Pa­trick Blan­chard, agent de convi­via­li­té de­puis 24 ans à Athis

De­puis 24 ans, la com­mune d’Athis-de-l’Orne s’est do­tée d’un agent de la convi­via­li­té pour vi­si­ter les per­sonnes âgées en si­tua­tion d’iso­le­ment à leur do­mi­cile.

L'Orne Combattante (FL) - - ENTRE BOCAGE ET SUISSE NORMANDE -

De­puis 24 ans, Pa­trick Blan­chard oc­cupe la fonc­tion d’agent de la convi­via­li­té, poste créé à l’ini­tia­tive de Mau­rice Du­ron, maire de l’époque et conseiller gé­né­ral. Ce der­nier par­tait du prin­cipe qu’il était pré­fé­rable de per­mettre aux per­sonnes âgées de vivre le pus long­temps pos­sible chez elles. La com­mune or­naise a été pré­cur­seur dans la mise en place de ce ser­vice gra­tuit.

« Plus on main­tient les per­sonnes âgées à leur do­mi­cile, moins ce­la coû­te­ra cher au conseil gé­né­ral » di­sait l’édile.

C’est ain­si que Pa­trick Blan­chard a été em­bau­ché en poste à mi-temps avec la mu­ni­ci­pa­li­té et la Co­to­rep (com­mis­sion tech­nique d’orien­ta­tion et de re­clas­se­ment pro­fes­sion­nel). Il a été ac­com­pa­gné d’un em­ploi jeune pen­dant 5 ans.

Grande com­pli­ci­té

« Au dé­but, je fai­sais les courses chez les per­sonnes à mo­bi­li­té ré­duite. Je leur ap­por­tais le pain, les médicaments et les pro­duits frais du mar­ché. »

Au fil du temps, le rôle de l’agent de la convi­via­li­té a évo­lué car, au­jourd’hui, il y a de plus en plus de per­sonnes qui vivent chez elles le plus long­temps pos­sible.

« J’étais un peu le com­plice de l’auxi­liaire de vie qui pré­pa­rait les re­pas. Au­jourd’hui, ce n’est plus le cas, en rai­son du ser­vice de por­tage des re­pas à do­mi­cile. Une per­sonne âgée peut plus fa­ci­le­ment vieillir à son do­mi­cile grâce aux ser­vices de soins qui leur sont at­tri­bués. »

Pa­trick Blan­chard est obli­gé de sé­lec­tion­ner en prio­ri­té les per­sonnes qui n’ont pas d’auxi­liaire de vie quo­ti­dien­ne­ment.

Obli­gé de sé­lec­tion­ner

« En pé­riode de ca­ni­cule ou de grand froid, j’ap­pelle ou je passe quo­ti­dien­ne­ment chez ces per­sonnes. Je par­cours ain­si entre 20 et 25.000 km par an sur le ter­ri­toire de la com­mune qui est as­sez éten­du. »

La per­sonne le plus iso­lée ha­bite dans un vil­lage si­tué à 9 km du coeur de la com­mune. Au fil du temps, des liens se sont tis­sés entre l’agent de convi­via­li­té et les per­sonnes iso­lées.

« Ac­tuel­le­ment, je vois près de 30 per­sonnes et ma vi­site est très at­ten­due. Quand la belle sai­son est re­ve­nue, j’em­mène, une fois par moi, les plus va­lides avec le mi­ni­bus de la com­mune au mar­ché de Con­dé-sur-Noi­reau, le jeu­di ma­tin. Là en­core, c’est une sor­tie très ap­pré­ciée. »

Des ren­contres heb­do­ma­daires

La fête du co­mice d’ar­ron­dis­se­ment qui se dé­roule dans la com­mune tous les 8 ans, est un bon moyen de ras­sem­bler ces per­sonnes iso­lées. Ce fut le cas en 2010 avec un groupe de 6 ou 7 per­sonnes qui se sont réunies chaque mer­cre­di pen­dant 3 mois, dans la salle pa­rois­siale. Ce­la de­vrait se re­nou­ve­ler en 2018.

« Dans le groupe, il y a une spé­cia­liste des dé­co­ra­tions, Mag­de­leine Tro­toux, qui or­ga­nise ce­la. Ce tra­vail se dé­roule dans une ex­cel­lente am­biance. Chaque se­maine, j’or­ga­nise des ren­contres chez des dames de­ve­nues veuves et qui n’ont pas de moyen de lo­co­mo­tion pour se ren­con­trer. C’est ça aussi mon rôle. Per­son­nel­le­ment, j’aime beau­coup ce que je fais. J’aime le contact hu­main et j’ap­porte ain­si un peu de cha­leurs à ces per­sonnes. Si c’était à re­faire, je re­com­men­ce­rai » dit Pa­trick Blan­chard pour qui cette fonc­tion est pra­ti­que­ment de­ve­nue une vo­ca­tion. Guy Val­lée

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