Mé­daillée de bronze aux championnats de France, Océane s’en­traîne à Tin­che­bray

L'Orne Combattante (FL) - - TINCHEBRAY ET SON PAYS -

Elle est ré­gu­liè­re­ment ci­tée dans les ar­ticles spor­tifs, aus­si cé­lèbre pour ses ca­pa­ci­tés sur les ta­ta­mis que pour son verbe lé­gen­daire, Océane Oblin est mé­daille de bronze des der­niers championnats de France de ju­do. Ils se sont dé­rou­lés à Cey­rat, dans le Puy-de-Dome le 24 avril der­nier. Elle était la seule ju­do­ka de l’en­tente Tin­che­bray/ Vas­sy/Dour­de­val/Dom­front a être qua­li­fiée. Elle a ga­gné « après un com­bat très ac­cro­ché face à une ju­do­kate qu’elle re­dou­tait. Puis en fi­nale a per­du contre la cham­pionne de France » ex­plique Syl­vain Charles, son en­traî­neur sa­tis­fait.

Née en 2000, la jeune ath­lète était dé­jà cham­pionne de Nor­man­die en 2014. Elle est ré­gu­liè­re­ment sur les po­diums de Haute et Basse Nor­man­die.

Une en­fant hy­per­ac­tive

Océane Oblin est « un peu tom­bée par ha­sard » dans le monde du ju­do. Ses pa­rents Isa­belle et oli­vier se sou­viennent d’une en­fance dif­fi­cile « C’était une en­fant hy­per­ac­tive, elle ne de­man­dait qu’à se dé­fou­ler, ce­la de­ve­nait très dif­fi­cile à gé­rer. Alors pour l’ai­der à ca­na­li­ser son éner­gie dé­bor­dante, on l’a em- me­née aux portes ou­vertes du club de ju­do de Vas­sy lors­qu’elle avait 6 ans. Elle a es­sayé, ce­la lui a plu »

Ra­pi­de­ment, la si­tua­tion est de­ve­nue com­pli­quée pour Océane « j’étais beau­coup plus grande que les en­fants de mon âge, très vite j’en ai eu as­sez de tous les mettre par terre, je ne vou­lais plus être celle qui tape sur tous les pe­tits. Alors j’ai dé­ci­dé de m’ar­rê­ter ».

Dé­tec­tée pour son po­ten­tiel

Conscient du po­ten­tiel d’Océane, Syl­vain Charles, son en­traî­neur a alors dé­ci­dé de la faire s’en­traî­ner avec des plus grands. Sans crainte, Océane a très ra­pi­de­ment pro­gres­sé a at­teint tous les ni­veaux puis est en­trée en com­pé­ti­tion. De­ve­nue mi­nime, vers 13 ans elle se clas­sait en ré­gio­nale, mon­tait sur les po­diums de Nor­man­die.

Dé­tec­tée par un res­pon­sable sports études Caen­nais qui croit en son po­ten­tiel, Océane quitte son collège de Vas­sy en 4e et s’ins­crit comme in­terne au collège Le­chan­teur de Caen en 3e, en sec­tion sport études. Au­jourd’hui élève de 2nde au ly­cée La­place de Caen, elle suit l’en­sei­gne­ment obli­ga­toire au­quel s’ajoutent 14 heures de ju­do heb­do­ma­daires et un pro­gramme strict d’en­traî­ne­ments. « J’en fais toute la se­maine, j’aime ça, mais quand je rentre chez moi le ven­dre­di soir, j’aime ve­nir pour­suivre l’en­traî­ne­ment à Tin­che­bray, avec mon en­traî­neur, les amis, ce­la me fait plai­sir de re­trou­ver mes ca­ma­rades de club ».

De­ve­nue ca­dette en 3e, Océane a vé­cu un dé­but de sai­son dif­fi­cile pour sa 2e an­née à Caen, une bles­sure au ge­nou l’a éloi­gnée du ju­do du­rant près de 4 mois. Ce n’est qu’en fé­vrier qu’elle a pu re­prendre l’en­traî­ne­ment in­ten­sif. Son fort tem­pé­ra­ment lui a per­mis de se dé­pas­ser et de se his­ser à la 3e marche du po­dium aux championnats de France.

