Le karaté contact à Flers

Ils s’en­traînent au do­jo du Ha­riel à Flers. Les élèves du karaté contact ont re­çu un jour­na­liste qui a tes­té pour vous cette dis­ci­pline très com­plète.

L'Orne Combattante (FL) - - SPORTS -

Je m’étais pré­pa­ré men­ta­le­ment. Lorsque j’ai su que l’un de mes re­por­tages me condui­rait au do­jo du Ha­riel, dans le quar­tier Saint-Sau­veur de Flers, pour m’es­sayer au karaté tai­jit­su, j’ai ré­vi­sé un peu.

Sa­chant que cet art mar­tial mé­lange le karaté et le full­con­tact, j’ai res­sor­ti quelques films comme Kill Bill, La fu­reur du dra­gon ou en­core le fa­meux man­ga Sa­mu­rai Cham­ploo.

Sueur sur le ta­ta­mi

Le cer­veau rem­pli de cli­chés écu­lés sur ce sport, je passe la porte du do­jo. Ac­cueilli par de grands sou­rires et des poi­gnées de mains mus­clées, je fonce vers le ves­tiaire, pres­sé de faire mon show sur le ta­ta­mi.

Ce lun­di, le cours est di­ri­gé par Chris­tian Le­houx, ka­ra­té­ka 3e dan et pro­fes­seur. Il ac­cueille les élèves, les in­vite à se pla­cer dans l’ordre en fonc­tion de leurs ni­veaux (sym­bo­li­sés par les cein­tures qu’ils portent) et com­mence le cours par le sa­lut, vé­ri­table tra­di­tion des arts mar­tiaux.

Ce­ci fait, l’échauf­fe­ment com­mence. Même si je fais bonne fi­gure, je souffre dé­jà. Je re­grette amè­re­ment de ne plus faire de sport de­puis long­temps et mon teint rouge vif tra­hit sans doute ce re­gret.

Ré­veil mus­cu­laire

Quelques litres de sueur plus tard, après un échauf­fe­ment très com­plet, le cours com­mence. Chris­tian Le­houx ex­plique qu’il s’agit du pre­mier cours de l’an­née et que les exer­cices vont consis­ter à ré­veiller les muscles en­gour­dis pen­dant l’été. Les miens le sont de­puis des mois ; ça pro­met d’être épique !

On se choi­sit un par­te­naire et, en bi­nôme, on tra­vaille le fait de mettre des coups de poings, mais aus­si le fait d’en re­ce­voir. J’en prends un dans le ventre, un sur le ster­num. À cet ins­tant, Bruce Lee, Uma Thur­man et les man­gas sont très, très loin. Pour­tant, ça pa­raît simple dans Ma­trix quand Néo com­bat l’agent Smith… J’aban­donne de­re­chef l’idée de plier en deux un ka­ra­té­ka. Une vraie le­çon d’hu­mi­li­té. Avant d’être mar­tial, le karaté est un art.

Mal­gré les conseils du prof, mes coups sont mal don­nés, peu puis­sants, et mon corps ne sait pas en re­ce­voir. J’ai beau es­sayer, j’ai énor­mé­ment de mal à ne pas ten­ter de les pa­rer. Pire : je me courbe à chaque fois, ce qui, et je m’en aper­çois très vite, rend ma ca­pa­ci­té à en­cais­ser en­core moins forte. Chris­tian Le­houx me montre, m’ex­plique, et je fi­nis par com­prendre : face aux coups, un ka­ra­té­ka ne re­cule pas. Il fait face, et c’est sa force.

Ap­prendre à frap­per

Après une pre­mière ses­sion de coups de poings simples, il est temps de tra­vailler un en­chaî­ne­ment avec coups de pieds. Mon bi­nôme a dé­jà pra­ti­qué des sports de com­bat et ce­la se voit. Il gère les gestes pen­dant que j’en suis en­core à cher­cher com­ment me pla­cer.

Mes coups de pieds sont mi­teux et je com­mence à me dire que je vais sû­re­ment avoir un peu mal le len­de­main. À cet ins­tant pré­cis, le prof de­mande de chan­ger de par­te­naire. Je constate avec ap­pré­hen­sion que je me re­trouve avec une cein­ture noire. Je crains le pre­mier coup… En fait, ce ka­ra­té­ka dose très bien sa force. M’ayant cer­né, il fait gen­ti­ment at­ten­tion de ne pas me cas­ser en deux. À l’in­verse, il m’in­vite à y al­ler fran­che­ment. Là, j’ap­prends une bonne le­çon : don­ner un coup avec force n’est pas chose ai­sée. L’in­ten­tion de frap­per fort ne se trans­forme pas for­cé­ment en geste ef­fi­cace. Le prof passe à cô­té et m’ex­plique qu’un bras dé­con­trac­té est sou­vent plus fort qu’un poing cris­pé.

Sou­plesse et ra­pi­di­té

À la fa­veur d’une dé­mons­tra­tion ef­fec­tuée par Chris­tian Le­houx, je me rends compte du nombre d’an­nées de pra­tique qu’il a dû tra­ver­ser. Ses gestes sont pré­cis et d’une ra­pi­di­té épous­tou­flante. À cô­té, JeanC­laude Van Damme c’est un Lé­go dans un bol de soupe !

À la fin de ces deux heures in­tenses, le cours se ter­mine par quelques exer­cices mus­cu­laires dont la fa­meuse, mais non moins dou­lou­reuse, po­si­tion de la chaise. Tout le monde souffre un peu mais cha­cun sent com­bien c’est sa­lu­taire.

Puis, tout le monde prend une pose al­lon­gée, calme, qui per­met de res­pi­rer et de se re­mettre en dou­ceur avant le sa­lut. Je re­pars four­bu mais plein d’éner­gie.

Les jours qui suivent, hor­mis quelques cour­ba­tures, je m’étonne de ne pas res­sen­tir de dou­leurs là où j’ai été frap­pé. Je sens sur­tout que ces deux heures m’ont fait beau­coup de bien. Je me suis dé­fou­lé, j’ai fait tra­vailler tous mes muscles et les com­bats étaient dia­ble­ment amu­sants. En ré­su­mé, le karaté contact est un sport com­plet, très phy­sique, qui oblige à cher­cher ses li­mites et qui est à conseiller à toute per­sonne qui veut se dé­fou­ler.

Tho­mas Gourlin

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