L’in­ter­mi­nable at­tente d’une fa­mille

L'Orne Combattante (FL) - - BOCAGE SUISSE NORMANDE -

Le 23 mai 2012. Syl­vie Du­val, une com­mer­çante Flé­rienne dis­pa­rais­sait sans plus don­ner signe de vie. Quatre ans après, jour pour jour, nous avons ren­con­tré son ma­ri et ses filles qui at­tendent tou­jours confir­ma­tion de son dé­cès.

La fa­mille est res­tée sou­dée. Mal­gré la ter­rible épreuve qu’ils tra­versent, les Du­val font corps. De­puis quatre ans, le 23 mai 2012, ils sont sans nou­velle de Syl­vie. Pour­tant, pas une jour­née ne passe sans qu’ils y pensent. A quelques jours de la fête des Mères, Pa­trick, son ma­ri, Cla­ra et Au­rore, ses filles, at­tendent tou­jours un dé­noue­ment.

Le 24 dé­cembre der­nier, alors que le dos­sier de dis­pa­ri­tion est mis de cô­té, faute d’élé­ments nou­veaux, des os­se­ments hu­mains sont dé­cou­verts à un ki­lo­mètre à vol d’oi­seau du der­nier en­droit où Syl­vie Du­val a été aper­çue. A La Selle-la-Forge, dans un en­droit es­car­pé, au mi­lieu des brous­sailles.

La fa­mille qui avait été convo­quée au com­mis­sa­riat de Flers pour iden­ti­fier des vê­te­ments et bi­joux à cette pé­riode, ap­pren­dra cette dé­cou­verte par la presse.

Un trou de 4 mois

De­puis, plus au­cune nou­velle. « On a l’im­pres­sion qu’il y a eu un trou de 4 mois », ex­pliquent père et filles. « J’ai ap­pe­lé une ving­taine de fois en avril pour avoir des nou­velles », pour­suit Cla­ra. « Nous n’avions pas d’in­for­ma­tion, on m’a sim­ple­ment dit de nous consti­tuer par­ties ci­viles ». Les os­se­ments re­trou­vés n’ont tou­jours pas été iden­ti­fiés.

Trans­fé­rés à Cer­gyPon­toise

Le 22 avril der­nier, les Du­val ont re­çu un cour­rier du juge d’ins­truc­tion en charge du dos­sier les in­for­mant du trans­fert des os­se­ments dé­cou­verts à l’ins­ti­tut de re­cherche cri­mi­nelle de la gen­dar­me­rie na­tio­nale à Cer­gy-Pon­toise. Ob­jec­tif : iden­ti­fier les os­se­ments et dé­ter­mi­ner les causes du dé­cès.

« C’est im­por­tant de pou­voir être fixés, pour en­fin pou­voir faire un tra­vail de deuil. Si nous avons plus d’élé­ments, sa­voir ce qui lui est ar­ri­vé, tant mieux. Mais au moins sa­voir si c’est bien elle. ».

Confron­té au si­lence

Car de­puis quatre ans, les Du­val se sont sen­tis seuls, très seuls. « On a été confron­té au si­lence, à l’ab­sence de ré­ponses ou d’in­for­ma­tions », soufflent-ils. « Il manque un in­ter­mé­diaire entre jus­tice et fa­mille », pour­suit Pa­trick Du­val. Sans avo­cat, la fa­mille s’est heur­tée au si­lence des en­quê­teurs et de la jus­tice.

Le juge d’ins­truc­tion, dans con cour­rier, évoque le 30 juillet pro­chain au plus tard pour connaître les ré­sul­tats des ana­lyses. « On est pres­sé, oui et non », souffle Cla­ra. D’un cô­té, la fa­mille pour­rait en­fin faire un deuil au­jourd’hui im­pos­sible, de l’autre, elle af­fron­te­ra une dure réa­li­té.

Lu­do­vic Lemoine

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