26 dé­cès liés à l’amiante ont été re­cen­sés en 2016

L'Orne Combattante (FL) - - CONDÉ - M.T.

L’amiante con­ti­nue de tuer. C’est le constat de la Fé­dé­ra­tion na­tio­nale des ac­ci­den­tés du tra­vail et des han­di­ca­pés (Fnath) de Con­dé-sur-Noi­reau.

Ils ont tra­vaillé de nom­breuses an­nées dans les usines de la Val­lée de la Vère. Au­jourd’hui, en re­traite, ils sont tou­jours à l’ac­tion, comme Ber­nard Bro­din et Jean-Claude Catherine, de la Fnath.

L’as­so­cia­tion qui compte 768 adhé­rents a été créée en 1921 et est re­con­nue d’uti­li­té pu­blique de­puis 2005. Elle oeuvre en lien avec l’As­so­cia­tion lo­cale de dé­fense des vic­times de l’amiante (Al­de­va) créée en 1997.

« De­puis le 1er jan­vier de cette même an­née, l’usage de l’amiante est in­ter­dit en France », rap­pelle Ber­nard Bro­din.

À la Fnath, les per­sonnes tou­chées par l’amiante viennent se faire ai­der dans leurs dé­marches ad­mi­nis­tra­tives. Une quin­zaine de dos­siers sont trai­tés ac­tuel­le­ment pour « l’in­dem­ni­sa­tion en faute in­ex­cu­sable de l’em­ployeur ».

Ver­ra-t-on un pro­cès de l’amiante un jour ? « Ce­la traîne, sou­pire Ber­nard Bro­din. Cha­cun se ren­voie la balle et puis les tri­bu­naux ne suivent pas. Ils manquent de juges ».

Un dé­cès par se­maine en 2013

De­puis 2002, une loi donne ac­cès au ma­lade à son dos­sier mé­di­cal. « C’est une bonne chose pour nous. L’hô­pi­tal de Flers joue le jeu, ce­lui de Caen un peu moins. Notre ju­riste leur rap­pelle que c’est une obli­ga­tion. »

En ac­cé­dant à ces dos­siers via les ma­lades ou les fa­milles, la Fnath a ob­ser­vé 26 dé­cès par l’amiante en 2016. « Il y a eu 56 dé­cès en 2013. Ce­la fai­sait un dé­cès par se­maine », ajoute le pré­sident de la Fnath.

De 1920 à 2013, 2 700 per­sonnes ont tra­vaillé dans les en­tre­prises de la val­lée de la Vère. Com­bien sont morts de l’amiante ? « Un peu de 1 000 je pense », ré­pond Ber­nard Bro­din.

Et l’amiante con­ti­nue de tuer. « L’usine Ho­ney­well a fer­mé en 2013 mais la ma­la­die peut se dé­cla­rer 30 voire 40 ans plus tard. »

Les vic­times ou les ayants droit de vic­times dé­cé­dées re­con­nues en ma­la­die pro­fes­sion­nelle peuvent me­ner leurs em­ployeurs de­vant les tri­bu­naux des af­faires et de la sé­cu­ri­té so­ciale (Tass) pour « faute in­ex­cu­sable », afin d’ob­te­nir une re­con­nais­sance des pré­ju­dices su­bis et une ré­pa­ra­tion fi­nan­cière.

Ré­pa­ra­tion fi­nan­cière

Il existe aus­si le Fi­va (Fonds d’in­dem­ni­sa­tion des vic­times de l’amiante), créé en 2001, un éta­blis­se­ment pu­blic qui in­dem­nise les vic­times de l’amiante.

« Les deux ne peuvent se cu­mu­ler », pré­cise Ber­nard Bro­din. Le Fi­va s’adresse aux sa­la­riés qui ne pré­voient pas d’ac­tion en faute in­ex­cu­sable de l’em­ployeur.

« Les dos­siers vont très vite avec eux. En cinq mois, la si­tua­tion peut être ré­glée. »

Un manque de juges

▲Fnath, per­ma­nence à l’an­cienne crèche sué­doise, 1 bou­le­vard du 11-No­vembre, chaque jeu­di, de 9 h à 11 h 30. Per­ma­nence avec une ju­riste le deuxième lun­di du mois, de 14 h 30 à 15 h 30. Tél. : 09 81 90 14 57.

Ber­nard Bro­din, pré­sident, et Jean-Claude Catherine, vice-pré­sident, as­surent des per­ma­nences à Con­dé-sur-Noi­reau.

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