Une « an­née es­sen­tielle » dans la vie de Yo­han Schu­ma­cher

Le 13 août 2015, Yoan Schu­ma­cher s’en­vo­lait vers la Ma­cé­doine pour un sé­jour d’un an comme SVE*. De re­tour de­puis quelques se­maines, ce Fer­tois de 20 ans a sou­hai­té té­moi­gner de son ex­pé­rience afin d’en­cou­ra­ger d’autres jeunes à fran­chir le pas.

L'Orne Combattante (FL) - - LA FERTÉ ET SON PAYS -

« Quand je suis par­ti il y a un an, j’avais deux idées en tête pour ma car­rière pro­fes­sion­nelle : tra­vailler dans l’en­sei­gne­ment, ou dans le gra­phisme et la com­mu­ni­ca­tion au­dio­vi­suelle. Et mon sou­hait était de pou­voir conci­lier les deux dans le cadre de ce sé­jour en Ma­cé­doine » confie Yo­han, na­tif d’Au­nay-sur-Odon, mais qui a gran­di à La Fer­té.

Alors qu’il ve­nait d’en­ta­mer un BTS de­si­gn com­mu­ni­ca­tion, après un bac d’arts ap­pli­qués pas­sé à Caen, le jeune Fer­tois a donc sai­si une op­por­tu­ni­té en ré­pon­dant à l’ap­pel de la MJC de Flers qui pro­po­sait une mis­sion en Ma­cé­doine. Sa can­di­da­ture étant re­te­nue, il a eu peu de temps pour pré­pa­rer son dé­part et s’est re­trou­vé à 2 600 km de chez lui, à Pri­lep, une ville de 70 000 ha­bi­tants au centre de la Ma­cé­doine.

Au­to­no­mie

« Je ne connais­sais pas le pays et je n’ai pas vrai­ment cher­ché à me do­cu­men­ter des­sus. Je suis par­ti sans a prio­ri et j’ai tout ap­pris sur place ». Le jeune Nor­mand était vo­lon­taire pour l’or­ga­nisme SEGA, qui est l’équi­valent d’une MJC chez nous. Pour son hé­ber­ge­ment, il était en co­lo­ca­tion avec deux autres jeunes en SVE : une Fran­çaise et une Rou­maine. « C’était la pre­mière fois que je par­tais seul aus­si loin de chez moi, mais j’avais en­vie de voya­ger de toute fa­çon. Comme j’avais 24 jours de congé dans mon contrat, j’ai pu re­ve­nir quelques fois à La Fer­té. Il a fal­lu aus­si que j’ap­prenne

à gé­rer le quo­ti­dien, un bud­get, la vie en col­lec­ti­vi­té ». Bref, à être au­to­nome. Au fil des se­maines et des ren­contres, Yo­han a dé­cou­vert

le pays. « J’ai ap­pris à par­ler le ma­cé­do­nien, qui est une langue slave, mais je me ser­vais aus­si beau­coup de l’an­glais. La ville où j’étais était dy­na­mique, avec une grande com­mu­nau­té de jeunes, des concerts dans les bars. C’est un peuple très cha­leu­reux et je ne me suis ja­mais sen­ti comme étran­ger. J’ai consta­té que l’éco­no­mie du pays était fra­gile avec un taux de chô­mage gi­gan­tesque, qui avoi­sine les 50 à 60 % dans ma tranche d’âge. Là-bas, on vit avec 250 à 300 € par mois ». Une si­tua­tion qui l’a ame­né à re­la­ti­vi­ser. « En fai­sant le com­pa­ra­tif avec la France, je me suis dit que notre pays avait en­core un ni­veau de vie sa­tis­fai­sant, avec des pers­pec­tives d’ave­nir ». Les week-ends ont été l’oc­ca­sion de ba­lades tou­ris­tiques avec d’autres SVE. « J’ai éga­le­ment joué de la gui­tare dans la rue pour ré­col­ter un peu d’ar­gent ».

Au­to-éva­lua­tion

Du­rant les 12 mois de contrat, plu­sieurs mis­sions ont été confiées à Yo­han : pro­mou­voir le vo­lon­ta­riat au­près d’autres jeunes ; un tra­vail de gra­phisme pour réa­li­ser dif­fé­rents do­cu­ments an­non­çant des évé­ne­ments (bro­chures, flyers) ; faire des pho­tos de ces ma­ni­fes­ta­tions ; as­sis­ter des pro­fes­seurs de fran­çais au­près d’élèves de 10 à 18 ans. « Avec ces profs, nous avons or­ga­ni­sé un con­cert hom­mage à Edith Piaf. Nous avons éga­le­ment créé une pièce de théâtre hu­mo­ris­tique qui a rem­por­té le con­cours na­tio­nal de la fran­co­pho­nie. Ce qui nous a va­lu d’al­ler le pré­sen­ter en Bulgarie où plu­sieurs pays des Bal­kans étaient pré­sents ». Par ailleurs, le Fer­tois a été à l’ini­tia­tive d’une éco-ran­don­née pour net­toyer une mon­tagne et d’une ren­contre au­tour d’un ca­fé.

Pour Yo­han, ce sé­jour lui a ser­vi d’au­to-éva­lua­tion. « J’ai vu où j’étais le plus à l’aise, mes points forts, mes fai­blesses. J’ai pu tes­ter mes com­pé­tences face à un groupe d’élèves et je me suis aper­çu que l’en­sei­gne­ment n’était pas vrai­ment fait pour moi, no­tam­ment au ni­veau de l’au­to­ri­té ».

De re­tour de­puis le 9 août, Yo­han dresse un bi­lan po­si­tif en tous points. « Ce genre de sé­jour ouvre tous les pos­sibles. J’ai ap­pris beau­coup en peu de temps. J’ai fait un grand bon avant. Et c’est sûr que j’y re­tour­ne­rai. A pré­sent, j’ai éga­le­ment plein de con­tacts avec des jeunes du Por­tu­gal, d’Ita­lie, de Rou­ma­nie, des Etats-Unis ».

Le 6 sep­tembre, le Fer­tois va re­trou­ver les bancs de l’école à l’IUT du Havre pour pré­pa­rer en 2 ans un DUT in­for­ma­tion com­mu­ni­ca­tion, op­tion pu­bli­ci­té, et ce « après une an­née es­sen­tielle dans ma vie, qui m’a évi­té de faire des er­reurs dans mon orien­ta­tion pro­fes­sion­nelle ». Mi­chel Mo­ri­ceau

*SVE : ser­vice vo­lon­taire eu­ro­péen

« J’ai ap­pris beau­coup »

Yoan a pris du plai­sir à me­ner de nom­breux pro­jets avec d’autres jeunes en SVE.

Yoan en Bulgarie pour un pro­jet théâtre.

Ba­lade sur le lac Mat­ka avec d’autres jeunes en SVE.

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