Un riche voyage en Inde

Mar­lène James et Lau­ra Mar­chand, toutes deux étu­diantes in­fir­mières, re­viennent d’un stage à Fa­ri­da­bad, au Nord de l’Inde. Re­tour sur un voyage hors du com­mun.

L'Orne Combattante (FL) - - LA FERTÉ -

Plu­sieurs stages obli­ga­toires ponc­tuent les études pour de­ve­nir in­fir­mière. Mar­lène James et Lau­ra Mar­chand ont dé­ci­dé d’ef­fec­tuer leur der­nier stage de deuxième an­née en Inde, près de New Del­hi.

Un beau voyage

C’est dans le cadre de leurs études d’in­fir­mière à l’Ins­ti­tut de for­ma­tion Croix Rouge au Mans que Mar­lène et Lau­ra ont ef­fec­tué leur stage en Inde du 18 no­vembre au 17 dé­cembre 2016. Les deux jeunes femmes y ont ai­dé un mé­de­cin lo­cal dans le dis­pen­saire d’un bi­don­ville.

Et même si les dé­buts ont été dif­fi­ciles, « se la­ver au pi­chet a été com­pli­qué au dé­but, il nous a fal­lu quelques jour­nées d’adap­ta­tion », la dé­cou­verte de ce nou­veau monde leur a ap­por­té beau­coup. « On réa­lise qu’on est très chan­ceux, on se plaint alors qu’on a tout et eux n’ont rien ».

Les deux étu­diantes évoquent leur voyage avec pas­sion. Une mer­veilleuse ex­pé­rience, très riche, sur le plan hu­main avant tout. Car même si elles ont été « ac­cueillies comme des reines », elles ont pu créer un lien réel et au­then­tique avec la po­pu­la­tion lo­cale.

La force du re­gard

Leur prin­ci­pal moyen de com­mu­ni­ca­tion ? Le re­gard. « Très peu des per­sonnes que nous ren­con­trions par­laient an­glais. La bar­rière de la langue nous a fait dé­cou­vrir un nou­veau lan­gage ». Ce­lui de la com­mu­ni­ca­tion non ver­bale.

Une fa­çon d’échan­ger qui leur a per­mis une belle lec­ture de la po­pu­la­tion, pleine d’émo­tion. Comme cette après-mi­di où elles se sont ren­dues dans un camp très pauvre pour of­frir des vê­te­ments, des jouets et des ob­jets aux per­sonnes les plus dé­mu­nies.

« On a tout mis sur la table et les gens se sont re­grou­pés au­tour de nous, les re­gards di­saient beau­coup, ils étaient très émus et heu­reux », ra­conte Mar­lène James. « Je me sou­vien­drai tou­jours de cette dame qui avait le sou­rire jus­qu’aux oreilles parce qu’on lui avait don­né une brosse à dents, c’était un grand mo­ment d’émo­tion ».

Un autre monde

Ce sont d’ailleurs ces ex­pé­riences hu­maines, plus que les soins mé­di­caux, qui les ont mar­quées. « En ce qui concerne la mé­de­cine, nous n’avons pas ap­pris grand-chose car l’Inde a un re­tard consi­dé­rable par rap­port à la France ». Un exemple pro­bant en tête ? « Nous étions en tongs dans le bloc opé­ra­toire. Sans charlotte ou sur­blouse ».

Une dif­fé­rence dans l’ap­proche de l’hy­giène mais dans celle des pa­tients éga­le­ment qu’elles ont pu dé­cou­vrir dès le len­de­main de leur ar­ri­vée en as­sis­tant à une cé­sa­rienne. « Les mé­de­cins font ce qu’ils ont à faire sans se sou­cier du pa­tient ou de sa dou­leur, ils ne com­mu­niquent pas du tout, c’était très dur pour cette femme qui se tor­dait de dou­leur sans que per­sonne ne lui vienne en aide ».

Pe­tite com­mu­nau­té

Ce mode de fonc­tion­ne­ment en­gendre éga­le­ment une tout autre ap­proche du soin et de la prise en charge. « Quand nous sommes ar­ri­vées dans la mai­son de re­traite de la ville, nous avons été épa­tées de dé­cou­vrir que les per­sonnes âgées ne bé­né­fi­ciaient d’au­cun sui­vi mé­di­cal, au­cune aide soi­gnante n’était pré­sente non plus. Ils vivent tous en­semble dans des dor­toirs mé­lan­gés et sont très au­to­nomes. Ils ont tous un rôle bien dé­fi­ni ».

Cette pe­tite com­mu­nau­té de per­sonnes âgées qui fonc­tion­nait ha­bi­tuel­le­ment sans aide était très heu­reuse que des in­fir­mières prennent un peu soin d’eux, « ils fai­saient la queue pour nous voir ».

Là, les deux in­fir­mières en de­ve­nir ont pu exer­cer leur fu­ture pro­fes­sion. « Nous avons mis en place un car­net de sui­vi dans le­quel on in­di­quait leur nom, leur âge, leur constante (tem­pé­ra­ture, ten­sion, gly­cé­mie) et les choses à mettre en place pour les sou­la­ger. Un des mon­sieur par­lait an­glais et fai­sait donc la tra­duc­tion. Nous leur rap­por­tions en­suite des mé­di­ca­ments comme du si­rop ou de l’an­ti­dou­leur sans pres­crip­tion et aux frais de l’as­so­cia­tion Shan­ti avec la­quelle nous sommes par­ties ».

Au­jourd’hui de re­tour en France et toutes deux en troi­sième et der­nière an­née, elles comptent ob­te­nir leur di­plôme, in­té­grer le mar­ché du tra­vail et re­par­tir à l’étran­ger dès que pos­sible. Au­rore Du­pont-Sa­go­rin

Mar­lène James et Lau­ra Mar­chand, res­pec­ti­ve­ment 21 et 23 ans, en­tou­rées d’en­fants du bi­don­ville.

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