Eve­lyne Stirn sort de son si­lence

Alors que l’af­faire Fillon n’en fi­nit pas, Eve­lyne Stirn évin­cée par ce der­nier au pro­fit de Jean-Yves Cousin qui lui a re­pris l’in­ves­ti­ture LR pour les pro­chaines lé­gis­la­tives, sort de son si­lence.

L'Orne Combattante (FL) - - CONDÉ ET SON PAYS -

Elle était res­tée muette de­puis le 16 jan­vier der­nier, Eve­lyne Stirn af­firme avoir pris le temps né­ces­saire pour com­prendre ce qui s’était pas­sé avant de don­ner son opi­nion. Car le coup a été rude.

Alors in­ves­tie à l’una­ni­mi­té par Les Ré­pu­bli­cains pour être la can­di­date pour les pro­chaines lé­gis­la­tives sur la 6e cir­cons­crip­tion du Cal­va­dos, la vic­toire de François Fillon au se­cond tour de la pri­maire a bou­le­ver­sé l’or­ga­ni­sa­tion mise en place.

En ef­fet, ce der­nier est re­ve­nu sur les in­ves­ti­tures, po­si­tion­nant ain­si l’an­cien dé­pu­té-maire de Vire, Jean-Yves Cousin à la place d’Eve­lyne Stirn. Un re­vi­re­ment que Jean-Yves Cousin a ex­pli­qué sim­ple­ment par l’ami­tié qui le lie de­puis de nom­breuses an­nées à François Fillon.

Mais Eve­lyne Stirn re­vient sur ce qui s’est pas­sé : « A l’au­tomne 2014, le par­ti Les Ré­pu­bli­cains par un vote una­nime de sa Com­mis­sion Na­tio­nale d’In­ves­ti­ture a dé­fi­ni la règle unique qui doit lui per­mettre de res­pec­ter en­fin la loi sur la pa­ri­té pour les élec­tions lé­gis­la­tives des 11 et 18 juin 2017 : dans chaque cir­cons­crip­tion ou le dé­pu­té sor­tant n’est pas LR, une femme est in­ves­tie.

Unique can­di­date

La Cons­ti­tu­tion a ins­crit le prin­cipe de l’égal ac­cès des femmes et des hommes aux man­dats élec­to­raux et fonc­tions élec­tives. Sur cette base lé­gale et mo­rale je me suis pré­sen­tée il y a 18 mois avec res­pect et fer­veur, sillon­nant le ter­ri­toire al­lant à la ren­contre des ha­bi­tants et élus ru­raux, sel de cette terre nor­mande. J’ai été in­ves­tie en juin 2016 à l’una­ni­mi­té de la CNI et il est à no­ter que j’étais la seule can­di­date à l’in­ves­ti­ture de mon par­ti ».

Elle ne mâche pas ses mots : « Une opé­ra­tion de basse po­li­tique et la crise dra­ma­tique et mor­ti­fère que le par­ti Les Ré­pu­bli­cains tra­verse ont per­mis cette ma­noeuvre dont je connais dé­sor­mais tous les contours. Notre par­ti a dé­jà payé 35 mil­lions d’eu­ros de pé­na­li­tés pour non-res­pect de la loi sur la pa­ri­té vo­tée il y a presque 20 ans et n’a à ce jour in­ves­ti que 25 % de femmes alors que l’As­sem­blée Na­tio­nale ne compte qu’une femme sur quatre et non une femme sur deux. Ce­ci nous place aux der­niers rangs des dé­mo­cra­ties eu­ro­péennes et mon­diales ».

Elle conti­nue : « Cet ar­gent est de l’ar­gent pu­blic fruit des im­pôts payés par cha­cun. Un par­ti po­li­tique a t il ain­si le droit d’en­freindre la loi ? Un par­ti po­li­tique a t il ain­si le droit de di­la­pi­der l’ar­gent pu­blic dans un pays qui compte 6 mil­lions de chô­meurs 9 mil­lions de pauvres, 14 mil­lions de mal lo­gés ? Un par­ti po­li­tique a t il ain­si le droit de se mo­quer de 52 % du corps élec­to­ral ? »

Au­jourd’hui, Eve­lyne Stirn at­tend de voir com­ment les choses vont évo­luer au sein du par­ti lour­de­ment im­pac­té par ce qui se passe au­tour de l’af­faire Fillon. « Nous vi­vons une crise to­tale et ce sys­tème est à l’ago­nie. Seul le Peuple au­ra le der­nier mot et sau­ve­ra notre pays, j’en suis convain­cue. Je suis une femme de la so­cié­té ci­vile, une ci­toyenne. J’ai en­ga­gé un dia­logue sin­cère et sans ar­ti­fices avec tous les ha­bi­tants de notre ter­ri­toire. Je vais le pour­suivre avec pas­sion et sin­cé­ri­té ».

Elle ne sou­haite pas pour l’ins­tant an­non­cer le main­tien ou pas de sa can­di­da­ture et pro­met de dé­voi­ler très pro­chai­ne­ment des élé­ments. « Je suis ef­fa­rée par ce qui se passe ».

Une base lé­gale 38 M€ de pé­na­li­tés

I.I.

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