Le pro­cès du bra­quage

Près de 2 ans après le vol avec vio­lences sur­ve­nu à la bi­jou­te­rie Ger­bet, à Flers, deux hommes sont sous les ver­rous. L’un d’eux com­pa­rais­sait ce lun­di 9 mai, de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Ar­gen­tan.

L'Orne Combattante (FL) - - LA UNE - M. M.

Près de deux ans après le vol avec vio­lences de la bi­jou­te­rie Ger­bet à Flers, deux hommes ont été in­ter­pel­lés. L’un d’eux était ju­gé lun­di der­nier.

Le mer­cre­di 18 juin 2014, trois in­di­vi­dus avaient at­ta­qué la bi­jou­te­rie Ger­bet, en cen­tre­ville de Flers.

Les faits s’étaient dé­rou­lés vers 11 h 30, en plein jour de mar­ché, alors que des tra­vaux étaient me­nés à quelques mètres du ma­ga­sin. Per­sonne n’avait rien vu. Pour la deuxième fois en 5 ans, Bri­gitte Bi­dard était agres­sée dans son propre ma­ga­sin par des cam­brio­leurs (lire ci-des­sous).

Trois in­di­vi­dus mis en cause

Près de 2 ans après les faits, trois in­di­vi­dus ont été iden­ti­fiés par les en­quê­teurs. Deux ont été in­ter­pel­lés et sont ac­tuel­le­ment sous les ver­rous. L’un d’eux était ju­gé ce lun­di 9 mai, de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Ar­gen­tan.

Bri­gitte Bi­dard a te­nu à être pré­sente au pro­cès. Elle était en­tou­rée de nom­breux proches dans cette nou­velle épreuve. Son agres­seur pré­su­mé, lui, n’était pas là. Bles­sé aux ta­lons après avoir ten­té de se sous­traire aux en­quê­teurs en sau­tant par une fe­nêtre, il com­pa­rais­sait par vi­sio­con­fé­rence, de la pri­son hô­pi­tal de Rennes, cloué dans un fau­teuil rou­lant.

Le pré­ve­nu a été confon­du par son ADN. Mis en cause éga­le­ment dans un cam­brio- lage com­mis à Cher­bourg, peu de temps avant les faits, un man­dat de re­cherche avait été émis. L’homme de presque 36 ans, d’ori­gine géor­gienne, a fi­na­le­ment été in­ter­pel­lé par des po­li­ciers en pa­trouille, à Caen, le 9 avril der­nier.

Le pré­ve­nu, qui s’ex­cu­se­ra tout au long de l’au­dience, af­firme qu’il a agi par né­ces­si­té. « J’ai un fils han­di­ca­pé en Géor­gie. J’avais be­soin d’en­voyer de l’ar­gent en ur­gence » , dit-il par l’in­ter­mé­diaire de son in­ter­prète.

Le tren­te­naire ex­plique que c’est un homme, à la gare de Caen, qui lui a pro­po­sé l’af­faire. Il est en­suite al­lé à Flers où il a re­trou­vé ses deux com­plices le jour même. Le bu­tin ra­flé, es­ti­mé à plus de 53 000 €, au­rait été re­mis au même homme. Il dit n’avoir plus eu de nou­velles après.

Membre d’une or­ga­ni­sa­tion ma­fieuse ?

Le pré­ve­nu reste muet sur ses com­plices pré­su­més et af­firme que le cam­brio­lage n’était pas pré­pa­ré. Une ver­sion qui peine à convaincre. Une autre ques­tion s’est po­sée à l’au­dience : agis­sait-il pour le compte d’une or­ga­ni­sa­tion ma­fieuse ? La pré­si­dente du tri­bu­nal re­marque qu’il porte deux ta­touages sur les épaules, « des étoiles à huit branches, connues pour être des sym­boles de gra­dés au sein d’or­ga­ni­sa­tions ma­fieuses » . L’homme, qui dit être ve­nu en France « pour tra­vailler » , ré­fute. Il s’agit, se­lon lui, de ta­touages qui si­gnalent qu’il est al­lé en pri­son, en Géor­gie.

« Je pense qu’il est ve­nu en France non pas pour tra­vailler mais en bande or­ga­ni­sée pour écu­mer la ré­gion » , in­siste Me Serge Des­doits, avo­cat de Bri­gitte Bi­dard. Pour lui, le cam­brio­lage a été pla­ni­fié. Il prend pour preuve le rou­leau de ru­ban adhé­sif qu’il avait en sa pos­ses­sion pour en­tra­ver la com­mer­çante. L’avo­cat pense que son rôle était de sur­veiller la bi­jou­tière tan­dis que les autres pillaient le ma­ga­sin. Il rap­pelle aus­si, pour étayer ses pro­pos, que le com­merce a été re­pé­ré le ma­tin par un de ses com­plices. « Ils ont abor­dé la bi­jou­te­rie avec calme et sang-froid » et « sont re­par­tis comme si de rien n’était, en pro­fes­sion- nels » .

Le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique, Hugues de Phi­ly parle « de dé­lin­quance or­ga­ni­sée de type ma­fieuse : ils at­taquent à vi­sages dé­cou­verts, sûrs de leur fait » . Pour lui, l’opé­ra­tion «a été évi­dem­ment pré­pa­rée » . Il re­quiert 5 ans de pri­son dont un an avec sur­sis avec une in­ter­dic­tion de sé­jour dans l’Orne pen­dant 5 ans.

5 ans de pri­son ferme

L’avo­cate de la dé­fense, Me Ca­ro­line Pelletier, fait re­mar­quer que le pré­ve­nu « re­con­naît sa res­pon­sa­bi­li­té et qu’il est prêt à as­su­mer les consé­quences » . Il est, se­lon elle, « une pe­tite main qui, un jour, s’est re­trou­vée dans le be­soin. S’il avait été un lieu­te­nant de la ma­fia, il se­rait autre part en train de pro­fi­ter du bu­tin » . Elle pré­co­nise une peine as­sor­tie de sur­sis avec mise à l’épreuve.

Le tri­bu­nal l’a fi­na­le­ment condam­né à 5 ans de pri­son ferme. Il est main­te­nu en dé­ten­tion.

Son com­plice pré­su­mé de­vait éga­le­ment com­pa­raître ce lun­di 9 mai mais il n’a pas pu être ex­trait de la pri­son du Havre. Il se­ra ju­gé le mar­di 31 mai.

Trois hommes avaient fait ir­rup­tion, mer­cre­di 18 juin 2014, peu avant mi­di, dans la bi­jou­te­rie Ger­bet. Bri­gitte Bi­dard avait été je­tée dans un es­ca­lier et les mal­fai­teurs s’étaient em­pa­rés de bi­joux pour plus de 50 000 € (pho­to d’ar­chives).

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.