Pri­son ferme pour avoir poi­gnar­dé son ex

L'Orne Combattante (FL) - - ENTRE BOCAGE ET SUISSE NORMANDE -

Ju­gé en com­pa­ru­tion im­mé­diate mar­di 6 sep­tembre, un homme de 35 ans a été condam­né par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Ar­gen­tan à 10 mois de pri­son dont huit mois avec sur­sis et mise à l’épreuve du­rant 36 mois avec no­tam­ment obli­ga­tion de soins. Il a agres­sé et bles­sé son ex­con­jointe, la veille, avec un grand cou­teau de cui­sine.

Les faits se sont dé­rou­lés peu après 7 h. La vic­time, ex­con­jointe et mère de leurs deux en­fants, ve­nait de sor­tir de la mai­son afin de fu­mer une ci­ga­rette. « Il m’a sau­té des­sus, il m’a mis un coup dans le ventre, j’ai sen­ti comme une pi­qûre », ra­conte-t-elle en larmes au tri­bu­nal. « Il m’a al­lon­gée au sol et a vou­lu m’étran­gler… Il m’a dit qu’il vou­lait me tuer. J’ai cru que j’al­lais y res­ter ». Trau­ma­ti­sée, elle de­mande au tri­bu­nal qu’il ne s’ap­proche plus d’elle et des en­fants.

Le pré­ve­nu a fi­na­le­ment été in­ter­pel­lé vers 8 h 30 au do­mi­cile de la vic­time.

Pul­sions sui­ci­daires

Lors de son au­di­tion, il a pré­ci­sé qu’il vou­lait étouf­fer la mère en pre­mier, les en­fants en­suite et se pendre après. « Si je pars, je sais que mes en­fants au­ront de la peine et ça, je ne veux pas… Je vou­lais em­me­ner tout le monde pour ne pas qu’ils souffrent », ex­plique-t-il de­vant le tri­bu­nal.

Se­lon ses dires, il vou­lait « juste la bles­ser avec le cou­teau pour la maî­tri­ser et dis­cu­ter avec elle avant de la tuer ». Il y pen­sait de­puis le jeu­di pré­cé­dent. « Je me suis ar­rê­té, j’ai pris conscience que je fai­sais n’im­porte quoi quand elle a crié. J’ai pris deux se­condes et je me suis cal­mé ».

L’ex­per­tise psy­chia­trique fait état d’un trouble psy­cho­lo­gique de na­ture dé­pres­sive, d’une fra­gi­li­té psy­chique réelle et d’un dis­cer­ne­ment pro­fon­dé­ment al­té­ré no­tam­ment qui re­lèvent d’une hos­pi­ta­li­sa­tion.

« Quand elle a ou­vert la porte, je re­gret­tais dé­jà ce que je fai­sais comme quand j’ai fait plu­sieurs ten­ta­tives de suicide », dé­clare le pré­ve­nu, à la barre.

« Un homme très violent »

« Ce dos­sier est ex­trê­me­ment violent, mo­ra­le­ment et phy­si­que­ment. Sur le plan pé­nal, il a été ques­tion du ca­rac­tère cri­mi­nel lors de la garde à vue », pour­suit Hugues de Phi­ly, pro­cu­reur de la Ré­pu­blique. « Il n’y a pas de ten­ta­tive de meurtre car il a stop­pé son geste de sa propre ini­tia­tive, il a dé­ci­dé de ne pas le faire ». Mais pour le mi­nis­tère pu­blic, « il n’y a pas que du psy­chia­trique dans ce dos­sier, il n’y a pas qu’un mal­heu­reux dé­pres­sif, il y a sur­tout un homme très violent de­puis long­temps qui est ve­nu faire peur à sa vic­time et qui a réus­si ».

Le tri­bu­nal a sui­vi les ré­qui­si­tions du mi­nis­tère pu­blic. Pour­sui­vi pour vio­lences ag­gra­vées par deux cir­cons­tances sui­vies d’in­ca­pa­ci­té de deux jours et me­naces de mort, le pré­ve­nu a été condam­né à 10 mois de pri­son dont huit mois avec sur­sis. Il a in­ter­dic­tion de ren­con­trer la vic­time et les en­fants. Il de­vra, en outre, ver­ser 1 500 € à son ex­con­jointe et 500 € pour son fils. Les scel­lés ont été confis­qués. Il a aus­si­tôt été in­car­cé­ré.

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