La béa­ti­fi­ca­tion de l’ab­bé Ba­zin, né à Frênes, re­lan­cée

Le pro­cès de béa­ti­fi­ca­tion de l’ab­bé Ba­zin est re­lan­cé 250 ans après sa nais­sance à Frênes. Il est le fon­da­teur de la congré­ga­tion des Soeurs de la Mi­sé­ri­corde.

L'Orne Combattante (FL) - - BOCAGE SUISSE NORMANDE -

L’ab­bé Jean-Jacques Ba­zin, né à Frênes en avril 1767, est le fon­da­teur de la congré­ga­tion des Soeurs de la Mi­sé­ri­corde. Cette com­mu­nau­té de presque deux siècles, dé­vouée au ser­vice des ma­lades, pour­suit ses mis­sions un peu par­tout dans le monde et a en­core des re­pré­sen­tantes à Flers.

250 ans après la nais­sance de l’ab­bé Ba­zin, son pro­cès de béa­ti­fi­ca­tion a re­dé­mar­ré à Rome, de­puis 2 ou 3 ans. « L’Eglise a un re­gard at­ten­tif sur cet homme qui fait ré­fé­rence dans la foi ca­tho­lique », in­siste Guy Four­nier, diacre. Il est ve­nu, di­manche 15 jan­vier, pré­sen­ter l’oeuvre de l’homme d’église, au centre pa­rois­sial de Flers, aux cô­tés de Soeur Reine-Claude, as­sis­tante et se­cré­taire gé­né­rale des Soeurs de la Mi­sé­ri­corde.

Ré­or­ga­ni­ser le dio­cèse de Séez

L’ab­bé Jean-Jacques Ba­zin a connu la pri­son puis l’exil pen­dant près de 10 ans car il a re­fu­sé de prê­ter ser­ment à la consti­tu­tion ci­vile du cler­gé pen­dant la Ré­vo­lu­tion fran­çaise. A son re­tour, après le Con­cor­dat de 1801, il de­vient cu­ré de Clai­re­fou­gère. Le dio­cèse de Séez est alors pro­fon­dé­ment désor­ga­ni­sé. Les fonc­tions qu’il oc­cupe suc­ces­si­ve­ment vont l’ame­ner « à jouer un rôle de pre­mier plan dans la res­tau­ra­tion de l’Eglise ca­tho­lique dans le dio­cèse », note Guy Four­nier.

Ce der­nier le dé­crit comme « un homme de ter­rain », « humble », « dis­cret » et « proche des gens ». C’est à 55 ans, en 1823, qu’il fonde ce qui de­vien­dra la congré­ga­tion des Soeurs de la Mi­sé­ri­corde. « Il s’est ren­du compte que des jeunes filles ne pou­vaient pas em­bras­ser la vie re­li­gieuse car elles n’avaient pas de dot », ex­plique Soeur Reine-Claude. La so­lu­tion : elles tra­vaille­raient donc pour sub­ve­nir à leurs be­soins tout en ayant pour mis­sion de pro­di­guer des soins à do­mi­cile aux per­sonnes en fin de vie. Ce­la ré­pon­dait, de plus, à un be­soin de l’époque. Les gens ma­lades étaient nom­breux à pré­fé­rer res­ter chez eux plu­tôt qu’al­ler à l’hos­pice car pour ce­la, il leur fal­lait de­man­der un « cer­ti­fi­cat d’in­di­gence », ce qui était vé­cu comme une hu­mi­lia­tion.

« Un des créa­teurs des soins à do­mi­cile »

Les soeurs pas­saient donc la soi­rée, par­fois la nuit, au che­vet des ma­lades, sans rien de­man­der en re­tour. « La jour­née, elles fi­laient la laine pour ga­gner de l’ar­gent », té­moigne Soeur Reine-Claude. Très vite, un mé­de­cin les for­me­ra pour bien soi­gner les ma­lades.

Pour Guy Four­nier, l’ab­bé Jean-Jacques Ba­zin, est un « pion­nier. C’est un des créa­teurs des soins à do­mi­cile ».

La congré­ga­tion a été fon­dée à Sées. « Très vite, le nombre de pos­tu­lantes a aug­men­té et elle a es­sai­mé », note Soeur Reine-Claude. Il y a eu jus­qu’à en­vi­ron 15 mai­sons dans l’Orne, dont à Flers, rue de Mes­sei dans un pre­mier temps, à Tin­che­bray ou en­core à Dom­front puis dans les autres ré­gions de France. Des com­mu­nau­tés ont éga­le­ment été fon­dées en An­gle­terre, en Ecosse, en Al­gé­rie, en Es­pagne, en Afrique et à La Réunion. « Ces im­plan­ta­tions se sont faites sur la de­mande de cu­rés ou de laïques », in­dique la re­li­gieuse.

100 à 110 soeurs dans la congré­ga­tion

Au­jourd’hui, la congré­ga­tion compte 100 à 110 soeurs, ré­par­ties en France, en Es­pagne, en Afrique et à La Réunion.

Soeur Reine-Claude et Guy Four­nier font le tour des villes de l’Orne où les soeurs étaient im­plan­tées et réunissent des do­cu­ments pour en­tre­te­nir la mé­moire de l’ab­bé Ba­zin.

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