Plus de 150 par­ti­ci­pants à la soi­rée dé­bat sur les haies

La soi­rée dé­bat sur les haies a réuni plus de 150 per­sonnes, mar­di 26 avril, salle des Ter­riers. Preuve de l’en­goue­ment sur le su­jet dans un pays de bo­cage.

L'Orne Combattante (FL) - - ATHIS -

Athis-Val-de-Rouvre.

Or­ga­ni­sée en par­te­na­riat par la mai­rie de la com­mune nou­velle, le CPIE des col­lines nor­mandes et l’as­so­cia­tion En­vi­ron­ne­ment de la val­lée du Noi­reau, la soi­rée dé­bat sur les haies dans le bo­cage a connu une forte par­ti­ci­pa­tion avec plus de 150 per­sonnes.

Avant le dé­bat pro­pre­ment dit, la soi­rée a dé­bu­té avec la pro­jec­tion du film de Sé­bas­tien Ba­ra­du et de Ma­rie-Odile Lau­la­nie : ’’La ma­gie des haies’’. D’une du­rée de 75 mi­nutes, ce film, plu­sieurs fois pri­mé en France et à l’étran­ger, dont le prix du meilleur film étran­ger au fes­ti­val de Port­neuf, au Qué­bec, en 2010, dé­montre l’im­por­tance ca­pi­tale des haies dans le pay­sage.

920 km ar­ra­chés par an dans l’Orne

Le dé­bat a été ani­mé par Laurent Ne­voux, de Bois Bo­cage Éner­gie, à Cha­nu, et Laurent Bé­nard, nou­veau di­rec­teur du CPIE (centre per­ma­nent d’ini­tia­tique et d’en­vi­ron­ne­ment) des col­lines nor­mandes à la Mai­son de l’eau et du pay­sage à Bréel.

Les haies four­nissent du bois de chauf­fage, pro­tègent les cultures, les ani­maux, les nappes phréa­tiques et sont im­por­tantes en ma­tière de bio­di­ver­si­té. En 2015, le dé­par­te­ment de l’Orne to­ta­li­sait en­core 30 000 km de haies mais 920 dis­pa­raissent chaque an­née. Même constat dans les dé­par­te­ments voi­sins du Cal­va­dos et de la Manche où, avec l’Orne, on compte en­core 120 000 km de haies où, en moyenne, 1 800 dis­pa­raissent chaque an­née.

Il res­sort ac­tuel­le­ment que sur une ex­ploi­ta­tion de 100 hec­tares, il est re­cen­sé une moyenne de 10 km de haies qui ont une ca­pa­ci­té de pro­duc­tion an­nuelle de 50 tonnes de bois. Pro­duc­tion qui va crois­sante au fil des ans mais à la­quelle de nom­breux agri­cul­teurs ne semblent pas in­té­res­sés. Cer­tains al­lants même jus­qu’à pro­po­ser que des par­ti­cu­liers in­té­res­sés par le bois de chauf­fage viennent en­tre­te­nir les haies sur leur ex­ploi­ta­tion sans contre­par­tie fi­nan­cière pour l’ex­ploi­tant.

Pri­vi­lé­gier la pé­da­go­gie

Bien en­ten­du, dans la salle, il y avait d’ar­dents dé­fen­seurs des haies et quelques agri­cul­teurs qui n’ont pas for­cé­ment cette même lo­gique en ma­tière de pro­tec­tion. Il n’y a pas eu vrai­ment d’op­po­si­tion mais par­fois quelques échanges in­ci­sifs entre les uns et les autres afin de dé­fendre leur point de vue.

À ce su­jet, Laurent Bé­nard a dé­cla­ré.

« Ce soir, il n’y a pas les bons et les gen­tils d’un cô­té et les mé­chants de l’autre ! »

Main­tien de l’arbre

Ce dé­bat, très construc­tif a per­mis de mettre en avant les ar­gu­ments de cha­cun. Il est clair qu’au­jourd’hui, le sys­tème de pro­duc­tion agri­cole et le ma­té­riel uti­li­sé ne sont pas fa­vo­rables au main­tien des haies sur les par­celles lors des agran­dis­se­ments des ex­ploi­ta­tions.

Ce­la ré­sulte d’une po­li­tique d’en­sei­gne­ment dans les ly­cées agri­coles qui n’est pas axé sur la pro­duc­tion bio­lo­gique qui prône l’uti­li­sa­tion de la haie. Ce­la pour­rait chan­ger dans les pro­chaines an­nées puisque le mi­nis­tère de l’Agri­cul­ture vient de lan­cer un pro­gramme qui in­clut le main­tien de l’arbre dans le monde agri­cole.

Ac­tuel­le­ment, cer­taines com­munes de la ré­gion du Bo­cage agissent en fa­veur de la pro­tec­tion des haies sur leur ter­ri­toire. Par ailleurs, les maires des com­munes ont la pos­si­bi­li­té d’uti­li­ser leur pou­voir de po­lice pour agir en cas d’ar­ra­chage illi­cite de haies par le monde agri­cole. L’amende peut al­ler de 20 à 150 000 €. En cas de li­tige, c’est la pé­da­go­gie qui doit pré­va­loir avant d’en­ga­ger des pour­suites. Si un ex­ploi­tant dé­truit une haie alors qu’il n’avait qu’il n’avait pas à le faire, la meilleure so­lu­tion est qu’il re­plante à ses frais. Lors­qu’un plan lo­cal d’ur­ba­nisme in­ter­com­mu­nal (PLUI) est lan­cé, ce­lui-ci peut in­clure dans son pro­gramme la pro­tec­tion des haies. Com­por­te­ment qui tend à se dé­ve­lop­per ac­tuel­le­ment. Il faut sa­voir que la mise en place d’un PLUI s’étale au moins sur quatre à cinq ans.

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