« C’était bon­jour mon­sieur le lieu­te­nant ! »

L'Orne Combattante (FL) - - CONDÉ ET SON PAYS -

À l’oc­ca­sion des 40 ans de la sec­tion jeunes sa­peurs-pom­piers (JSP) de Con­dé-sur-Noi­reau, re­trou­vez chaque se­maine un por­trait, des photos, des té­moi­gnages de ceux qui ont fait et qui fe­ront les JSP. Au­jourd’hui, ren­contre avec Louis Le­mau­nier.

Quand il jette un oeil sur sa car­rière, Louis Le­mau­nier, 67 ans, garde un sou­ve­nir bien pré­cis : ce­lui de sa der­nière in­ter­ven­tion.

« Il y a eu un feu de toit de chaume à Pont-d’Ouilly. Im­pos­sible d’éteindre le feu. Quand je suis ren­tré le ma­tin chez moi, mon épouse m’a dit : « Ce n’est plus de ton âge ! ». Il était temps d’ar­rê­ter. »

44 ans, 7 mois et trois jours comme pom­pier. Au­tant dire que Louis en a usé des casques. « Je suis en­tré à la ca­serne en 1968. J’avais 18 ans. Je vou­lais être utile. »

Il com­mence comme vo­lon­taire. « Je tra­vaillais à Ho­ney­well et après à la Ville. Puis je suis de­ve­nu pro­fes­sion­nel. 33 ans comme chef de centre mais aus­si comme com­man­dant de com­pa­gnie. J’avais Con­dé, Clé­cy, Thu­ry, Saint-Ré­my-sur-Orne et Pontd’Ouilly. »

À Con­dé, c’est une bande de co­pains qui com­posent le centre de se­cours. « On fai­sait 80 sor­ties à l’an­née. Lar­ge­ment moins que main­te­nant ! »

Les in­ter­ven­tions n’étaient pas les mêmes. « On par­tait à l’époque à une ving­taine sur un feu de che­mi­née. On avait le ca­mion six places et cha­cun de­vait prendre sa voi­ture per­son­nelle ! »

À l’époque, les per­sonnes ap­pe­laient La poste qui pré­ve­nait en­suite les pom­piers. « On son­nait la si­rène puis on voyait qui ar­ri­vait », sou­rit Louis qui a éga­le­ment oeu­vré pen­dant cinq ans dans le Mi­di pour les feux de fo­rêts.

La créa­tion des JSP

En 1976, avec son ami Mau­rice Ra­hain et d’autres, ils fondent la sec­tion des jeunes sa­peurs-pom­piers. « Nous avons eu l’idée lors d’un congrès de pom­piers. Les ca­sernes avaient be­soin d’un re­nou­vel­le­ment de gé­né­ra­tion. Très vite, on en a par­lé au maire de l’époque Mau­rice Piard, qui est d’ac­cord. »

La pre­mière an­née, ils sont une di­zaine de jeunes en­ca­drés no­tam­ment par Louis. « Bien sou­vent des connais­sances, des ne­veux ou des fils d’amis. » Ra­pi­de­ment, l’ef­fec­tif s’étoffe avec « le bouche à oreille ».

Ici, on leur ap­prend le mé­tier de base : le se­cou­risme et le ma­té­riel mais sur­tout la dis­ci­pline. « Ce­lui qui fai­sait le pitre en ville, était in­ter­dit de ve­nir à la ca­serne. »

On pou­vait in­té­grer les JSP à l’âge de 8 ans. « À la ca­serne, c’était Bon­jour mon­sieur le lieu­te­nant si­non c’était trois tours de ca­serne. »

Avec Jacques Ro­bert, ils créent la sec­tion dé­par­te­men­tale dans les an­nées 80. Louis a éga­le­ment don­né le vi­rus des pom­piers à toute sa fa­mille.

Sa fille, Na­ta­cha Le­gendre, est la res­pon­sable ac­tuelle des JSP. Deux de ses pe­tits-en­fants sont pom­piers.

M.T.

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