Ce Caen­nais est re­mon­té aux sources du foot­ball nor­mand

Pas­sion­né d’his­toire du foot­ball, Jacques Gues­don pu­blie un es­sai sur l’an­cêtre du sport le plus po­pu­laire du monde, en Nor­man­die : la soule. Un sport qui a long­temps ré­sis­té dans le bo­cage et no­tam­ment Tin­che­bray.

L'Orne Combattante (FL) - - LOISIRS -

Joueur du Stade Mal­herbe dans les an­nées 1960 et 70, Jacques Gues­don est du genre te­nace. Il au­ra mis près de trente ans à écrire le livre qu’il vient de pu­blier, aux édi­tions Myths : « un an­cêtre du foot­ball dans le Bo­cage nor­mande : la soule ». « J’ai com­men­cé dans les an­nées 1980, ra­conte-t-il. Mais la vie a fait que j’avais mis ce pro­jet de cô­té. Ar­ri­vé à la re­traite, je me suis dit que je de­vais fi­nir ce tra­vail ! »

Dé­jà au­teur d’un ou­vrage sur l’his­toire du club caen­nais (Cent ans de foot­ball au SM Caen), il s’est cette fois, pen­ché sur l’ori­gine de son sport pré­fé­ré, dans sa ré­gion. Com­ment est-il ar­ri­vé en Nor­man­die ? « Beau­coup d’his­to­riens du foot­ball pré­tendent que c’est Guillau­mele-Conqué­rant qui a ame­né la soule en An­gle­terre, avant qu’elle ne re­vienne par la Manche, sous la forme du foot. Mais on n’en a au­cune preuve. »

Un jeu vi­king

Pour ten­ter d’éta­blir un lien entre le jeu de soule et le foot­ball, Jacques Gues­don, simple ama­teur, s’est li­vré à un vé­ri­table tra­vail d’in­ves­ti­ga­tion, sur les traces du bal­lon rond. Il a no­tam­ment lu d’in­nom­brables sa­gas scan­di­naves, en quête de ré­fé­rences à un sport qui pour­rait res­sem­bler au foot­ball. « Les Vi­kings jouaient à un jeu qui pour­rait être aus­si bien l’an­cêtre du ho­ckey sur glace, car il se pra­ti­quait avec une crosse, que de la soule ».

En Nor­man­die, les traces les plus an­ciennes de la soule re­montent au Moyen-Âge, dans la Manche. « C’était sur­tout un jeu de pay­sans, dé­taille ce pas­sion­né, membre du co­mi­té di­rec­teur de la Ligue de foot­ball. Il a per­du­ré mal­gré les nom­breux ar­rê­tés d’in­ter­dic­tion. C’était trop bru­tal. » Les seules règles étaient les sui­vantes : deux équipes - re­pré­sen­tant cha­cune une pa­roisse, et gé­né­ra­le­ment for­mées des cé­li­ba­taires contre les hommes ma­riés (!) - de­vaient s’em­pa­rer d’une grosse balle et la ra­me­ner sur leur ter­ri­toire. « Tous les coups étaient per­mis », pré­cise Jacques Gues­don. C’est dans le Bo­cage or­nais, fief rebelle entre Tin­che­bray, Flers et Dom­front, que la soule a ré­sis­té le plus long­temps, jus­qu’à la moi­tié du XIXe siècle. « J’ai re­trou­vé une illus­tra­tion de la der­nière par­tie, qui s’est te­nue à Saint-Pierre-d’En­tre­mont, en 1851 », sou­rit l’au­teur, pas peu fier de sa trou­vaille.

Pen­dant que la guerre de 1870 pri­vait la France de joueurs, ce jeu se ré­gle­men­tait en An­gle­terre, jus­qu’au de­ve­nir le foot­ball. Les An­glais peuvent se pré­va­loir d’être les in­ven­teurs du sport le plus po­pu­laire du monde, mais ses ori­gines ex­pliquent en par­tie pour­quoi les Fran­çais les battent ré­gu­liè­re­ment ! Ni­co­las Claich

■PRA­TIQUE

Un an­cêtre du foot­ball dans le Bo­cage nor­mand : la soule (édi­tions Myths),

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.