Les pro­fes­sion­nels tirent la son­nette d’alarme

L'Orne Combattante (FL) - - CONDÉ -

En 2017-2018, trois mé­de­cins du pôle de san­té li­bé­ral et am­bu­la­toire (PSLA) Vaul­le­geard vont prendre leur re­traite. Pour le mo­ment, per­sonne ne frappe à la porte pour les rem­pla­cer. Les pro­fes­sion­nels s’in­quiètent.

Un peu plus de deux ans après son ou­ver­ture, le pôle de san­té li­bé­ral et am­bu­la­toire tousse. « La struc­ture est en dan­ger », s’alarment le doc­teur Jean-Edouard Brioche et le ki­né­si­thé­ra­peute Ber­nard Le Saou­ter, vice-pré­sident et pré­sident d’Ave­nir san­té Condé. Une as­so­cia­tion créée il y a cinq ans.

« Nous sommes trois mé­de­cins à par­tir à la re­traite en 2017-2018 », an­nonce le doc­teur Brioche, 66 ans. Ce der­nier ar­rê­te­ra le 30 juin 2017.

« Ça m’embête de par­tir mais j’as­pire à autre chose après 37 ans de mé­de­cine gé­né­rale. » Une an­nonce a bien été pas­sée de­puis mars 2016. « Mais je n’ai au­cun re­tour », s’in­quiète le mé­de­cin. Des re­cherches en concer­ta­tion avec les élus sont ef­fec­tuées en pa­ral­lèle.

Ave­nir san­té Condé tire la son­nette d’alarme. « Condé est une ville iso­lée et peu at­trac­tive et puis elle n’est pas clas­sée en zone de re­vi­ta­li­sa­tion ru­rale ou en zone franche ur­baine (ZFU). Nous sommes en re­tard dans le Cal­va­dos par rap­port à l’Orne par exemple. Nous avons in­ter­pel­lé le sé­na­teur-maire Pas­cal Al­li­zard et le dé­pu­té Alain Tour­ret à ce su­jet. Il n’y a ja­mais eu de suite », avance Ber­nard Le Saou­ter.

Si le ter­ri­toire est clas­sé, les mé­de­cins qui sou­haitent s’ins­tal­ler bé­né­fi­cie­ront d’avan­tages fis­caux. Quid des deux mé­de­cins rem­pla­çants ?

« Ils ne pour­ront pas as­su­rer les consul­ta­tions des trois mé­de­cins ac­tuels et ils n’ont pas l’in­ten­tion de prendre la re­lève ici », ré­pond JeanE­douard Brioche.

Si le pôle de san­té ne trouve pas de suc­ces­seurs, les deux hommes s’in­quiètent éga­le­ment des consé­quences di­rectes sur les autres pro­fes­sion­nels de san­té.

« Les phar­ma­cies se­ront im­pac­tées. 80 % des pres­crip­tions pro­viennent des mé­de­cins lo­caux », ajoute Ber­nard Le Saou­ter.

Com­ment at­ti­rer des jeunes ? Quelles sont les so­lu­tions ? « Il faut les in­ci­ter à s’ins­tal­ler mais les aides ne sont pas as­sez suf­fi­santes. Tout est une ques­tion fi­nan­cière. »

Mais aus­si de mode vie. Le mé­de­cin de cam­pagne qui pas­sait sa vie au ca­bi­net semble ré­vo­lu. « Les jeunes n’ont plus en­vie de s’ins­tal­ler dans des villes ru­rales. Ils as­pirent à avoir da­van­tage de loi­sirs. »

Par ailleurs, les trois mé­de­cins as­surent faire « un ef­fort fi­nan­cier en don­nant nos ca­bi­nets ». L’aug­men­ta­tion du nu­me­rus clau­sus par la Mi­nistre est sans doute une so­lu­tion aux maux ac­tuels. « Mais nous al­lons en bé­né­fi­cier dans 9-10 ans seule­ment », ré­pond le doc­teur Brioche.

« Pas très op­ti­miste mais réa­liste », Ber­nard Le Saou­ter va plus loin : « On le voit, les per­sonnes âgées n’hé­sitent pas à s’ins­tal­ler en ville main­te­nant car l’offre de soins est meilleure. »

M.T.

Ber­nard Le Saou­ter et le doc­teur Jean-Edouard Brioche, pré­sident et vice-pré­sident d’Ave­nir san­té Condé, l’as­so­cia­tion créée il y a cinq ans.

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