La fin du quar­tier fan­tôme

Quatre fa­milles ne peuvent tou­jours pas ha­bi­ter leurs mai­sons construites il y a plu­sieurs an­nées à cause d’un pro­mo­teur peu scru­pu­leux. Leur ave­nir s’éclair­cit en­fin.

L'Orne Combattante (FL) - - LA UNE -

A Flers, de­puis 7 ans, des mai­sons neuves sont à l’aban­don après le dé­pôt de bi­lan du pro­mo­teur. Au­jourd’hui, l’af­faire a trou­vé une is­sue.

L’es­poir est en­fin re­ve­nu pour ces quatre fa­milles flé­riennes !

Elles avaient choi­si de faire construire leur mai­son dans ce qui al­lait de­ve­nir un lo­tis­se­ment de 10 pa­villons, idéa­le­ment si­tué rue de Dom­front, à Flers. Mais voi­là, le rêve a tour­né au cau­che­mar lorsque le pro­mo­teur a dé­po­sé le bi­lan aban­don­nant des mai­sons in­ache­vées (lire aus­si notre édi­tion du jeu­di 25 juin 2015).

Les tra­vaux re­prennent en­fin

Les fa­milles sont res­tées dans l’im­passe pen­dant plu­sieurs an­nées ne pou­vant pas ha­bi­ter leur lo­ge­ment pour­tant payé. Trois des mai­sons, com­men­cées en 2009, ne sont pas fi­nies et si la qua­trième, la plus an­cienne, est ter­mi­née, elle n’a pas été rac­cor­dée aux ré­seaux. Et pour cause, la voi­rie, l’eau ou en­core l’élec­tri­ci­té n’ont ja­mais été réa­li­sées.

Les fa­milles, en dé­tresse mo­rale et fi­nan­cière, en ont ap­pe­lé à la Ville de Flers. La ques­tion a été abor­dée en juin 2015 à la table du conseil mu­ni­ci­pal. Au mois de dé­cembre sui­vant, les élus ont pris la dé­ci­sion d’ac­qué­rir les par­celles qu’il res­tait à amé­na­ger et les par­ties com­munes pour y réa­li­ser la voi­rie ain­si que les ré­seaux. « On ne laisse pas quatre fa­milles flé­riennes dans cette si­tua­tion », avait alors jus­ti­fié Yves Goas­doué, le dé­pu­té-maire de Flers. La pro­cé­dure a été com­plexe eu égard à la si­tua­tion.

« Un sou­la­ge­ment »

Quoi qu’il en soit, avant les va­cances de Noël, le chan­tier a pu re­prendre après plu­sieurs an­nées d’in­ter­rup­tion. Des tra­vaux de ter­ras­se­ment ont no­tam­ment été réa­li­sés. Ils vont se pour­suivre ces pro­chaines se­maines et de­vraient être ache­vés avant le prin­temps. Les fa­milles se sont en­trai­dées de leur cô­té pour dé­fri­cher le terrain. Les mai­sons pour­ront en­fin être rac­cor­dées aux ré­seaux et une rue se­ra amé­na­gée pour des­ser­vir les pro­prié­tés.

« C’est un sou­la­ge­ment », se ré­jouit Ka­mil Oz­de­mir, un des pro­prié­taires lé­sés. Avec sa fa­mille, il es­père pou­voir em­mé­na­ger dans sa mai­son au prin­temps. « Ça fait 7 ans qu’on at­tend et c’est comme si nous avions ache­té notre mai­son hier », pour­suit le Flé­rien qui tient à re­mer­cier la mu­ni­ci­pa­li­té pour le tra­vail qu’elle a ef­fec­tué. « Nous com­men­çons en­fin à voir le bout du tun­nel. On broyait du noir », confie de son cô­té la fa­mille Ça­kar.

Tou­te­fois, le chan­tier n’est pas gra­tuit pour les fa­milles qui sont dans l’obli­ga­tion de cé­der leurs droits de co­pro­prié­té à la Ville à l’eu­ro sym­bo­lique. Cha­cune d’entre elles de­vra payer 8 000 €. La fac­ture ini­tia­le­ment es­ti­mée à 15 000 € a été ré­éva­luée à la baisse et ap­prou­vée en conseil mu­ni­ci­pal. Des fa­ci­li­tés de paiement se­ront ac­cor­dées aux fa­milles en dif­fi­cul­té fi­nan­cière après tant d’épreuves.

Pen­dant toutes ces an­nées, elles ont dû faire face à la double charge du cré­dit et d’un loyer. De plus, les trois der­nières mai­sons ne sont pas fi­nies. A ce­la s’ajoutent les mal­fa­çons et les dé­gra­da­tions aux­quelles elles ont été li­vrées pen­dant plu­sieurs an­nées. Les fa­milles ont fait leurs comptes : les fac­tures vont de 40 000 € à 65 000 €. « On ne pour­ra pas tout faire », note une des pro­prié­taires.

Un ap­pel à l’aide

Aban­don­ner leur lo­ca­tion va leur ap­por­ter une bouf­fée d’oxy­gène mais ce ne se­ra pas suf­fi­sant. Elles en ap­pellent donc aux bonnes vo­lon­tés qui consen­ti­raient à les ai­der un peu « pour réa­li­ser des tra­vaux d’élec­tri­ci­té ou de me­nui­se­rie », ne se­rait-ce que quelques heures. « Ce n’est pas évident de joindre les deux bouts », ad­met la fa­mille Gu­ney.

A no­ter que le com­bat conti­nue sur le terrain de la jus­tice. « Mais c’est très long. Nous at­ten­dons une date mais ce­la peut prendre des an­nées. On ne se fait pas trop d’illu­sions », ex­pliquent les pro­prié­taires.

Mal­gré ces dif­fi­cul­tés, ces fa­milles sont dé­sor­mais re­gon­flées d’es­poir en ce dé­but d’an­née 2017. Après tant d’an­nées d’at­tente, en­fin ça bouge !

M. M.

Les per­sonnes qui sou­haitent ai­der ces fa­milles en dif­fi­cul­té à ef­fec­tuer des tra­vaux de me­nui­se­rie ou d’élec­tri­ci­té peuvent les contac­ter par mail à l’adresse : pour­no­tre­mai­son61@gmail.com

Le chan­tier a re­pris, dans le lo­tis­se­ment de la rue de Dom­front, après 7 ans d’in­ter­rup­tion. L’es­poir re­naît en­fin pour les fa­milles.

De plus, les mai­sons ont été li­vrées aux dé­gra­da­tions (photo d’archives).

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