Les « pro­té­gés » de Ma­nu Chao sur le mont de Ce­ri­sy

En 2016, les Du­bio­za Ko­let­kiv, ori­gi­naires de Bos­nie, se­ront de tous les grands fes­ti­vals. Ils joue­ront aux Bi­choi­se­ries à Ce­ri­sy sa­me­di 25 juin. In­ter­view.

L'Orne Combattante (FL) - - LOISIRS -

Que si­gni­fie le nom Du­bio­za Ko­lek­tiv en fran­çais ?

Il y a plu­sieurs fa­çons de la tra­duire. La pre­mière, c’est ce qu’on com­prend in­ter­na­tio­na­le­ment et qui ren­voie au mot « du­bi­ta­tif », à ce qui prête à la sus­pi­cion. Et, du bos­nien, ça pour­rait être tra­duit par les mots an­glais « fu­cked up ». C’est un son très fes­tif, très vi­vant, mais avec des textes en­ga­gés. Est-ce qu’on peut vous qua­li­fier de contes­ta­taires fes­tifs ?

C’est po­li­tique après la fête. C’est la mu­sique qui ap­porte la ré­ponse. Ma­nu Chao qua­li­fie Du­bio­za Ko­lek­tiv de « meilleur groupe eu­ro­péen du mo­ment ». Ce n’est pas rien. Vous avez joué avec lui. Comment l’avez vous ren­con­tré ? Nous l’avons ren­con­tré la pre­mière fois il y a quinze ans, quand il a fait son pre­mier show à Sa­ra­je­vo. Nous l’avons re­vu plu­sieurs fois lors de dif­fé­rents fes­ti­vals. En fait, on a gran­di avec Ma­nu Chao, sa mu­sique. Et, en fait, ce qu’on aime faire avec lui ce n’est pas for­cé­ment co­pier l’image de Ma­nu Chao et son en­ga­ge­ment mais c’est plu­tôt, au fil des fes­ti­vals et de nos ren­contres, d’ob­ser­ver sa fa­çon de tra­vailler et de jouer. Donc, on en ap­prend un peu à chaque fois quand on le ren­contre. Est ce que vous connais­sez la France et plus pré­ci­sé­ment la Nor­man­die ? Oui, nous avons joué plu­sieurs fois en Nor­man­die, no­tam­ment au fes­ti­val Chauf­fer dans la noir­ceur et lors de sa ver­sion hi­ver­nale. On a joué plu­sieurs fois mais on ne se sou­vient plus for­cé­ment où. On fait beau­coup de concerts. Vous avez gran­di dans un pays qui a connu la guerre. Quelle est votre vi­sion de l’Union eu­ro­péenne ? C’est une grande ques­tion. La pre­mière idée, c’est ce cô­té très bu­reau­cra­tique de l’Union eu­ro­péenne qui est ba­sée sur une fa­çon de di­ri­ger et d’im­po­ser des lois sans for­cé­ment por­ter at­ten­tion à ses ha­bi­tants. Le pre­mier exemple, du coup, c’est ce­lui des ré­fu­giés, de leur ac­cueil et le fait que l’Union eu­ro­péenne ne veut pas les en­tendre alors qu’à cô­té il y a des mil­lions de bé­né­voles qui sont prêts à ai­der ces ré­fu­giés et à les ac­cueillir les bras ou­verts. Ces bé­né­voles sont plus proches de l’idée que nous avons de l’Union eu­ro­péenne que ce sys­tème po­li­tique et bu­reau­cra­tique. Qu’est ce qu’on peut an­non­cer aux fes­ti­va­liers de Ce­ri­sy ? On ai­me­rait bien jouer au foot­ball, pro­fi­ter des sur­faces plates qu’on peut trou­ver en Nor­man­die. Pour­quoi pas jouer avec les bé­né­voles ? C’est ce qu’on a l’ha­bi­tude de faire quand on vient en Nor­man­die. Et comme la Bos­nie n’est pas qua­li­fiée pour l’Eu­ro de foot, on veut se ven­ger avec les Fran­çais.

Pro­pos re­cueillis par Tho­mas Gourlin

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