Une autre mon­naie pour sor­tir du sys­tème spé­cu­la­tif

Une qua­ran­taine de mon­naies com­plé­men­taires existent ac­tuel­le­ment en France. Le Col­lec­tif Mon­naie de Flers a te­nu une réunion d’in­for­ma­tion sur ce su­jet, dans la mé­dia­thèque de Sé­grie-Fon­taine.

L'Orne Combattante (FL) - - ATHIS ET SON PAYS -

Sé­grie-Fon­taine. Le Col­lec­tif Mon­naie de la ré­gion de Flers or­ga­ni­sait une réunion d’in­for­ma­tion, ven­dre­di 3 fé­vrier, à la mé­dia­thèque.

Il existe en France, une qua­ran­taine de mon­naies lo­cales com­plé­men­taires. Au centre des ré­flexions de cette réunion, le Sou de Mayenne in­ter­pelle. Le Sou, mon­naie libre mayen­naise, est une idée neuve, une mon­naie com­plé­men­taire à l’eu­ro qui ne com­porte ni billets ni pièces. C’est une mon­naie nu­mé­rique dis­po­nible sur té­lé­phone por­table ou via une carte de paie­ment, pour échan­ger des pro­duits ou des ser­vices. Ce sys­tème em­pêche toute spé­cu­la­tion et pré­vient les crises mo­né­taires.

Mi­reille Gry­gien, membre du col­lec­tif ex­plique que « de­puis oc­tobre 2015, nous ré­flé­chis­sons à une so­lu­tion par rap­port au sys­tème fi­nan­cier ac­tuel, qui est in­égal, in­juste et en­traîne plus de riches et plus de pauvres, avec les dé­sastres que l’on connaît. »

Ac­croître la ri­chesse

Le Sou de Mayenne a été créé en oc­tobre 2016, « pour l’ins­tant, il ne sert qu’aux par­ti­cu­liers, pour tes­ter les pro­blèmes tech­niques liés à cette in­no­va­tion, no­tam­ment le lo­gi­ciel qui crée la mon­naie et le dis­tri­bue à chaque nou­vel en­trant. Bien­tôt, il se­ra lan­cé une mon­naie na­tio­nale test, le Gtest. »

Cette mon­naie libre Gtest est pro­duite par Du­ni­ter, un lo­gi­ciel de cryp­to-mon­naie per­met­tant de créer des mon­naies.

« Le sys­tème de mon­naie lo­cale et com­plé­men­taire per­met d’ac­croître la ri­chesse sur un ter­ri­toire. Elle ne peut être uti­li­sée que sur le ter­ri­toire et cir­cule de 3 à 9 fois plus vite que l’eu­ro, mais reste dans le sys­tème nor­mal. Il faut sa­voir que l’ar­gent qui cir­cule ne sert qu’à en­vi­ron 5 % à la pro­duc­tion, le reste part pour l’ac­cu­mu­la­tion de ri­chesses, via la spé­cu­la­tion et les pa­ra­dis fis­caux. »

Ce sont les banques pri­vées com­mer­ciales qui créent les formes mo­né­taires en échange de dette, « il leur faut donc des de­mandes de cré­dits, la mon­naie est dé­truite au rem­bour­se­ment. S’il n’y a plus de cré­dits, il n’y a plus de créa­tion de mon­naie. La mon­naie libre, c’est construire une mai­son à cô­té de la mai­son exis­tante. C’est une fa­çon dif­fé­rente et on en est aux fon­da­tions. La nou­velle mon­naie est une co-créa­tion par des in­di­vi­dus qui choi­sissent d’uti­li­ser cette mon­naie. »

Pour cal­cu­ler la quan­ti­té de mon­naie à créer, il y a une so­lu­tion créée par un in­gé­nieur ma­thé­ma­ti­cien fran­çais, Sté­phane La­borde, en 2011. « Cette équa­tion per­met de dire quel pour­cen­tage à créer pro­por­tion­nel à la quan­ti­té de la masse mo­né­taire du nombre de per­sonnes qui choi­sissent la mon­naie. C’est équi­table dans l’es­pace et dans le temps. La mon­naie libre sape toutes les fon­da­tions de toutes les croyances de­puis 700 ans avant Jé­sus-Ch­rist, im­po­sées par les centres de pou­voirs. »

Pra­tique : Pour en sa­voir plus sur le Sou de Mayenne et la mon­naie libre, contac­ter Mi­reille Gry­gien : mi­gry­giel@wa­na­doo.fr

Le col­lec­tif in­forme sur le Sou de Mayenne.

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