Un coif­feur bé­né­vole

Un coif­feur flé­rien a dé­ci­dé de tra­vailler bé­né­vo­le­ment chaque se­maine pour coif­fer les bé­né­fi­ciaires des Res­tos du coeur. Por­trait.

L'Orne Combattante (FL) - - LA UNE -

De­puis un mois en­vi­ron, l’an­tenne des Res­tos du coeur de Flers, si­tuée rue du Com­man­dant-Char­cot, compte un nou­veau bé­né­vole dans ses rangs.

Za­raak Khan donne de son temps, chaque mar­di, de 9 heures à mi­di, pour ve­nir coif­fer bé­né­vo­le­ment les bé­né­fi­ciaires. Pour­tant, ce pro­fes­sion­nel, pa­tron du sa­lon de coif­fure Evo­lu’Tif, rue de la Boule, à Flers, est dé­jà bien oc­cu­pé par son com­merce.

« Pour rendre ser­vice »

« J’ai lu sur le jour­nal que les Res­tos du coeur cher­chaient un coif­feur », se rap­pelle-t-il. Tout na­tu­rel­le­ment, Za­raak Khan a pro­po­sé ses ser­vices et son sa­voir-faire. « J’ai tou­jours été près des gens et à rendre ser­vice », confie le coif­feur.

Se­lon lui, s’il peut se li­bé­rer de son com­merce pour don­ner du temps aux autres, c’est aus­si grâce à son équipe. « J’ai la chance d’avoir trois em­ployées en qui j’ai confiance. C’est une bonne équipe qui tourne ».

Le com­mer­çant a éga­le­ment trou­vé au sein des Res­tos du coeur des per­sonnes ac­cueillantes et un « beau lo­cal pour tra­vailler ». L’an­tenne de Flers dis­pose, en ef­fet, d’un sa­lon avec deux fau­teuils. « J’ai juste à ap­por­ter mes ci­seaux et mes ou­tils », se ré­jouit Za­raak Khan.

Ici, il coiffe tout le monde comme dans son propre sa­lon, femmes, hommes et en­fants. « C’est le même mé­tier », sou­rit-il. A une seule dif­fé­rence près, c’est qu’il ne peut pas faire d’opé­ra­tions tech­niques comme une per­ma­nente ou une cou­leur. A part ça, rien ne change.

Chaque se­maine, le bé­né­vole coiffe trois à quatre per­sonnes. « J’ai­me­rais qu’il y ait plus de monde. Mais c’est le dé­but ». Se­lon lui, « il ne faut sur­tout pas avoir peur de ve­nir ». « C’est une dé­marche qui n’est pas évi­dente », ac­quiesce Pa­trice Bi­dault, res­pon­sable des Res­tos du coeur de Flers.

« Peut-être qu’un jour, je se­rais là »

Le coif­feur fait tout pour mettre les gens à l’aise, comme dans son sa­lon. Et loin de lui l’idée de por­ter un ju­ge­ment sur ses clients. « Peut être qu’un jour, moi aus­si, je se­rais là et que c’est la per­sonne qui est dans ce fau­teuil qui me coif­fe­ra », ima­gine Za­raak Khan.

Pa­trice Bi­dault est ra­vi de cet en­ga­ge­ment. « Les gens sont tous sa­tis­faits », as­sure-t-il. Il sait aus­si d’ex­pé­rience que ce pro­fes­sion­nel est une perle rare.

Avant de de­ve­nir coif­feur, Za­raak Khan a tra­vaillé 23 ans à l’usine Ho­ney­well, à Con­dé­sur-Noi­reau.

Après la fer­me­ture du site, en 2013, ses in­dem­ni­tés de li­cen­cie­ment lui ont per­mis de se lan­cer dans un nou­veau pro­jet pro­fes­sion­nel.

Il s’est for­mé au mé­tier de coif­feur et, en sep­tembre 2015, il a re­pris le sa­lon de coif­fure Evo­lu’Tif, à Flers, ou­vert du lun­di après-mi­di au sa­me­di soir. Le com­mer­çant n’ou­blie pas pour au­tant les va­leurs d’en­traide. Il a d’ailleurs d’autres pro­jets so­li­daires en tête…

M. M.

Chaque mar­di, Za­raak Khan, le pa­tron du sa­lon Evo­lu’Tif, à Flers, coiffe bé­né­vo­le­ment les bé­né­fi­ciaires des Res­tos du coeur.

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