Sept classes vont fer­mer à la ren­trée 2017 dans le bo­cage

L'Orne Combattante (FL) - - ENTRE BOCAGE ET SUISSE NORMANDE -

La carte sco­laire, dans l’Orne, a été pré­sen­tée par l’ins­pec­teur d’aca­dé­mie, François La­can.

A la ren­trée de sep­tembre 2017, il est pré­vu la fer­me­ture de 20 classes contre cinq ou­ver­tures, dans les écoles ma­ter­nelles et élé­men­taires du dé­par­te­ment.

« L’Orne connaît une éro­sion dé­mo­gra­phique im­por­tante », a ex­pli­qué François La­can. L’ins­pec­tion aca­dé­mique a fait ses comptes. Elle es­time que l’Orne comp­te­ra 20 045 élèves pour l’an­née sco­laire 2017 2018, soit 502 de moins qu’à la ren­trée 2016.

Des fer­me­tures dans le bo­cage

Sur notre ter­ri­toire, sept classes de­vraient fer­mer : à l’école ma­ter­nelle Ro­land de Flers, à l’école pri­maire de La Selle-la-Forge, à l’école pri­maire Jacques-Pré­vert de La Fer­té-Ma­cé, à l’école pri­maire du GrandHa­zé de Briouze, à l’école pri­maire Ré­my-Poi­rier de Ban­vou, au sein du re­grou­pe­ment pé­da­go­gique in­ter­com­mu­nal de Ber­jou et Sainte-Ho­no­rine-la-Char­donne ain­si qu’à l’école pri­maire de Ba­zoches-au-Houlme.

En re­vanche, une classe de­vrait ou­vrir au sein du re­grou­pe­ment pé­da­go­gique in­ter­com­mu­nal des Monts-d’An­daine et de La Cou­lonche.

Si le nombre d’élèves va di­mi­nuer à la ren­trée, le nombre de postes d’en­sei­gnants se­ra main­te­nu dans l’Orne. Le dé­par­te­ment en comp­te­ra même un de plus qu’en sep­tembre 2016. Ils se­ront ain­si 1 252.

« Au re­gard de cette si­tua­tion, nous au­rions pu ima­gi­ner perdre des postes mais au-de­là de la si­tua­tion dé­mo­gra­phique, le mi­nis­tère prend en compte la fra­gi­li­té de cer­tains ter­ri­toires, no­tam­ment ru­raux, et les condi­tions so­ciales de cer­taines fa­milles », a sou­li­gné François La­can qui s’es­time « glo­ba­le­ment sa­tis­fait ».

A no­ter que par­mi ces postes, cinq sont dé­diés au dis­po­si­tif « plus de maîtres que de classes » vou­lu par le gou­ver­ne­ment. Il consiste à in­té­grer un deuxième pro­fes­seur dans la classe pour in­ter­ve­nir au­près des élèves qui en ont le plus be­soin. « Il ne s’agit pas d’un sou­tien, sou­ligne François La­can, mais d’une vé­ri­table co-in­ter­ven­tion très ap­pré­ciée des équipes ». Aux dix postes dé­jà dis­po­nibles pour le dis­po­si­tif « ac­cueil des élèves de moins de 3 ans », l’ins­pec­teur aca­dé­mique pour­ra comp­ter sur trois nou­veaux ren­forts à la ren­trée 2017. En­fin, un em­ploi se­ra consa­cré aux élèves at­teints d’au­tisme.

Réaction « mi­ti­gée » des syn­di­cats

Mal­gré le main­tien des postes, les syn­di­cats d’en­sei­gnants, quant à eux, ac­cueillent cette carte sco­laire avec un sen­ti­ment plu­tôt mi­ti­gé. C’est no­tam­ment le cas de la FSU de l’Orne, la fé­dé­ra­tion syn­di­cale uni­taire. Elle a vo­té contre cette carte sco­laire.

« La do­ta­tion que nous a at­tri­buée Mon­sieur le Rec­teur (de l’aca­dé­mie de Caen, NDLR) lèse le dé­par­te­ment de l’Orne très for­te­ment au re­gard du mo­dèle mi­nis­té­riel », af­firme le syn­di­cat. La FSU rap­pelle en ef­fet que le nombre de postes d’en­sei­gnants du pre­mier de­gré prend en compte le ca­rac­tère ru­ral d’un ter­ri­toire et les cri­tères so­ciaux des ha­bi­tants. C’est ain­si que mal­gré une dé­mo­gra­phie en berne, l’aca­dé­mie de Caen (Orne, Manche et Cal­va­dos) s’est vue do­tée de quatre postes sup­plé­men­taires, « et en grande par­tie de part les in­di­ca­teurs du dé­par­te­ment de l’Orne », sou­ligne la FSU.

Mais voi­là, le ter­ri­toire ne va bé­né­fi­cier que d’un poste sup­plé­men­taire sur les quatre. Le syn­di­cat de­mande donc « une nou­velle ré­par­ti­tion des moyens […] per­met­tant de do­ter plus fa­vo­ra­ble­ment le dé­par­te­ment ». Et d’ajou­ter, « de­puis main­te­nant deux ans, c’est près d’une quin­zaine de postes qui nous font dé­faut de ce fait ».

Laurent Charles, dé­lé­gué dé­par­te­men­tal du SNUipp, syn­di­cat af­fi­lié à la FSU, re­marque que l’Orne est un des dé­par­te­ments ru­raux les moins bien do­tés en France. La Lo­zère, où pour­tant « la po­pu­la­tion a plus de re­ve­nus » ou la Creuse, com­pa­rables à l’Orne sur le plan dé­mo­gra­phique, se­raient mieux lo­ties.

Se­lon le syn­di­ca­liste, il ne faut pas s’ar­rê­ter au seul nombre d’élèves par classe. « Par exemple, à La Selle-la-Forge, l’ef­fec­tif semble jus­ti­fier une fer­me­ture de classe. Mais on ne peut pas ré­agir qu’en ces termes. Il y a d’autres dif­fi­cul­tés et on donne en­core moins de chances de les ré­duire. Il faut que les en­sei­gnants aient des moyens pour don­ner plus de temps aux élèves. Nous ne pou­vons pas re­gar­der que les chiffres », pense Laurent Charles.

Une classe ré­cla­mée à Mes­sei

Le dé­lé­gué dé­par­te­men­tal sou­ligne éga­le­ment que l’ou­ver­ture d’une classe a été re­cla­mée à Mes­sei « pour an­ti­ci­per des éven­tuelles dif­fi­cul­tés. Si des fa­milles ar­rivent, les classes vont dé­bor­der ». Le SNUipp es­père un nou­veau comp­tage en juin.

« Pen­dant 5 ans, on a ar­rê­té de dé­truire l’édu­ca­tion dans l’Orne. Ce­pen­dant, nous n’avons pas connu de se­cond souffle », conclut Laurent Charles

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