Jacques Mar­ti­neau : « Je re­grette d’avoir tra­vaillé pour sa créa­tion »

Maire dé­lé­gué de Pu­tanges-Pont-Ecre­pin, Jacques Mar­ti­neau vient d’écrire à ses conci­toyens. Il avoue que si la com­mune nou­velle était à re­faire, il ne le re­fe­rait pas.

L'Orne Combattante (FL) - - PUTANGES -

Pu­tanges-Pont-Ecre­pin. Jacques Mar­ti­neau prend sa plume en ce dé­but d’an­née. S’il pré­sente ses voeux à ses ad­mi­nis­trés, il évoque éga­le­ment « la mu­tua­li­sa­tion gé­né­rale des dif­fé­rents ser­vices et per­son­nels » liée à Pu­tan­gesle-Lac, « avec des chan­ge­ments très im­por­tants dans notre vie quo­ti­dienne. »

« J’ai beau­coup de mal à m’y re­trou­ver. Le dé­mar­rage, la ré­par­ti­tion des com­pé­tences, l’or­ga­ni­sa­tion de cette com­mune nou­velle per­turbent mes ha­bi­tudes », pour­suit Jacques Mar­ti­neau.

« Plus de dos­sier à pré­pa­rer, plus de cour­rier, plus de bud­get. Il faut s’y faire. Les pro­jets de notre com­mune his­to­rique aus­si pe­tits soien­tils, sont dé­ci­dés par les dix maires en ac­ti­vi­té et ce sont 53 membres du con­seil mu­ni­ci­pal de la com­mune nou­velle qui dé­cident, qui votent ou qui re­fusent les pro­jets, éga­le­ment les achats, etc. »

« Je ne me sens plus concer­né »

Le maire dé­lé­gué ne se trouve plus en phase avec cette or­ga­ni­sa­tion. D’où ses in­dis­po­ni­bi­li­tés à cer­taines réunions, « en par­ti­cu­lier mon ab­sence à l’élec­tion du nou­veau maire. Je ne me sens plus concer­né de la même ma­nière. Sans les fi­nances, je ne suis pas en me­sure de faire des pro­jets et des pro­po­si­tions. Je me contente de pas­ser en mai­rie le jeu­di ma­tin pour quelques si­gna­tures. »

Qui dit com­mune nou­velle, dit nou­velle or­ga­ni­sa­tion. Et nou­veaux sou­cis.

« Nous cher­chons avec Jean-Louis Pi­tel à or­ga­ni­ser le ser­vice du per­son­nel de la voi­rie pour l’an­née 2017. Nous de­vons faire face aux di­verses ré­cla­ma­tions re­çues cette an­née par les uns et les autres, en désordre le plus sou­vent et sur­tout sa­tis­faire les de­mandes tout de suite.

Nous de­vons ré­pondre par une meilleure qua­li­té de ser­vice en don­nant à des en­tre­prises lo­cales le soin de tra­vailler sur nos haies, sur la taille des arbres, l’en­tre­tien des bor­dures de route, les écou­le­ments d’eau en pé­riode d’hi­ver, la pein­ture d’un cer­tain nombre d’élé­ments. Le manque de per­son­nel se fe­ra sen­tir très lour­de­ment en 2017 : Vincent Lo­ry fait par­tie du ser­vice des pom­piers et son temps n’est pas com­pen­sé ; Mi­chel Jouanne doit par­tir en re­traite au dé­but de l’été et, là en­core, sa pré­sence va nous pé­na­li­ser en par­ti­cu­lier pour l’en­tre­tien des vé­hi­cules et du ma­té­riel. Quelle dé­ci­sion se­ra prise ? Je n’en sais rien.

Nous cher­chons les moyens pour ré­duire le temps pas­sé à l’en­tre­tien des fleurs en pé­riode d’été (désher­bage, ar­ro­sage, taille des ro­siers, coupe du ga­zon, en­tre­tien de la com­mune, etc). »

Ce­pen­dant, Jacques Mar­ti­neau veut ras­su­rer, tout en ne sou­hai­tant plus faire sem­blant

: « Ne soyez plus éton­nés, j’existe tou­jours mais je n’ap­pa­rais pas sou­vent et pas for­cé­ment dans les grands ren­dez-vous ou les grandes messes. Il y a des « bon­jours » qui me dé­rangent. Je n’aime pas beau­coup l’hy­po­cri­sie, mais il faut su­bir la po­li­tique et c’est mal­heu­reu­se­ment notre quo­ti­dien. »

« Si je de­vais don­ner mon avis au­jourd’hui sur la créa­tion de la com­mune nou­velle, je di­rais non. Manque de com­mu­ni­ca­tion, trop d’in­cer­ti­tudes et au nom de la fi­dé­li­té, de l’ami­tié, de la confiance, il fau­drait s’ef­fa­cer sans dis­cu­ter, trop de di­rec­tives éma­nant de je ne sais où. Si, je crois sa­voir d’où ce­la vient et la ré­par­ti­tion des com­pé­tences, les pro­messes avant élec­tion étaient pré­pa­rées de­puis les élec­tions de 2014. Je n’avais rien vu ve­nir et je m’en ex­cuse. Je re­grette d’avoir tra­vaillé pour la créa­tion de cette nou­velle com­mune.

