La­zare, un ta­lent à dé­cou­vrir

L'Orne Combattante (FL) - - ATHIS ET SON PAYS -

In­tri­gué par cet ar­tiste pu­dique ren­con­tré aux Jour­nées In­tran­quilles, sé­duit par ses oeuvres, nous avons vou­lu mieux le connaître.

Au lieu­dit La Bi­jude, Ch­ris­tophe Le­vil­lain, alias La­zare, a trans­for­mé sa mai­son en­tière en un ate­lier géant où s’ex­prime son ta­lent, dans chaque pièce, sur chaque mur, sur le sol.

Ar­tiste pu­dique et mo­deste, ses sculp­tures et ses pein­tures n’ont pu être dé­cou­vertes que lors des Jour­nées In­tran­quilles ini­tiées par Xa­vier Ro­ger, pré­sident de l’In­tran­quille Sillon à Cahan, où à chaque fois les vi­si­teurs ont été im­pres­sion­nés par ses oeuvres.

Ori­gi­naire du Pays d’Auge, il a ache­té à la Bi­jude, un bâ­ti­ment agri­cole qu’il a trans­for­mé pen­dant 8 ans, en ha­bi­ta­tion, tout seul, pour y hé­ber­ger sa fa­mille de 4 en­fants.

- De­puis quand pei­gnez­vous ?

« Après un ac­ci­dent de la vie en 2011, je me suis mis à sculp­ter. J’ai pris beau­coup de plai­sir à faire ma pre­mière sculpture re­pré­sen­tant un sa­lut. Ma deuxième sculpture évoque la nais­sance de ma pe­tite fille. Je sculp­tais et je me suis mis à peindre, tout en conti­nuant à ré­no­ver et agen­cer la mai­son. J’ado­rais par­ta­ger la créa­tion avec les en­fants, Es­te­ban, Pier­rick, Sa­cha et Max, ma pe­tite fille. C’était un amu­se­ment pour moi de leur faire par­ta­ger la créa­tion, sans vrai­ment conti­nuer à créer pour moi-même. C’est suite à la sé­pa­ra­tion fa­mi­liale que je me suis vrai­ment ré­fu­gié dans la pein­ture. J’ai trou­vé un pot de pein­ture noire de ta­bleaux et j’ai com­men­cé à faire des des­sins, puis avec une plume qui ap­par­te­nait à ma grand-mère. En­suite, je me suis vite mis à peindre avec les doigts et les mains, et petit à petit, j’ai com­men­cé à peindre au sol sur des draps et c’est là que j’ai vrai­ment com­men­cé. »

« Mes créa­tions sont mes émo­tions »

- Com­ment vous vient l’ins­pi­ra­tion ?

« Tou­jours à la re­cherche d’évo­lu­tion, sur mes toiles j’ex­prime mes émo­tions. Quand je peins, je rentre com­plè­te­ment dans mon monde, fer­mé à l’ex­té­rieur. Je n’ai plus de no­tion de temps ni de ce qui se passe au­tour de moi. J’aime peindre la nuit. Quand j’ai fi­ni de peindre, je res­sens un sen­ti­ment de vide et d’ou­bli de l’ins­tant de cette créa­tion, comme un trou noir et je m’en­dors aus­si­tôt. Au ré­veil, je me sou­viens de ma créa­tion, d’avoir éva­cué toutes mes émo­tions, mais plus de ce qui s’est pas­sé au­tour. Je me suis tel­le­ment blo­qué sur ma créa­tion, que plus rien n’a exis­té en de­hors d’elle. Quand je peins, je ne suis plus Ch­ris­tophe, je suis La­zare. »

- Pour­quoi n’ex­po­sez-vous pas vos oeuvres en de­hors de Jour­nées In­tran­quilles ?

« Je n’at­tends rien, je ne cherche pas spé­cia­le­ment à vendre. Je trouve pour­tant in­té­res­sant de voir ce que res­sentent les gens et de connaître leurs sen­ti­ments de­vant mes ta­bleaux. Cha­cun les in­ter­prète avec ses propres émo­tions. Avant, je ne vi­vais que pour mes en­fants, pour leur of­frir et leur construire une mai­son. Main­te­nant qu’ils sont loin, je me suis ré­in­ven­té une nou­velle vie, dans la­quelle mes créa­tions sont mes émo­tions, dif­fé­rentes au fur et à me­sure des jours qui passent, amour, joie, tris­tesse, toutes les émo­tions que res­sentent les êtres hu­mains. C’est ma fa­çon d’ex­pri­mer mes sen­ti­ments. De me li­vrer à vous, c’est un pre­mier pas, peut-être qu’un jour j’au­rais en­vie d’ex­po­ser mes ta­bleaux aux re­gards. »

Pra­tique : Si vous avez en­vie de dé­cou­vrir l’uni­vers ar­tis­tique ex­cep­tion­nel de Ch­ris­tophe Le­vil­lain, vous pou­vez l’ap­pe­ler au 07 50 99 75 80 pour un ren­dez-vous chez lui. Un conseil : s’il ne ré­pond pas, lais­sez un mes­sage, parce que s’il est en pleine créa­tion, il ne ré­pond pas au té­lé­phone.

La­zare au mi­lieu de ses créa­tions.

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