Un prix na­tio­nal pour les chan­tiers de ré­pa­ra­tion pé­nale

Le centre per­ma­nent d’ini­tia­tives pour l’en­vi­ron­ne­ment des col­lines nor­mandes à Sé­grie-Fon­taine vient d’ob­te­nir le pre­mier prix na­tio­nal du Cré­dit co­opé­ra­tif.

L'Orne Combattante (FL) - - BOCAGE SUISSE NORMANDE ENTRE ET -

Le CPIE des col­lines nor­mandes, ba­sé au mou­lin de Sé­grie-Fon­taine, vient de re­ce­voir le pre­mier prix na­tio­nal du Tro­phée de l’ini­tia­tive en éco­no­mie so­ciale de la Fon­da­tion du Cré­dit co­opé­ra­tif. Prix re­mis à la mai­son de la Chi­mie, ven­dre­di 9 dé­cembre, à l’oc­ca­sion de la 36e ren­contre na­tio­nale du Cré­dit co­opé­ra­tif. C’est l’ac­tion en­ga­gée de­puis 2006 au­près des mi­neurs en­voyés par la di­rec­tion dé­par­te­men­tale de la pro­tec­tion ju­di­ciaire de la jeu­nesse (DDPJJ) de Seine-Ma­ri­time du Havre qui est sa­luée. Il s’agit de chan­tiers dits de ré­pa­ra­tion pé­nale pour des mi­neurs ayant com­mis une in­frac­tion fai­sant l’ob­jet d’une condam­na­tion. Ces jeunes sont en gé­né­ral âgés de 14 à 18 ans. Le CPIE des col­lines nor­mandes or­ga­nise deux chan­tiers par an fi­nan­cés par la DDPJJ du Havre pour une du­rée de 3 jours. Ils se dé­roulent en juillet et en oc­tobre par groupes de 8 jeunes maxi­mum avec trois édu­ca­teurs ac­com­pa­gnants au­tour d’Oli­vier Hes­nard, char­gé d’études en mi­lieu na­tu­rel du CPIE des col­lines nor­mandes qui gère le chan­tier. De­puis 2006, vingt chan­tiers ont été mis sur pied avec près de 140 jeunes. Chaque sé­jour dure du lun­di après-mi­di au jeu­di après­mi­di. Après ins­tal­la­tion dans le gîte de Saint-Phil­bert-sur-Orne, une sor­tie noc­turne se dé­roule au­tour du site de la mai­son du pay­sage afin de mettre les jeunes dans un contexte in­con­nu hors de leur mi­lieu ur­bain. Les tra­vaux pro­po­sés aux mi­neurs sont réa­li­sés le mar­di et le mer­cre­di. Ils consistent en des tâches simples qui ne de­mandent pas de tech­ni­ci­té (dé­brous­saillage, pein­ture, plan­ta­tion, en­tre­tien de sites et de che­mins). Autre par­te­naire de l’opé­ra­tion, le couple Le­bas, agri­cul­teurs ins­tal­lés à Sain­teHo­no­rine-la-Guillaume. L’épouse étant ori­gi­naire du Havre, ce­la crée un cer­tain rap­pro­che­ment avec les jeunes. Ces der­niers sont in­vi­tés le mer­cre­di en fin d’après-mi­di au mo­ment de la traite des vaches dans le cadre d’une ac­ti­vi­té dé­cou­verte pour voir le fonc­tion­ne­ment d’une ferme.

Une faible ré­ci­dive

Ils re­tournent au Havre, le jeu­di après-mi­di après avoir pas­sé un en­tre­tien in­di­vi­duel avec Oli­vier Hes­nard qui, en­suite éta­blit un rap­port écrit sur le com­por­te­ment de chaque jeune pen­dant le chan­tier qu’il adresse, ain­si que ce­lui fait par les édu­ca­teurs, au juge du DDPJJ du Havre. Juge qui, au re­gard de ces élé­ments, dé­cide d’abro­ger ou de ré­duire la peine des en­fants. Oli­vier Hes­nard ne connaît pas le taux de réus­site de ces chan­tiers.

« C’est un peu mon re­gret de ne pas avoir de re­tour sur le taux de réus­site de tous ces jeunes pas­sés par notre CPIE. Lors de sé­jour au Havre, j’en ai croi­sé par ha­sard quelques an­nées plus tard. J’ai of­fi­ciel­le­ment re­vu 3 jeunes qui ont té­moi­gné dans une vi­déo réa­li­sée à la de­mande du Cré­dit co­opé­ra­tif. »

Ces chan­tiers sont vrai­ment im­por­tants pour ces jeunes mi­neurs condam­nés par la jus­tice. Le pro­gramme du sé­jour est un contrat pro­po­sé au jeune par la DDPJJ. Se­lon les sources com­mu­ni­quées, le taux de ré­ci­dives est re­la­ti­ve­ment faible (10 à 15 %).

« Ce qui est im­por­tant c’est que les jeunes re­partent d’ici avec quelque chose de po­si­tif. La sor­tie noc­turne du lun­di me met en po­si­tion de force. Il n’y a ja­mais eu de fugue. Par contre, il y a eu quelques ren­vois avant la fin du sé­jour suite à un acte ir­res­pec­tueux (NDLR : un lar­cin com­mis par exemple). Ils sont là pour ré­pa­rer leur acte dé­lic­tueux et ça se passe plu­tôt bien ! » in­siste Oli­vier Hes­nard.

D’autres par­te­na­riats pos­sibles

Mal­gré le suc­cès de ces chan­tiers, ceux-ci pour­raient dis­pa­raître faut de temps dont dis­posent les édu­ca­teurs vo­lon­taires de la DDPJJ. Ain­si, en 2016, il n’y a eu qu’un seul chan­tier en juillet. Ce­lui d’oc­tobre a été re­por­té en dé­cembre puis fi­na­le­ment an­nu­lé.

« C’est une ex­pé­rience que nous sommes contents de pro­po­ser et d’autres DDPJJ sont in­té­res­sées si celle du Havre ne pou­vait plus en­voyer de jeunes à l’ave­nir. L’idée d’un nou­veau par­te­na­riat n’est pas im­pos­sible, je suis ou­vert à toutes pro­po­si­tions de centres édu­ca­tifs di­vers ! » in­siste Oli­vier Hes­nard qui consacre un mois de tra­vail chaque an­née pour l’éla­bo­ra­tion des deux chan­tiers. Guy Val­lée

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