Nous avions en­core beau­coup de temps pour réa­li­ser cette créa­tion, au moins jus­qu’en 2020, sans consé­quence pour le por­te­feuille de cha­cun d’entre vous. Ma pré­vi­sion était de trans­for­mer la com­mu­nau­té de com­munes (18 com­munes) en une seule com­mune nou­velle. Mal­heu­reu­se­ment, ce­la ne s’est pas fait. »

Dé­fen­seur de Pu­tanges

« Au nom de la fi­dé­li­té que j’ai tou­jours ac­cor­dée à ma com­mune, au nom de la confiance que vous m’avez don­née, je res­te­rai le dé­fen­seur de notre com­mune et je res­te­rai at­ten­tif à son dé­ve­lop­pe­ment.

Vous sa­vez peut-être que notre po­pu­la­tion a for­te­ment bais­sé mal­gré la pré­sence de la mai­son de re­traite et ce­la au­ra des consé­quences sur l’ave­nir de notre com­mune. Le vieillis­se­ment de notre po­pu­la­tion, le re­nou­vel­le­ment des jeunes et des jeunes en­fants ne se fait plus ou se fait moins et sou­vent ailleurs, ce qui pro­voque des baisses im­por­tantes de la dé­mo­gra­phie. » Avant de lis­ter les tra­vaux réa­li­sés par Pu­tanges-Pont-Ecre­pin : « J’ai réa­li­sé en 2016 quelques me­nus tra­vaux sur le bud­get de fonc­tion­ne­ment de la com­mune his­to­rique vo­té en 2015 : la pose d’une clô­ture au col­lège dans le cadre « de la pro­tec­tion contre les at­ten­tats et du plan vi­gi­pi­rate » de­man­dée par les au­to­ri­tés. Le trot­toir de la rue du Bel-Air a été réa­li­sé par une en­tre­prise lo­cale sur le bud­get vo­té en 2015.

La source qui fuyait sur la route du vieux « Pu­tanges » a été col­ma­tée par une « en­tre­prise lo­cale » afin d’évi­ter les ac­ci­dents de l’hi­ver. Pour le reste, je m’oc­cupe de ma com­mis­sion « voi­rie et en­tre­tien du ma­té­riel » en es­sayant de faire du mieux pos­sible. Il y a tel­le­ment de monde qui com­mande dans cette com­mune nou­velle que l’on a l’im­pres­sion d’un grand désordre et c’est sou­vent le cas. Cha­cun de­vrait res­ter à sa place. »

Un bâ­ti­ment pour les tra­vaux ?

« En ce qui concerne les de­mandes de tra­vaux sur la voi­rie, l’ins­tal­la­tion des salles, les lo­ca­tions de ma­té­riel, il reste à de­man­der aux uns et autres d’éta­blir leurs de­mandes au se­cré­ta­riat de la com­mune nou­velle. Je ne sou­haite plus dé­pla­cer le per­son­nel toutes les cinq mi­nutes pour sa­tis­faire les be­soins des per­sonnes et des élus qui n’ont rien pré­vu à l’avance. Le tra­vail de­vra être pla­ni­fié comme dans une en­tre­prise si l’on veut que l’or­ga­ni­sa­tion du per­son­nel soit co­hé­rente avec le moins de temps pos­sible per­du.

Mon idéal se­rait de construire un nou­veau bâ­ti­ment pour re­grou­per tout le ma­té­riel, les ma­té­riaux, les vé­hi­cules et le per­son­nel afin d’évi­ter d’avoir des en­tre­pôts et des dé­pla­ce­ments un peu par­tout dans Pu­tanges. Sur­tout que les ter­rains se ré­duisent de plus en plus avec les tra­vaux en­tre­pris par la com­mu­nau­té de com­munes sur le PSLA (mai­son mé­di­cale) et sa voie d’ac­cès. L’étude et les plans d’une nou­velle construc­tion ont été pro­gram­més en 2015. Y au­ra-t-il une suite ? Je n’en suis pas sûr du tout. »

Au­jourd’hui, je di­rais non »

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