Des créa­tures géantes en chair et en ronce

L'Orne Combattante (FL) - - BOCAGE ET SUISSE NORMANDE -

De­puis le mois d’avril 2016, d’étranges créa­tures épi­neuses ont en­va­hi les en­vi­rons de la Mai­son de la ri­vière et du pay­sage. En cette sai­son es­ti­vale, de plus en plus de ran­don­neurs et flâ­neurs osent s’en ap­pro­cher. Ren­contre avec leur créa­teur.

À Sé­grie-Fon­taine, arai­gnée, pois­sons et es­car­got géants se sont ins­tal­lés sur les abords du sen­tier du gra­nite. C’est Oli­vier Hes­nard qui est à l’ori­gine de ces créa­tions. Il tra­vaille de­puis 15 ans à la Mai­son de la ri­vière et du pay­sage. Cette an­née, il dé­cide de dy­na­mi­ser le site grâce à ses sculp­tures d’ani­maux.

La par­ti­cu­la­ri­té de ces sculp­tures : elles sont en­tiè­re­ment réa­li­sées à l’aide de ronces. Ces plantes, dont sont is­sues les mûres sau­vages, peuvent par­fois pa­raître agres­sives à cause de leurs épines. C’est ici que la ma­gie de l’art ap­pa­raît. Oli­vier Hes­nard va faire de ce ma­té­riau épi­neux une struc­ture mys­té­rieuse et ac­ces­sible à tous. « J’avais dé­jà vu des pa­niers réa­li­sés en ronce. Ce qui m’im­porte dans ces struc­tures, c’est la proxi­mi­té. Il n’y a pas de vi­site au­tour des ani­maux. Mais les ran­don­neurs, les per­sonnes de pas­sage vont pou­voir les dé­cou­vrir, les tou­cher, les ob­ser­ver de près… ».

Pour fa­çon­ner ces sculp­tures, ar­més de gants en cuir Oli­vier uti­lise plu­sieurs tech­niques. « Pour réa­li­ser dif­fé­rentes par­ties, je mets à pro­fit dif­fé­rents pro­cé­dés. Ce­la va du tres­sage aux tech­niques de van­ne­ries. Comme pour créer des pa­niers en osier ».

La sculp­ture qui in­ter­pelle sans doute le plus le pu­blic est Gi­sèle. Une arai­gnée d’en­vi­ron 2 m sus­pen­due à un arbre. Elle est en­tou­rée de ses garde-man­ger. « J’avais dé­jà créé une arai­gnée en saule il y a deux ans. Celle-ci est dif­fé­rente, mais les mar­cheurs aiment tou­jours se prendre en pho­to de­vant. Ce­la me fait vrai­ment plai­sir. Ses garde-man­ger sont des boules. Lorsque j’étais en train de les réa­li­ser, des ran­don­neurs s’étaient ar­rê­tés pour me dire’vous al­lez nous en­fer­mer dans ces boules ?’ ».

Le tra­vail avec les ronces est as­sez mi­nu­tieux. Il faut du temps pour trans­for­mer les branches agres­sives de la fo­rêt de la Belle au bois dor­mant en créa­ture sur­pre­nante. Par exemple, Gas­pard, l’es­car­got est le fruit de deux jours de tra­vail. Ce ma­té­riau ori­gi­nal offre de nom­breuses pos­si­bi­li­tés. Mais, comme tout élé­ment na­tu­rel, il pos­sède des avan­tages et des in­con­vé­nients. Le prin­ci­pal avan­tage est la ma­nia­bi­li­té. La ronce a un cycle de vie de 3 ans. La pre­mière an­née, elle va faire une branche avec des fo­lioles de 5 feuilles. La deuxième an­née, cette pre­mière branche va por­ter d’autres pe­tites banches qui por­te­ront des fo­lioles à 3 feuilles. Et la troi­sième an­née, la pre­mière branche meurt. « Chaque étape des ronces peut ser­vir à des ap­pli­ca­tions dif­fé­rentes. J’uti­lise prin­ci­pa­le­ment les pre­mières branches en­core vertes. Mais il m’ar­rive de prendre des branches mortes pour don­ner du re­lief. Je l’ai fait pour les ailes du ba­la­nin ». Pour les in­con­vé­nients, les ronces « bougent » après la créa­tion de la struc­ture. « Elles sèchent, se ré­tractent… Il faut sans cesse ajus­ter les sculp­tures jus­qu’à temps qu’elles se sta­bi­lisent ».

Oli­vier Hes­nard a pour pro­jet de pour­suivre ses créa­tions. Ronces ou saule, ce qui l’im­porte est la re­la­tion qui va s’ins­tau­rer entre ces struc­tures et le pu­blic. Tou­jours cu­rieux de dé­cou­vrir ces créa­tures géantes.

Ces sculp­tures viennent ap­por­ter un bo­nus aux sen­tiers de ran­don­née en­vi­ron­nants. Elles sont vi­sibles jus­qu’à mi-sep­tembre à Sé­grie-Fon­taine.

A.M.

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