« Il faut une ges­tion col­lec­tive des contrats »

L'Orne Combattante (FL) - - BRIOUZE ET SON PAYS - M.T.

Re­ve­nus, po­li­tiques agri­coles, le bio… Thier­ry Ames­lant, ani­ma­teur or­nais du syn­di­cat agri­cole, fait le point sur la si­tua­tion ac­tuelle.

Quel bi­lan faites-vous de l’an­née 2016 ?

Cô­té re­ve­nu agri­cole, 2016 est cer­tai­ne­ment la plus mau­vaise de ces der­nières dé­cen­nies. Il y a eu les aléas cli­ma­tiques avec une mois­son ca­tas­tro­phique. La crise agri­cole touche qua­si­ment toutes les pro­duc­tions. On su­bit tou­jours la fin des quo­tas lai­tiers qui date d’avril 2015. Par ailleurs, ac­tuel­le­ment, nous sommes à 4 000 € la tonne de beurre. On a pris 1 500 en quatre mois.

Ce sont les consé­quences de quelles po­li­tiques ?

C’est l’am­biance très li­bé­rale qui per­met au commerce et à la fi­nance in­ter­na­tio­nale de mettre en concur­rence toutes les agri­cul­tures. En dé­cembre en France, nous étions à 319 € les 1 000 litres. Aux Pays-Bas, ils sont à 375 €. La con­fé­dé­ra­tion pay­sanne n’a ja­mais cru à l’épa­nouis­se­ment des pay­sans dans cette course à l’in­ves­tis­se­ment et à la com­pé­ti­ti­vi­té. Nous sommes convain­cus que c’est col­lec­ti­ve­ment et plus nom­breux que nous pour­rons dé­fi­nir une stra­té­gie de dé­fense d’un re­ve­nu.

Que pré­co­ni­sez-vous ?

Il est urgent de ren­for­cer la dé­fense col­lec­tive des pro­duc­teurs. L’im­puis­sance ac­tuelle des or­ga­ni­sa­tions de pro­duc­teurs par en­tre­prise qui ne peuvent em­pê­cher de telle si­tua­tion doit conduire les pou­voirs pu­blics à per­mettre la mise en place d’or­ga­ni­sa­tions de pro­duc­teurs trans­ver­sales (une par bas­sin lai­tier). Celles-ci pour­ront né­go­cier des contrats col­lec­tifs pour pro­té­ger les éle­veurs des clauses res­tric­tives qui em­pêchent la li­ber­té d’ex­pres­sion et de par­ler en­fin de la ré­mu­né­ra­tion du lait avec la prise en compte des coûts de pro­duc­tion.

Il y a la ques­tion des zones dé­fa­vo­ri­sées éga­le­ment…

Nous avons été mis sur la touche. Il doit y avoir une réunion au Mi­nis­tère pro­chai­ne­ment. Nous al­lons faire en­tendre la voix de l’Orne.

Existe-t-il des mo­tifs d’es­pé­rance ?

Oui l’agri­cul­ture bio qui semble échap­per à la crise. Il y a une offre et une de­mande en hausse. C’est une fi­lière en crois­sance. Mais pour com­bien de temps ? Le 23 mars à Alen­çon, nous irons né­go­cier la Pac 2020. Ça se­ra aus­si un gros dos­sier.

La con­fé­dé­ra­tion pay­sanne de l’Orne était réunie il y a quelques jours à Briouze.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.