La gen­dar­me­rie en sous-ef­fec­tif

L'Orne Combattante (FL) - - BOCAGE ET SUISSE NORMANDE -

Pa­tronne de la gen­dar­me­rie, Sainte-Ge­ne­viève a été cé­lé­brée, jeu­di 15 dé­cembre, par l’en­semble des gen­darmes de l’Orne, les Amis de la Gen­dar­me­rie et les ré­ser­vistes du dé­par­te­ment. « Un ri­tuel im­por­tant pour notre ins­ti­tu­tion » a rap­pe­lé le lieu­te­nant-co­lo­nel Pierre Baillar­geat, nou­veau com­man­dant du grou­pe­ment de gen­dar­me­rie, qui a of­fi­ciel­le­ment pris ses fonc­tions le 1er août.

Uni­té spé­ciale an­ti­ter­ro­riste

Dans les sa­lons de la pré­fec­ture de l’Orne, à Alen­çon, il a dres­sé un ra­pide bi­lan, « non chif­fré », sur la si­tua­tion dans l’Orne.

Il a no­tam­ment rap­pe­lé la né­ces­si­té de « mo­der­ni­ser l’ins­ti­tu­tion » et de « sim­pli­fier les dé­marches pour être plus opé­ra­tion­nel sur le ter­rain ».

Après une an­née mar­quée par le risque éle­vé d’at­ten­tats sur le sol fran­çais, le pa­tron des gen­darmes or­nais a in­di­qué que le dé­par­te­ment fai­sait par­tie in­té­grante de la lutte contre le ter­ro­risme. À ce titre, une uni­té spé­ciale, nom­mée PSIG Sabre, se­ra opé­ra­tion­nelle « à par­tir de 2018 ». Une ving­taine de gen­darmes d’Alen­çon se­ra ain­si for­mée et équi­pée (fu­sils d’as­sauts, gi­lets pare-balles plus ef­fi­caces, vé­hi­cules adap­tés…). « Ce­la entre dans le cadre du sché­ma na­tio­nal d’in­ter­ven­tion des­ti­né à ré­pondre aux si­tua­tions cri­tiques de ter­ro­risme. Cette uni­té pour­ra in­ter­ve­nir plus ra­pi­de­ment en cas d’at­taque ter­ro­riste, avant l’ar­ri­vée des uni­tés d’élite », ex­plique le lieu­te­nant-co­lo­nel.

De plus en plus de ré­ser­vistes

Ce der­nier a éga­le­ment sou­li­gné l’im­por­tance des ré­ser­vistes dans le dé­par­te­ment. Leur contri­bu­tion a sen­si­ble­ment aug­men­té cette an­née. « Les 195 ré­ser­vistes du dé­par­te­ment, des ci­toyens vo­lon­taires, très jeunes pour la plu­part, ont ef­fec­tué 5 000 jours d’em­ploi en 2016 contre 2 000 en 2015 », a-t-il in­di­qué.

Cette aug­men­ta­tion de la ré­serve et de son nombre d’heures de pré­sence vient « contre­ba­lan­cer » des ef­fec­tifs de la gen­dar­me­rie en baisse dans l’Orne. « Il y a eu plu­sieurs dé­parts en 2016 », confirme le lieu­te­nant-co­lo­nel. « L’Orne ne dis­po­sait dé­jà pas d’énormes uni­tés. Il manque en­vi­ron 20 gen­darmes par jour et ce­la pèse à cer­tains en­droits du dé­par­te­ment », re­cense-t-il. « L’aug­men­ta­tion du nombre de ré­ser­vistes vou­lu par le gou­ver­ne­ment est donc une au­baine. »

Il y a ac­tuel­le­ment 438 gen­darmes dis­per­sés dans le dé­par­te­ment mais pour les an­nées à ve­nir « l’Orne est la prio­ri­té en termes de ré­par­ti­tion. Des jeunes sont ac­tuel­le­ment en for­ma­tion, nous sommes donc dans une phase de tran­si­tion », re­con­naît le gen­darme.

Cam­brio­lages et vio­lences en baisse

De son cô­té, le pré­fet de l’Orne, Isa­belle Da­vid, a rap­pe­lé les prio­ri­tés pour l’an­née 2017. La lutte contre les cam­brio­lages d’abord, « même si la ten­dance est à la baisse no­tam­ment de­puis l’ins­tal­la­tion de vi­déo­pro­tec­tion ». La lutte contre les vio­lences aux per­sonnes, elles aus­si en baisse, mais la pré­fec­ture note une « hausse des conflits in­tra­fa­mi­liaux ». La dé­lin­quance rou­tière, prin­ci­pa­le­ment « la lutte contre les vi­tesses ex­ces­sives, l’al­cool et les stu­pé­fiants » qui pro­voquent les ac­ci­dents les plus graves. « 26 per­sonnes ont été tuées sur les routes de l’Orne en 2016 », rap­pelle le pré­fet. « C’est cinq de moins qu’en 2015 à la même époque mais ce bi­lan reste ca­tas­tro­phique ».

En­fin, elle ap­pelle « tout le monde, au-de­là des gen­darmes », à la vi­gi­lance concer­nant la ra­di­ca­li­sa­tion. « Les com­por­te­ments sus­pects doivent nous être si­gna­lés », rap­pel­let-elle. A.S.

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