Un manque d’eau pré­oc­cu­pant

Le syn­di­cat dé­par­te­men­tal de l’Eau tire la son­nette d’alarme. Les nappes d’eau sou­ter­raine sont à leur plus bas ni­veau de­puis 20 ans.

L'Orne Combattante (FL) - - LA UNE - An­toine Sau­vêtre

« On peut par­ler d’une sé­che­resse hi­ver­nale », s’in­quiète Pa­trick Cou­sin, vice-pré­sident du Syn­di­cat Dé­par­te­men­tal de l’Eau (SDE) dans l’Orne.

« Nous en sommes au hui­tième mois de dé­fi­cit et ce­la ne de­vrait pas s’ar­ran­ger puisque nous ar­ri­vons à la fin de l’hi­ver », com­plète Flo­rence Vi­vien, di­rec­trice du SDE.

Un hi­ver sec

De­puis les fortes pré­ci­pi­ta­tions des mois de mai et juin 2016, la pluie a dé­ser­té le dé­par­te­ment.

Au poste d’Alen­çon par exemple, seule­ment 35,4 mil­li­mètres d’eau de pluie ont été re­le­vés en sep­tembre 2016 alors que la nor­male pour ce mois est de 61,8 mm. Même chose en oc­tobre avec 21,9 mm contre 75,9 mm nor­ma­le­ment et en dé­cembre avec 22,1 mm contre 83,5 mm.

Contrai­re­ment à l’an­née pré­cé­dente, l’hi­ver sec se pro­longe de­puis le dé­but d’an­née 2017 avec près de trois fois moins de pluie en jan­vier 2017 qu’en jan­vier 2016.

Les der­niers re­le­vés du mois de fé­vrier ne sont pas plus ré­jouis­sants avec 44 mm contre 55 ha­bi­tuel­le­ment.

Risques de pé­nu­rie

Consé­quence di­recte de ce manque de pluie : les nappes d’eau sou­ter­raine ne se rem­plissent pas as­sez et leurs ni­veaux sont « bien en des­sous de la moyenne et même, à cer­tains en­droits, en des­sous du ni­veau mi­ni­mum. »

« L’Ouest du dé­par­te­ment, dans le Bo­cage, est le plus tou­ché et la si­tua­tion est moins ten­due dans Le Perche, à l’Est », dé­taille Flo­rence Vi­vien. Mais « glo­ba­le­ment, la si­tua­tion est pré­oc­cu­pante dans

tout le dé­par­te­ment. »

Des res­tric­tions cet été ?

« Avec le prin­temps qui ar­rive, l’ef­fet d’éva­po­ra­tion d’eau va s’ac­cen­tuer et les plantes vont aus­si consom­mer plus d’eau. S’il n’y a pas de fortes pluies dans les deux mois qui viennent, la si­tua­tion va se com­pli­quer da­van­tage. » Au bout : le risque ra­pide d’une pé­nu­rie et la né­ces­si­té de mettre en place des res­tric­tions pour tous les consom­ma­teurs.

Or ce sont ces nappes qui ali­mentent en eau les ha­bi­ta­tions, les in­dus­tries et cer­taines ex­ploi­ta­tions agri­coles qui dé­pendent des cours d’eau, eux-mêmes liés au ni­veau de re­charge des nappes. Sans pluie, cer­tains cours d’eau se­ront « vrai­sem­bla­ble­ment à sec ». Pour d’autres, un dé­bit trop faible me­na­ce­rait la vie aqua­tique.

« Notre rôle est de sen­si­bi­li­ser sur la consom­ma­tion d’eau et d’aler­ter sur la si­tua­tion. C’est en­suite à la pré­fec­ture, aver­tie du pro­blème ac­tuel, qui dé­ci­de­ra ou non de prendre des me­sures de res­tric­tions », ajoute la di­rec­trice du SDE.

Pas de plan B

Or le dé­par­te­ment n’est pas le mieux équi­pé pour faire face à une pé­nu­rie d’eau. En ef­fet, les nappes d’eau les plus rem­plies ne peuvent pas for­cé­ment ali­men­ter les zones en pé­nu­rie. « Il existe quelques in­ter­con­nexions dans les ré­seaux mais elles ne per­mettent pas du tout de des­ser­vir tout le dé­par­te­ment, et no­tam­ment les zones les plus tou­chées… » Il existe éga­le­ment quelques syn­di­cats d’achat d’eau avec la Mayenne par exemple, mais cette so­lu­tion est « coû­teuse et seule­ment ponc­tuelle ». Sur­tout, la si­tua­tion n’est pas for­cé­ment meilleure dans les dé­par­te­ments voi­sins. La Sarthe et le Cal­va­dos no­tam­ment connaissent des pro­blèmes si­mi­laires.

Les ni­veaux d’eau au 1er mars. Il faut sou­hai­ter que les pré­ci­pi­ta­tions soient abon­dantes d’ici la fin avril pour sé­cu­ri­ser la si­tua­tion.

Flo­rence Vi­vien, di­rec­trice du Syn­di­cat Dé­par­te­men­tal de l’Eau, et Pa­trick Cou­sin, 1er vice-pré­sident, tire la son­nette s’alarme dans l’Orne.

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