Les An­dain’ries ob­tiennent gain de cause face à Elie Se­moun

Ac­cu­sé d’avoir « bâ­clé » son spec­tacle, Elie Se­moun a fi­na­le­ment dû cé­der face aux An­dain’ries dont le pré­sident Serge Bre­tel n’a pas ap­pré­cié le com­por­te­ment de l’hu­mo­riste. Qui se­ra payé au pro­ra­ta du temps pas­sé sur scène.

L'Orne Combattante (FL) - - ENTRE BOCAGE ET SUISSE NORMANDE -

Le Fes­ti­val des An­dain’ries ne paie­ra pas l’in­té­gra­li­té du ca­chet de l’hu­mo­riste Elie Se­moun. L’ar­tiste, qui a joué son spec­tacle en 1h10 con­trai­re­ment aux 1h30 sti­pu­lés dans son contrat, a ac­cep­té avec sa so­cié­té de pro­duc­tion Ba­ck­line, l’ac­cord trou­vé par le biais du conci­lia­teur de jus­tice.

Spec­tacle écour­té

En ef­fet, le fes­ti­val d’hu­mour s’es­ti­mait lé­sé de­vant la pres­ta­tion d’Elie Se­moun, qui a vi­si­ble­ment écour­té son spec­tacle sur la scène du ca­si­no de Ba­gnoles-de-l’Orne. Il avait lais­sé une im­pres­sion plus que mi­ti­gée au pu­blic pré­sent ce soir-là, dont une grande par­tie n’avait pas ap­plau­di à la fin du spec­tacle. « Il n’était pas bon ce soir-là, l’al­chi­mie ne fonc­tion­nait pas. Pour moi, il a mis une bar­rière avec le pu­blic. Quand on pose tran­quille­ment ses sketches, on peut faire de la qua­li­té. Quand on bâcle le spec­tacle, ce n’est plus de la qua­li­té », pense Serge Bre­tel, pré­sident des An­dain’ries.

Vi­déo po­lé­mique

La vi­déo, pos­tée sur son compte Twit­ter, a été la goutte d’eau qui a fait dé­bor­der le vase. On y voit la tête d’af­fiche du der­nier fes­ti­val d’hu­mour les An­dain’ries dans la cam­pagne or­naise où il dit se si­tuer dans « le trou du c… du monde ». Une ex­pres­sion qui lui avait va­lu de nom­breux com­men­taires, par­fois peu élo­gieux, sur in­ter­net, d’où il avait fi­na­le­ment en­le­vé sa vi­déo (du moins, son équipe l’avait fait…)

« Le len­de­main du spec­tacle, j’ai vu cette vi­déo. Je me suis dit : mais dans quel état d’es­prit est-il ve­nu aux An­dain’ries ? », rap­porte Serge Bre­tel qui s’était dé­jà plaint, à l’époque de cette sor­tie… peu heu­reuse. « Nous avons été ra­vis de vous ac­cueillir et pour le reste tout ce­ci ne mé­rite ni cet ex­cès d’hon­neur, ni cette in­di­gni­té. Tant pis ! ».

« C’est quoi ce pu­blic ? »

Le pré­sident du fes­ti­val d’hu­mour re­vient sur le contexte du mo­ment : « Si, à la fin du spec­tacle, il m’avait dit « Je re­viens de Nou­méa, il y a le dé­ca­lage ho­raire, j’étais fa­ti­gué, je n’au­rais rien fait, car c’est du spec­tacle vi­vant et il ar­rive qu’un ar­tiste soit moins bon cer­tains soirs. Mais vi­si­ble­ment, ce ne fut pas le cas. « Ce mon­sieur nous a com­plè­te­ment mé­pri­sés. Au lieu de se re­mettre en ques­tion, il m’a dit « c’est quoi ce pu­blic ? »

Pour­tant Serge Bre­tel l’as­sure : « c’est un pu­blic de connais­seurs, qui a l’ha­bi­tude de voir des spec­tacles de qua­li­té. Pour ma part, je vois 100 spec­tacles par an pour of­frir à ce pu­blic de la qua­li­té. Et ce n’est pas de sa faute s’il n’a pas ap­plau­di. Je pense que M. Se­moun a man­qué de gé­né­ro­si­té ». Le pré­sident des An­dain’ries tient aus­si à « ré­ta­blir la vé­ri­té. Ce n’est pas à cause de la vi­déo que j’ai por­té l’ac­tion de­vant le tri­bu­nal. J’ai beau­coup d’hu­mour et de se­cond de­gré par rap­port à ça. Et s’il avait été bon sur scène, je n’au­rais rien dit. Mais là, c’était trop. S’il n’avait pas en­vie de ve­nir aux An­dain’ries, il ne fal­lait pas qu’il vienne ! »

Payé au pro­ra­ta

Le 22 juin der­nier, le Fes­ti­val des An­dain’ries re­pré­sen­té par son pré­sident a donc ob­te­nu au­dience au­près du tri­bu­nal de Flers où il a trou­vé un ac­cord avec la so­cié­té de pro­duc­tion d’Elie Se­moun. « Nous avons ob­te­nu gain de cause, au cen­time près », as­sure Serge Bre­tel. « J’ai dé­duit les 20 mi­nutes de spec­tacle man­quantes de la somme glo­bale, l’as­so­cia­tion le paie­ra au pro­ra­ta ».

« Elie Se­moun s’est très bien com­por­té », sou­tient Ba­ck­line, la so­cié­té de pro­duc­tion de l’hu­mo­riste, qui re­con­naît tou­te­fois que « le pu­blic n’a pas adhé­ré. Suite à ce­la, Elie Se­moun s’est re­mis en ques­tion ». Mais pour Cé­line Ge­ney­ton, ré­fé­rente de l’ar­tiste pour Ba­ck­line, « le dos­sier est clos. Nous sommes d’ac­cord avec cette dé­ci­sion ».

Dé­ci­dé­ment, la ve­nue d’Elie Se­moun dans l’Orne au­ra fait cou­ler beau­coup d’encre…

Va­len­tin BIRET

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