Fa­laise

Le Mé­mo­rial des ci­vils dans la guerre a of­fi­ciel­le­ment été inau­gu­ré di­manche 8 mai. L’ob­jec­tif ? Ra­con­ter le quo­ti­dien des ci­vils du­rant la Se­conde Guerre mon­diale, en Nor­man­die et dans le reste du monde.

L'Orne Combattante (FL) - - LOISIRS -

Pour­quoi construire un nou­veau mu­sée ?

La Nor­man­die est dé­jà riche en mu­sées et lieux de com­mé­mo­ra­tion de la Se­conde Guerre Mon­diale avec, en fi­gure de proue, le Mé­mo­rial de Caen. Fa­laise vien­dra com­bler une la­cune : l’his­toire des ci­vils du­rant les conflits. « La grande dif­fé­rence entre la Pre­mière et la Se­conde Guerre mon­diale, c’est que la pre­mière a fait très peu ou pas de morts ci­vils. Pen­dant la deuxième, 35 à 40 mil­lions de ci­vils sont morts dont 15 mil­lions de Chi­nois et 10 mil­lions de Russes » sou­ligne Sté­phane Gri­mal­di, le di­rec­teur du Mé­mo­rial de Caen. 20 000 Nor­mands sont ain­si dé­cé­dés entre 1939 et 1945, sur leurs terres ou dans les camps al­le­mands.

Cette guerre marque un chan­ge­ment de ci­vi­li­sa­tion. Dé­sor­mais, tous les conflits frappent beau­coup plus les ci­vils que les mi­li­taires.

Sym­bole de la Ba­taille de Nor­man­die

Autre in­té­rêt de ce lieu, ex­pli­quer ou rap­pe­ler que la ba­taille de Nor­man­die ne se ré­sume pas au dé­bar­que­ment du 6 juin. Du­rant de longues se­maines, les deux camps vont se li­vrer une lutte sans mer­ci au mi­lieu des ci­vils n’ayant pas eu le temps de fuir, oc­ca­sion­nant de nom­breuses pertes hu­maines. « Fa­laise a été li­bé­rée le 17 août 1944. La fin de la Poche de Fa­laise-Cham­bois a eu lieu le 19 août. Le 25 août, Pa­ris était li­bé­rée. Ce­la montre l’im­por­tance de cette Poche » constate le maire Eric Ma­cé. « Fa­laise est le sym­bole de toutes ces villes nor­mandes qui furent dé­truites » .

Le pro­jet

Le Mé­mo­rial est ins­tal­lé dans l’an­cien tri­bu­nal de Fa­laise, place Guillaume- le- Con­qué­rant, tout près du châ­teau. Coût de l’opé­ra­tion ? 4,1 mil­lions d’eu­ros dont la moi­tié a été fi­nan­cée par l’État, la Ré­gion et le Dé­par­te­ment (700 000€ cha­cun). La ville et la CdC fi­nancent les 2 autres mil­lions d’eu­ros.

Le bâ­ti­ment, qui date de la re­cons­truc­tion, a été en­tiè­re­ment ré­no­vé pour of­frir trois ni­veaux de vi­site de 800m2 cha­cun. « Le chan­tier a du­ré 23 mois entre la concep­tion et la réa­li­sa­tion » ré­sume Claude Le­teurtre, pré­sident de la CdC, qui porte le pro­jet sur ses épaules de­puis plu­sieurs an­nées. Au moins vi­si­teurs par an

La ges­tion de l’équipement a été confiée au Mé­mo­rial de Caen dans le cadre d’une Dé­lé­ga­tion de Ser­vice Pu­blic d’une du­rée de 7 ans. C’était, de­puis le dé­but, la vo­lon­té de l’an­cien dé­pu­té de Fa­laise. « Nous vou­lions nous ap­puyer sur l’ex­per­tise du Mé­mo­rial » . Au­cune sub­ven­tion d’équi­libre ne se­ra ver­sée par la col­lec­ti­vi­té. 35 Charge au Mé­mo­rial de rendre le mu­sée ren­table. Pour ce­la, il de­vra at­ti­rer au moins 35 000 vi­si­teurs par an. Se­lon les ex­perts, ce chiffre est loin d’être in­sur­mon­table. Une étude a fixé un ob­jec­tif rai­son­nable à court terme de 50 000 per­sonnes en s’ap­puyant, no­tam­ment, sur les 70 000 vi­si­teurs an­nuels du châ­teau. Que va-t-on y trou­ver ?

La vi­site dé­bu­te­ra par le deuxième étage consa­cré à l’oc­cu­pa­tion : vie quo­ti­dienne des Fran­çais, ré­pres­sion de la Ré­sis­tance, per­sé­cu­tion des Juifs, etc. Des té­moi­gnages d’ha­bi­tants du pays de Fa­laise, des do­cu­ments, des photos ou des ob­jets illus­tre­ront cette époque. Une pe­tite salle de ci­né­ma et un lo­ge­ment des an­nées 40 per­met­tront d’évo­quer ce su­jet.

Le pre­mier étage abor­de­ra le thème de la Li­bé­ra­tion, l’exode, les bom­bar­de­ments mais aus­si le dur re­tour à la vie après-guerre et les dif­fi­cul­tés de la re­cons­truc­tion.

En­fin, au rez-de-chaussée, le pu­blic se­ra confron­té au su­jet du bom­bar­de­ment dans une salle im­mer­sive construite sur les ruines d’une mai­son dé­truite en août 44 et dé­cou­verte au dé­but du chan­tier. Les ves­tiges de ce lo­ge­ment ont été pré­ser­vés sous un pla­teau de verre. « Sur un mur en bé­ton se­ra pro­je­té un film de 9 mi­nutes et de­mi avec des images d’ar­chives fran­çaises, al­le­mandes, an­glaises et ca­na­diennes. On évo­que­ra le dé­col­lage des avions, la tra­ver­sée de la Manche, la DCA, le lâ­cher de bombes… » pré­cise Sté­phane Gri­mal­di.

Pas­cal Le­coq

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