Ni­gel Pert, un pho­to­graphe an­glais spé­cia­liste du monde ma­rin

Né à Porst­mouth, Ni­gel Pert, ré­sident de Ber­jou est un pho­to­graphe pro­fes­sion­nel spé­cia­liste du monde ma­rin. Une pas­sion qu’il doit à son père, in­gé­nieur ma­ri­time.

L'Orne Combattante (FL) - - LOISIRS -

Sou­riant et plein d’hu­mour, Ni­gel Pert ne passe pas in­aper­çu. Ce pho­to­graphe pro­fes­sion­nel du monde ma­rin par­tage sa vie entre l’An­gle­terre et la France en de­hors de son tra­vail. Il pos­sède une mai­son dans l’Orne, à Ber­jou, en bor­dure de l’an­cienne ligne de che­min de fer Caen Flers « au pas­sage à ni­veau n°32 » iro­nise ce der­nier.

C’est son père, in­gé­nieur ma­ri­time qui pho­to­gra­phiait les fis­sures des coques de ba­teau, qui lui a don­né le goût pour la pho­to­gra­phie mar­time.

« Un jour, lorsque nous vi­vions à Sin­ga­pour, une coupe d’amis de mon père m’a of­fert un ap­pa­reil photo. Je de­vais avoir 5-6 ans. En­suite, grâce à mon ar­gent de poche, je me suis payé un 24 x 36 à l’âge de 12 ans. À l’époque j’étais pas­sion­né par les ani­maux. J’en gar­dais beau­coup, j’avais en­vie de les pho­to­gra­phier, mais il fal­lait être pa­tient. En­suite, j’ai vou­lu être vé­té­ri­naire mais je n’avais pas as­sez de bonnes notes à l’école pour ap­prendre ce mé­tier. Je me suis tour­né vers les études de la pho­to­gra­phie. À 21 ans, j’ai dé­ci­dé de faire la photo mon mé­tier, j’ai pour­sui­vi mes études en Grande-Bre­tagne, mais je n’ai pas trou­vé du tra­vail aus­si­tôt. J’ai fait plein de pe­tits bou­lots pour en­fin me payer mon stu­dio à Not­tin­gham, à l’âge de 32 ans. J’ai tout pla­qué en 1983 pour voya­ger sur les mers. Je suis par­ti en Afrique avec l’idée de voya­ger, et c’est là que j’ai ren­con­tré quel­qu’un qui re­cher­chait un équi­pier pour al­ler aux An­tilles. C’est comme ça que j’ai em­bar­qué au Cap-d’Adge, en France, di­rec­tion les An­tilles. »

Un grand voya­geur

Ni­gel Pert a ain­si na­vi­gué près d’un an sur un ba­teau à voile. Après 3 mois pas­sés aux An­tilles et l’achat de son propre voi­lier, il a dé­ci­dé de mettre de nou­veau le cap sur son pays na­tal. Re­ve­nu en France, il a de nou­veau voya­gé sur les mers entre la Corse et la Sar­daigne avant de re­joindre les États-Unis où, cette fois, il s’est re­trou­vé à terre, dé­cou­vrant l’in­té­rieur du pays. C’est là, qu’il s’est de nou­veau équi­pé en ma­té­riel photo. Re­ve­nu en An­gle­terre, où il vit avec sa nou­velle femme, à Ports­mouth, il a dé­ci­dé de tra­vailler l’hiver sur les ba­teaux où il of­fert ses ser­vices aux tou­ristes en qua­li­té de pho­to­graphe. C’est en 1992 que sa car­rière pro­fes­sion­nelle a vé­ri­ta­ble­ment dé­col­lé, au pre­mier grand ras­sem­ble­ment ma­ri­time or­ga­ni­sé à Brest.

« Je suis al­lé à Brest 92, pho­to­gra­phier l’ar­ma­da et c’est là que j’ai eu mes pre­mières pu­bli­ca­tions dans le ma­ga­zine spé­cia­li­sé Chas­seMa­rée. Je me suis lan­cé pe­tit à pe­tit en col­la­bo­rant dans des ma­ga­zines et des livres. J’ai en­chaî­né sur les ar­ma­das de Rouen et de Brest à chaque édi­tion. Je suis au­jourd’hui un pho­to­graphe pro­fes­sion­nel spé­cia­li­sé dans les grands voi­liers et ba­teaux en bois.

« J’ai dé­cou­vert le pro­jet de l’Her­mione en 1996 »

À Brest 96, j’ai na­vi­gué pen­dant 2 mois en par­tant de Bris­tol, en An­gle­terre pour suivre le par­cours sur dif­fé­rents sites afin de re­joindre Brest. C’est à l’es­cale de Ro­che­fort que j’ai dé­cou­vert le pro­jet de re­cons­truc­tion de l’Her­mione. Le chan­tier a com­men­cé en 1997 et j’ai pho­to­gra­phié toutes les étapes de sa construc­tion du dé­but jus­qu’à la fin. En 2015, j’ai fait une grande par­tie de la tra­ver­sée où, sur les six mois de celle-ci, j’ai pas­sé six se­maines à bord. C’est comme ce­la que j’ai col­la­bo­ré au livre co­écrit par le com­man­dant de bord Yann Ca­riou et San­drine Pier­re­feu, écri­vaine et jour­na­liste qui était simple équi­pier sur l’Her­mione. »

Le livre « L’Her­mione, re­tour aux Amé­riques », pré­fa­cé par l’aca­dé­mi­cien Erik Or­sen­na, a été pu­blié en no­vembre 2015 par les édi­tions de Mon­za, quelques mois après la fin de la tra­ver­sée au prin­temps. Ni­gel Pert fait ré­gu­liè­re­ment des confé­rences dans la ré­gion pour pré­sen­ter ses nom­breuses pho­tos et dé­di­ca­cer l’ou­vrage par la même oc­ca­sion.

Guy Val­lée

Ni­gel Pert, pos­sède une mai­son à Ber­jou, en bor­dure de l’an­cienne voie fer­rée Flers - Caen.

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