Pliée, à plat ou en bo­bine, la no­tice de Ton­nel­lier s’adapte

L'Orne Combattante (FL) - - CONDÉ ET SON PAYS - M.T.

Ton­nel­lier est spé­cia­li­sée dans l’im­pres­sion de no­tices pour la san­té et la cos­mé­tique. En plus de 100 ans, cette en­tre­prise fa­mi­liale a su s’adap­ter aux évo­lu­tions et sur­tout aux de­mandes des in­dus­triels.

Nous avons tous eu entre nos mains des no­tices de boîtes de mé­di­ca­ments. Dites-vous qu’il y a de fortes chances que ces bouts de pa­pier, im­pec­ca­ble­ment bien pliés, soient pas­sés dans l’usine du groupe Ton­nel­lier. Di­ri­gé par Be­noît Du­quesne, 60 ans, le groupe a sa mai­son mère à Con­dé-sur-Noi­reau, dans la zone ar­ti­sa­nale.

« Nous avons tou­jours été à Con­dé », pré­cise le di­ri­geant. C’est en 1909 que l’im­pri­me­rie est créée en centre-ville, rue Jules Ger­main, par Jo­seph Ton­nel­lier, l’ar­rière grand-père de Be­noît Du­quesne.

Des dé­buts rue Jules Ger­main

Dans les an­nées 30, Jean Ton­nel­lier, le fils de Jo­seph, est à la tête de l’af­faire. Ce der­nier épouse une fille de phar­ma­cien. « C’est à par­tir de là que le tra­vail avec le monde de la phar­ma­cie a com­men­cé. L’en­tre­prise tra­vaille avec des of­fi­cines puis les in­dus­tries phar­ma­ceu­tiques dans les an­nées 50 », ex­plique Be­noît Du­quesne.

Les no­tices sont à cette époque pliées à la main. En 1976, l’im­pri­meur quitte le centre-ville pour al­ler dans la zone ar­ti­sa­nale. « Un an de chiffre d’af­faires est in­ves­ti dans un bâ­ti­ment et une ro­ta­tive. » Be­noît Du­quesne fait son ar­ri­vée dans les an­nées 80. De gros moyens sont alors in­ves­tis dans des ma­chines d’im­pres­sion et de pliage.

4 000 tonnes de ma­tière pre­mière

Pré­pa­ra­tion des plaques en off-set, im­pres­sion à par­tir de feuilles ou de bo­bines, dé­cou­page et en­fin pliage. Voi­ci les étapes clés de la fa­bri­ca­tion des no­tices pour la san­té, la cos­mé­tique et l’agroa­li­men­taire.

4 000 tonnes de ma­tière pre­mière sont consom­mées chaque an­née pour pré­pa­rer des no­tices à plat, pliées ou en bo­bines.

Le site de Con­dé-sur-Noi­reau pos­sède une qua­ran­taine de plieuses. « Le pli phar­ma­ceu­tique est un pli bien par­ti­cu­lier. Ce sont de pe­tites ma­chines qui font du tra­vail com­plexe », avance Hé­lène Du­quesne, 35 ans, la fille du di­ri­geant.

« Il faut comp­ter entre 100 000 et 400 000 eu­ros une ma­chine de pliage. Pour l’im­pres­sion, c’est plus cher », ajoute ce der­nier.

La par­tie fa­çon­nage et pliage sont le gros du mé­tier. Sur ces deux as­pects, il faut faire avec les évo­lu­tions de la ma­tière pre­mière.

« Le gram­mage moyen évo­lue à la baisse entre un quart et un de­mi-gramme par an. Il est en moyenne de 46 g par m². Mais au­jourd’hui nous sommes à 40, 37 voire 32 », dé­taille Vian­ney Du­quesne, 26 ans, le fils du di­ri­geant.

Une des der­nières no­tices fa­bri­quées fai­sait 32 grammes par m² avec 150 vo­lets.

Par ailleurs, les de­mandes des clients ont elles aus­si évo­lué. « La taille de la no­tice aug­mente. Pour que ce­la entre dans les boîtes, il faut ré­duire l’épais­seur. »

Le groupe qui compte 300 col­la­bo­ra­teurs dont 160 à Con­dé doit faire face à plu­sieurs dé­fis.

« Des no­tices de plus en plus com­plexes. La ty­po­lo­gie évo­lue aus­si. Pour ce­la, nous de­vons gar­der un ni­veau de tech­nique éle­vé no­tam­ment dans notre ma­té­riel. » Le groupe a in­ves­ti 1 700 000 € ré­cem­ment dans une très grosse ma­chine qui peut im­pri­mer du car­ton jus­qu’à 1 mil­li­mètre d’épais­seur.

« Nous avons aus­si trois autres sites à Gre­zieu-la-Va­renne dans la ré­gion Lyon, à Châ­tel­le­rault et l’im­pri­me­rie Mal­herbe, à Car­pi­quet », ajoute Hé­lène Du­quesne. Trois en­tre­prises ra­che­tées en 2004, 2006 et 2008. Le groupe réa­lise 18 % de son chiffre d’af­faires à l’ex­por­ta­tion. « Un chiffre qui aug­mente. »

Pour at­ti­rer les clients, Ton­nel­lier tra­vaille aus­si sur le dé­ve­lop­pe­ment de pro­duits in­no­vants. « Quand une no­tice grand for­mat est pliée, elle est ri­gide, épaisse et dif­fi­cile à in­sé­rer. Nous avons créé une ar­ti­cu­la­tion, une as­tuce toute bête avec une zone où il y a moins de ma­tière », dé­voile Hé­lène Du­quesne.

Be­noît Du­quesne est en­tou­ré de son fils, Vian­ney et de sa fille, Hé­lène.

4 000 tonnes de ma­tière pre­mière sont consom­mées par an.

L’usine de Con­dé dis­pose de nom­breuses plieuses.

Le pliage est une étape clé.

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