Les confi­dences d’un ca­tho­dique pra­ti­quant

Ven­dre­di 20 jan­vier, Mi­chel Dru­cker se­ra sur scène, à Vire, dans la ville de son en­fance pour faire le bi­lan de ses 50 ans de car­rière. Ren­contre.

L'Orne Combattante (FL) - - LOISIRS -

Sur scène.

Vous re­trou­ver de­vant les Vi­rois, ce­la vous in­ti­mide-t-il ?

Je ne pré­fère pas y pen­ser trop tôt parce que je ne vou­drais pas que l’émo­tion et tous les sou­ve­nirs que j’ai au­tour de cette ville me pa­ra­lysent trop. Je vou­drais jouer avec la même dé­con­trac­tion, la même as­su­rance que j’ai ac­quise au cours des 60 re­pré­sen­ta­tions que j’ai dé­jà réa­li­sées.

De quoi par­lez-vous dans votre spec­tacle ?

De fa­çon hu­mo­ris­tique, je ra­conte mon par­cours, mes prin­ci­pales ren­contres dans ce mé­tier, en dé­voi­lant quelques anec­dotes sur les uns ou les autres, mais en ne di­vul­guant au­cune in­dis­cré­tion. Ce­la reste bien­veillant et émou­vant.

Je feuillette avec mon pu­blic, ceux qui m’ont tou­jours sui­vi, l’al­bum de mes 50 ans de car­rière en par­lant de l’en­vers du dé­cor. Un spec­tacle que je suis qua­si­ment seul à pou­voir pro­po­ser parce que pour le faire, il faut avoir vé­cu 50 ans de l’his­toire de la té­lé­vi­sion. La té­lé, la ra­dio, et main­te­nant la scène. Pour­quoi ce nou­veau dé­fi ?

Après 50 ans de car­rière, je vou­lais ve­nir à la ren­contre de ceux à qui je dois tout et les re­mer­cier de leur fi­dé­li­té. Au dé­but ce­la a été une grande an­goisse pour plein de rai­sons, parce que ce n’est pas mon mé­tier, parce qu’on m’at­ten­dait au tour­nant. Les gens pen­saient que j’al­lais faire un spec­tacle d’hu­mour, comme cer­tains de mes pe­tits ca­ma­rades, avec des sketches et des vannes.

J’ai dé­cou­vert en un an un mé­tier que je croyais connaître parce que ce­la fait plus de 50 ans que j’ai pré­sen­té deux ou trois gé­né­ra­tions d’ar­tistes, mais en réa­li­té, pas­ser de la salle à la scène c’est une autre af­faire. Sur­tout que je me suis lan­cé dans ce qu’il y a de plus dur, le seul en scène, car il n’y a pas de mu­si­cien, de par­te­naire et on se re­trouve tout seul avec sa mé­moire.

Quelle ren­contre a mar­qué votre car­rière ?

La ren­contre qui a été dé­ter­mi­nante pour l’in­té­res­sée, c’est sans conteste Cé­line Dion. J’au­rais ai­mé consa­crer un Vi­ve­ment Di­manche à Nel­son Man­de­la, à Ba­rack Oba­ma et sa femme ou en­core au pape Fran­çois.

Ma plus belle ren­contre c’est avec la té­lé, avec mon mé­tier. Je suis ren­tré dans cette boîte à l’âge de 22 ans, dans cette lu­carne qui a chan­gé ma vie et celle des gens tout à fait par ha­sard. Je me suis trou­vé au bon en­droit au bon mo­ment. J’ai par­ti­ci­pé à une grande aven­ture, à la nais­sance d’un mé­dia, un ou­til sur­réa­liste qui a chan­gé la vie des gens. J’ai tra­vaillé aux cô­tés des pion­niers Sab­bagh, Sal­le­bert, Dar­get, de Caunes.

Du­rer, ce­la a tou­jours été votre ob­ses­sion ?

Oui. Mes dix pre­mières an­nées, je n’ai pas pris une heure de va­cances. Pour construire une car­rière, c’est comme pour une mai­son, il faut de bonnes fon­da­tions et que la char­pente soit cos­taud. J’ai tou­jours sou­hai­té ce­la. J’ai vou­lu m’ins­tal­ler dans la du­rée donc j’ai tra­vaillé beau­coup. Il faut faire at­ten­tion à sa san­té car c’est un mé­tier très dur phy­si­que­ment même si ce­la ne se voit pas. C’est un mé­tier de stress, un mé­tier dan­ge­reux car on peut pé­ter les plombs très vite et la té­lé­vi­sion peut rendre fou. Avoir une no­to­rié­té su­bite, c’est violent.

Quels sont vos pro­jets ?

Faire de la scène me donne l’en­vie de conti­nuer avec les autres. Peut-être en fai­sant de la co­mé­die. À la té­lé, je n’ai pas en­core fait de talk-show de fin de soi­rée. Mais ce qu’il me reste à faire, c’est dans des do­maines qui sont loin de la té­lé­vi­sion. Je vou­drais de­ve­nir un bon pi­lote d’avion, car j’ai pas­sé tous mes exa­mens en deux étés et conti­nuer à faire du vé­lo en main­te­nant mon ni­veau. Éric MA­RIE

Pra­tique. Au théâtre du Préau, ven­dre­di 20 jan­vier, à 20 h, ta­rif : 25 €, as­sis pla­ce­ment libre. Ré­ser­va­tions à la caisse du ci­né­ma Le Bas­se­lin.

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