Gel : des ha­bi­tants pri­vés d’eau

L'Orne Combattante (FL) - - LA UNE -

L’oc­to­gé­naire, née à Con­dé-sur-Noi­reau, écrit de nom­breux poèmes de­puis 1972 mal­gré la cé­ci­té qui la touche. Son der­nier écrit sur Con­dé pour­rait être édi­té par les Édi­tions Cor­let.

Dans le grand bu­reau de Charles Cor­let, De­nise tient fer­me­ment, sous son bras, son clas­seur mar­ron. À l’in­té­rieur, dans des feuilles plas­tiques trans­pa­rentes, ses poèmes mais aussi un car­net.

Tout est soi­gneu­se­ment bien ran­gé de­puis de longues an­nées. « J’ai com­men­cé à écrire des poèmes en 1972 », ex­plique celle qui est née à Con­dé en 1932 d’une fa­mille de com­mer­çants.

À cette époque, Denis tient une sta­tion-ser­vice, re­prise à ses pa­rents, avec son époux. « J’ai tou­jours gar­dé ces poèmes pour moi. Ce­la me dé­foule et me vide le cer­veau d’écrire », ajoute l’oc­to­gé­naire.

200 poèmes

Quand De­nise a quelque chose dans la tête, « il faut que je l’écrive. En pleine nuit, ce­la m’ar­ri­vait de me le­ver et de m’ins­tal­ler au bu­reau pour écrire. Mon époux ne com­pre­nait pas ! », sou­rit la re­trai­tée. Alors dans la nuit, elle ap­pre­nait par choeur les quelques vers qui ve­naient en tête.

Au­jourd’hui, De­nise en est à en­vi­ron 200 poèmes écrits. Mais de­puis quelques an­nées, l’au­teure est gê­née dans sa pas­sion par une ma­la­die. La DMLA sèche qui pro­voque une sé­rieuse cé­ci­té.

« Je ne peux presque plus écrire. Re­gar­dez mes der­niers écrits. Je ne suis plus les lignes », dit-elle en mon­trant quelques poèmes.

De­nise n’a pas lâ­ché l’af­faire, hors de ques­tion d’ar­rê­ter les vers. « Mon aide mé­na­gère écrit le poème que je dicte. Elle me fait en­suite la lec­ture, je re­prends une ou deux choses. »

Il y a quelque temps, De­nise a fran­chi le pas et a écrit un poème pour les 80 ans de Charles Cor­let. Une connais­sance de longue date.

« De 80 lignes et très bien fait. Ce­la m’a tou­ché », com­mente Charles Cor­let. Der­niè­re­ment, c’est un poème sur Con­dé qui a in­ter­pel­lé l’im­pri­meur.

« Mon cher Con­dé »

Dans son poème « Con­dé » (lire plus bas), De­nise se rap­pelle son « vieux Con­dé » et regrette l’évo­lu­tion de la so­cié­té « Où sont nos dé­voués doc­teurs » […] « Pour les aî­nés quel sou­ci »

De­nise fait un voeu et sonne la charge : « Alors mon cher et vieux Con­dé, re­mue un peu tes conseillers, un bus se­rait le bien­ve­nu, à bon en­ten­deur, sa­lut »

« Ce poème m’a beau­coup plu. Je trouve ce tra­vail plein de nos­tal­gie mais écla­tant de vé­ri­té », com­mente Charles Cor­let.

Ce der­nier pour­rait édi­ter les poèmes de De­nise. « Pour l’ins­tant, il y a des cou­pures de ma­ga­zines, sou­rit Charles Cor­let. On trou­ve­ra un illus­tra­teur pour illus­trer le re­cueil ».

M.T.

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