi­selle d’hon­neur ne se fit pas sans dif­fi­cul­tés. Di­sons qu’elle n’avait pas le pied ma­rin ! Une fois dis­si­pée la fièvre de la mise en route, il n’y avait plus qu’à se lais­ser ber­cer par le flot des 25 000 vi­si­teurs.

Avec l’Elan de Sour­de­val comme chef de file, le char de la belle Abeille, construit par la « Ruche » pre­nait le dé­part dans un vé­ri­table bour­don­ne­ment que n’ar­ri­vaient pas à cou­vrir les mu­si­ciens de Tin­che­bray à la tête des­quels nous re­trou­vions M. Pa­try.

Dé­ci­dé­ment, quel beau voyage

Mé­nil-Ci­boult et Saint Quen­tin-les-Char­don­nets s’étaient grou­pés pour réa­li­ser « Ma Nor­man­die », char et groupe cos­tu­mé du plus bel ef­fet.

Le Foyer des jeunes rê­vait sans doute de che­vau­chées fan­tas­tiques dans le sa­loon de ser­vice où les ra­vis­santes in­diennes des buttes « rouges » et autres lieux voi­si­naient avec des cow-boys grat­tant la gui­tare avec dex­té­ri­té ; sans ou­blier le chef trap­peur.

Ma Ton­ki­noise, dé­ci­dé­ment, quel beau voyage, était une pré­sen­ta­tion de la pe­tite A. Rien n’y man­quait, ni même la chan­son. Les quar­tiers de la Grande rue et de la place du Gé­né­ral Le­clerc avaient bat­tu le rap­pel des An­da­louses et des An­da­lous pour re­pré­sen­ter un très jo­li char qui fut très ap­plau­di, à juste titre, il faut bien le dire. À croire que tous les fi­gu­rants avaient vé­cu là-bas. Quelle cha­leur mes amis ! Der­rière la mu­sique de l’Es­pé­rance de Ci­ral, ve­nait le char de Mont­se­cret et de Clai­re­fou­gère « Blanche Neige et les sept Nains » abri­tés par 2 énormes cham­pi­gnons, ré­col­tés sur place et as­sai­son­nées comme nous les ai­mons.

Un pe­tit re­tour dans l’his­toire de France avec le Pa­tro­nage Saint Jo­seph et les Gau­lois, nos an­cêtres che­ve­lus et bar­bus, ren­dus très po­pu­laires de­puis les ré­centes aven­tures d’As­té­rix et Obé­lix.

Sans tran­si­tion nous étions plon­gés au pays des rêves Ta­hi­ti, avec pal­miers, sable chaud et danses lan­gou­reuses. Les jeunes agri­cul­teurs avaient fait du bon tra­vail et la ré­colte d’ap­plau­dis­se­ments fut ex­cel­lente.

Der­rière la Fan­fare de Pu­tanges se pré­sen­tait une équipe de ma­rins dé­ci­dés à fran­chir la ma­rée hu­maine aux ordres d’un chef in­fa­ti­gable. Toutes voiles de­hors, le San­tia­no fen­dait la foule. Il faut dire que la coque était so­lide puisque construite en bois de « Fresnes »

L’im­por­tant c’est la rose, se­lon les bonnes vo­lon­tés de Cha­nu et Lar­champ, réunies pour of­frir ce bou­quet char­mant et co­lo­ré. Là aus­si un tra­vail re­mar­quable.

De jeunes jar­di­niers culti­vant au Pays du so­leil le­vant et pous­sant leurs brouettes de fleurs, le tout pré­sen­té har­mo­nieu­se­ment par les quar­tiers de la rue de l’in­dus­trie et de la rue de Dom­front. Un groupe de cir­cons­tance pour ce di­manche sans nuage. Comme pour rap­pe­ler le grand voyage que nous ve­nions de faire à tra­vers les pays du monde, le folk­lore et l’his­toire, les ha­bi­tants de Saint Pierre-d’En­tre­mont et de Mon­cy ont pré­sen­té un char sur le thème connu « En­fants de tous pays ».

L’union des peuples au­tour du globe, une his­toire ma­gni­fique. « Pous­sez, pous­sez « l’Es­car­po­lette… » Réa­li­sa­tion re­mar­quable de la se­conde moi­tié de la Grande rue (Lion-d’Or, Champ de Foire). Fraî­cheur des cos­tumes, am­biance d’opé­rette, pe­tite « Ma­ry Pop­pins » à l’om­brelle écla­tante. Une nou­velle touche de cou­leur dans ce dé­fi­lé réus­si. En conclu­sion de ce spec­tacle que nous n’au­rions pas vou­lu voir se ter­mi­ner, le char de la reine « Les blés d’Or » que pré­cé­dait la Mu­sique mu­ni­ci­pale de Vire. Beau­chêne et Saint Cor­nier avaient bien fait les choses pour les hé­roïnes du jour, sou­riantes et gra­cieuses, Li­liane, Fran­cine et Claire.

La jour­née fes­tive avait com­men­cé par le co­mice agri­cole dans la ma­ti­née.

Plu­sieurs ca­té­go­ries de bo­vins, de porcs et de che­vaux avaient été sé­lec­tion­nées pour être pri­mées.

Fi­dé­li­té à la pro­fes­sion

Cette an­née-là, les ou­vriers et ou­vrières agri­coles du can­ton avaient re­çu une prime d’hon­neur et un di­plôme pour leur fi­dé­li­té à la pro­fes­sion. Melle Marthe Liot avait été ré­com­pen­sée pour 48 ans et 5 mois chez M. Quen­tin Fou­cault à Saint Quen­tin et Melle Ma­rieLouise De­guer­nel pour 42 ans et 4 mois chez Ro­bert Schoux à Clai­re­fou­gère.

Pas de belle fête sans len­de­main ! Toute la po­pu­la­tion était en va­cances ex­cep­tion­nelles pour ce len­de­main de co­mice. Beau­coup de spor­tifs sont al­lés voir sur les 1,800 km du par­cours le dé­rou­le­ment du Grand Prix du Co­mice dont le dé­part avait été don­né par sa ma­jes­té la reine et ses de­moi­selles d’hon­neur. 24 cou­reurs du Grand Ouest s’y étaient af­fron­tés.

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