Pas de re­grets

Elle y était ac­com­pa­gnée de son en­traî­neur de l’En­tente du Bo­cage. Ses ca­ma­rades parlent d’elle comme d’une fille « joyeuse, dy­na­mique, ba­varde, plein de vie et pleine de punch »

Au­jourd’hui Isa­belle et Oli­vier ne re­grettent pas leur choix « le ju­do est une ac­ti­vi­té que nous re­com­man­dons aux pa­rents ren­con­trant les mêmes dif­fi­cul­tés que nous. Cette dis­ci­pline lui a ap­pris le res­pect, à suivre des règles, c’est un ex­cellent exer­cice pour les en­fants hy­per­ac­tifs. La bonne am­biance du club ajoute au plai­sir, on le doit au rôle im­por­tant du pro­fes­seur »

Lu­cie De­cosse, sé­lec­tion­neuse de l’équipe de France a dé­jà re­pé­ré Océane « si elle a be­soin, elle m’ap­pel­le­ra ». Pour le mo­ment, Océane est au Pôle Es­poir. Elle compte y res­ter jus­qu’en ter­mi­nale « je conti­nue­rai le ju­do au­tant que je pour­rai, mais il faut gar­der les pieds sur terre, le sport ne pour­ra pas rem­plir ma car­rière pro­fes­sion­nelle. Il va fal­loir que j’ap­prenne un mé­tier. J’ai­me­rais être auxi­liaire de pué­ri­cul­ture. Pour cette rai­son, je pré­fère res­ter au Pôle Es­poir, m’écla­ter main­te­nant, ce n’est pas grave si je ne re­joins pas le Pôle France de ju­do ».

Be­soin de dons

Sa mé­daille aux championnats de France lui a ou­vert les portes du cir­cuit eu­ro­péen. Océane et son en­traî­neur se ren­dront au Por­tu­gal le 29 mai pro­chain pour le cham­pion­nat d’Eu­rope « cette si­tua­tion in­édite nous pousse à faire ap­pel aux dons et aux spon­sors » pré­cise Syl­vain Charles « pour l’en­semble du cir­cuit eu­ro­péen, nous avons be­soin d’en­vi­ron 3 000 €, après le Por­tu­gal, il y au­ra la Tur­quie et l’Ita­lie en 2017, c’est au club de l’En­tente du Bo­cage de fi­nan­cer le dé­pla­ce­ment, mais c’est un pe­tit club qui n’a pas ces moyens, nous avons be­soin d’aide »

Ma­ni­fes­tant son sou­tien à la jeune cham­pionne, la mu­ni­ci­pa­li­té de Tin­che­bray, re­pré­sen­tée par son ad­joint aux sports Da­niel De­cosse a re­mis des ca­deaux à Océane, il l’a fé­li­ci­tée « pour ses per­for­mances, qui ne sont qu’une étape dans cette brillante fu­ture car­rière »

Le club de l’en­tente réunit 84 ju­do­kas, à Tin­che­bray, la mu­ni­ci­pa­li­té en­tre­tien la salle du Do­jo, re­nou­velle ré­gu­liè­re­ment les ta­ta­mis. Syl­vain Charles est en­traî­neur à Dom­front, Sour­de­val, Tin­che­bray et Vas­sy « j’ai sou­hai­té que les clubs de­viennent une en­tente afin de fa­vo­ri­ser la bonne am­biance, celle-ci est sti­mu­lante pour les ré­sul­tats.

Ce dy­na­misme est une ému­la­tion. Les ju­do­kas ins­crits dans n’im­porte quel club de l’en­tente peuvent s’en­traî­ner où ils veulent. On a le sen­ti­ment qu’il s’agit d’un seul club. De nom­breuses ac­ti­vi­tés ost or­ga­ni­sées en­semble »

De­puis 8, 9 ans « nous voyons une sé­rie de beaux ré­sul­tats, avec dé­jà 5 filles ayant par­ti­ci­pé aux championnats de France »

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