Asile de Ma­rie : « On a par­lé pour nous »

L'Orne Combattante (FL) - - SUISSE NORMANDE - Au­drey Che­val­lier

Au­tour de la table, une quin­zaine de sa­la­riés de l’éta­blis­se­ment d’hé­ber­ge­ment pour per­sonnes âgées dé­pen­dantes, de­puis un mois et de­mi pour le der­nier ar­ri­vé et de­puis 36 ans pour la doyenne de l’as­sem­blée. « Tout en sa­chant qu’il y a pas mal d’ab­sents qui sont aus­si par­tie pre­nante de cette ac­tion à notre ini­tia­tive. »

Ils dé­fendent la di­rec­trice

Quinze jours après la pu­bli­ca­tion de notre ar­ticle Har­cè­le­ment ou ca­lom­nies : que se passe-t-il à L’Asile Sainte-Ma­rie ?* (voir notre édi­tion du jeu­di 9 fé­vrier) une par­tie des per­son­nels a sou­hai­té faire en­tendre sa voix. « Tous les ser­vices sont là », ré­pète-t-on dans la salle.

« Nous consi­dé­rons que des per­sonnes ont par­lé pour nous. Nous ne sommes pas du tout d’ac­cord avec les pro­pos

qui ont pu être re­la­tés », com­mence Syl­vie Ho­chet, in­fir­mière co­or­di­na­trice dans l’éta­blis­se­ment de­puis oc­tobre. Cer­tains sa­la­riés et ex-sa­la­riés de l’éta­blis­se­ment pour per­sonnes âgées dé­pen­dantes L’Asile de Ma­rie avaient dé­non­cé, dans nos co­lonnes, des faits de har­cè­le­ment. La di­rec­trice, vi­sée, par­lait elle de

« ma­ni­pu­la­tion » et évo­quait « un tis­su de men­songes ».

Aides-soi­gnants, in­fir­mières, agents hô­te­liers, cui­si­niers ou membres de l’en­ca­dre­ment, réunis dans la salle du per­son­nel ven­dre­di 24 fé­vrier, n’ont pas ca­ché leur co­lère et leur désar­roi. « On a re­çu un coup de poi­gnard dans le dos », in­siste Fran­çoise Le­cou­sin, agent hô­te­lier de­puis 28 ans à l’Asile de Ma­rie, ap­puyée par ses col­lègues qui disent avoir dé­cou­vert l’af­faire dans nos co­lonnes. « On nous a clai­re­ment trai­tés de

mal­trai­tants », ren­ché­rie Syl­vie

Ho­chet. « On ne jette pas les gens

dans les lits », conti­nue Em­ma­nuel Malle, à l’en­tre­tien de­puis

22 ans. « Ces gens-là [les per­sonnes ayant dé­non­cé des faits de fli­cage et de har­cè­le­ment, N.D.L.R.] parlent de mal­trai­tance, mais, par leur ab­sence, on pour­rait dé­ri­ver très vite. » Fli­cage, har­cè­le­ment, ma­lêtre au tra­vail… ici, per­sonne n’y croit un traître mot. « Il va fal­loir nous don­ner des exemples », notent-ils évo­quant même des ar­rêts ma­la­dies « contes­tables ».

« Nous ne sommes pas non plus d’ac­cord avec les pro­pos qui ont pu tou­cher Ma­rie-Cé­line Huck, di­rec­trice de l’éta­blis­se­ment. Elle a été clai­re­ment ci­blée », pour­suit Syl­vie

Ho­chet. « La di­rec­trice peut être dans les cou­loirs mais elle n’est pas der­rière le per­sonne avec un chro­no­mètre. Ce sont des pro­pos in­ven­tés, men­son­gers. Pure in­ven­tion. On est libre. »

Dans cet éta­blis­se­ment vivent 87 ré­si­dents as­sis­tés par quelque 80 à 100 per­son­nels se­lon les mois.

« Après, on ne nie pas qu’on a du tra­vail. Quand on rentre dans un éta­blis­se­ment comme ce­lui-ci, on sait per­ti­nem­ment qu’il y a une charge de tra­vail. Ces per­sonnes n’ont pas d’âme soi­gnante », at­teste Syl­vie Ho­chet.

« Une ma­noeuvre de des­truc­tion »

Dis­po­nible, com­pé­tente, ou­verte, tous ici dé­crivent une di­rec­trice « qui a confiance en

son per­son­nel ». Un dis­cours dia­mé­tra­le­ment op­po­sé à ce­lui te­nu par les sa­la­riés ren­con­trés

quelques se­maines plus tôt.

« Quand on a pris quel­qu’un en cible, tous les ar­gu­ments sont va­lables. C’est de la mé­chan­ce­té », ré­pète

Syl­vie Ho­chet. « On est ja­mais ve­nu me voir pour me par­ler d’un pro­blème », té­moigne Syl­vie Mau­ger, dé­lé­guée du per­son­nel et aide-soi­gnante de­puis 37 ans. « Il y a une ma­noeuvre de des­truc­tion », com­prend Ch­loé Se­lingue, in­fir­mière co­or­di­na­trice au sein de l’éta­blis­se­ment de­puis

juillet 2012. « Il y a quelques an­nées, on a été élu pre­mière mai­son de re­traite du grand ouest par le Nou­vel Obs. Ça ne se fait pas en une se­maine une ré­pu­ta­tion comme ça. Par contre, la perdre… » Sou­te­nu par Jean-Léonce Du­pont, pré­sident du con­seil dé­par­te­men­tal, et les fa­milles de ré­si­dents qui « ont re­nou­ve­lé leur confiance », le groupe ne « se sent pas in­quié­té par ce genre de pro­pos ». « À un mo­ment don­né, il faut ré­pondre. On ne peut pas nous sa­lir comme ça. »

« Un coup de poi­gnard dans le dos »

Quinze jours après la pu­bli­ca­tion de notre ar­ticle Har­cè­le­ment ou ca­lom­nies : que se passe-t-il à L’Asile Sainte-Ma­rie à Thu­ry-Har­court ?* une par­tie des per­son­nels a sou­hai­té faire en­tendre sa voix pour dé­fendre leur éta­blis­se­ment et sa di­rec­trice.

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