« Nos textes sont le re­flet de nos vies »

L'Orne Combattante (FL) - - TINCHEBRAY ET SON PAYS -

Ils ont 18 et 19 ans, se connaissent de­puis des an­nées, Thi­baut Du­pré et Ni­no Mau­ry Tra­mon­ta­na sont de­ve­nus co­lo­ca­taires à Caen pour leurs études. STAPS pour l’un, éco­no­mie pour l’autre, les deux Tin­che­brayens par­tagent une même pas­sion pour le Rap¨.

« De­puis tout pe­tit j’écoute du Rap, ex­plique Thi­baut, mais j’ai com­men­cé à écrire il y a deux ans et de­mi, je parle de tout ce qui me passe par la tête, mes textes sont des re­flets de mor­ceaux de ma vie, des mor­ceaux d’une heure ou d’un an, c’est ce qui ins­pire l’hu­meur de la com­po­si­tion ».

Ni­no berce dans la mu­sique de­puis tou­jours, il pra­tique la bat­te­rie de­puis des an­nées et in­ter­vient par­fois avec des

groupes. « Mon uni­vers était loin du Rap. Les mu­si­ciens que je cô­toie consi­dèrent le Rap comme un genre mu­si­cal mar­gi­nal, c’est pour­tant l’un des plus écou­tés mais il souffre de nom­breux cli­chés. Mal­gré un grand nombre d’amal­games, de base le Rap sert à faire pas­ser des mes­sages, c’est pour ce­la qu’il se fait en fran­çais, le rap porte la voix des jeunes, il té­moigne de leur prise de po­si­tion ».

Exu­toire

Les deux jeunes amis ont na­tu­rel­le­ment com­men­cé à écrire de nou­veaux textes en­semble « après une mau­vaise jour­née, l’écri­ture est exu­toire, on peut s’éva­der, ce phé­no­mène n’est pas propre au Rap mais à tous les arts » ex­plique Thi­baut. Le Rap ac­com­pagne toutes les jour­nées des deux étu­diants « il y a les études, le sport, les potes, la fa­mille, mais le rap n’est ja­mais loin et s’in­tègre à toute notre vie »

Sur in­ter­net, il existe des sites qui pro­posent des ins­tru­men­ta­li­sa­tions libres « je de­mande à l’au­teur si je peux uti­li­ser sa mu­sique pour mes textes af­firme Ni­no, la ré­ponse est tou­jours po­si­tive. En gé­né­ral, ils sont plu­tôt contents que leur tra­vail serve de sup­port à quelque chose ».

Les at­ten­tats de Pa­ris ont ins­pi­ré les deux ar­tistes qui ont écrit « Sept » en ré­fé­rence à Char­lie Heb­do. Leur deuxième tra­vail en com­mun « Pres­tige » a été ins­pi­ré du film du même nom.

Leurs co­pains trouvent ce­la bien « même s’ils n’aiment pas for­cé­ment mu­si­ca­le­ment, ils trouvent bien ce par­tage car la mu­sique, c’est du par­tage, quand on est fier de son tra­vail, on a en­vie de le mon­trer de le par­ta­ger, nos mor­ceaux sont sur sound­cloud et youtube » pré­cise Ni­no.

Ren­con­trer d’autres per­sonnes

« On ai­me­rait ren­con­trer d’autres per­sonnes comme nous, il existe une as­so­cia­tion à Caen « La Cen­tri­fu­geuse » qui re­groupe des ar­tistes, nous nous y in­té­res­sons et vou­lons que d’autres se lancent. Cer­tains ont peur, c’est une grosse étape que de lan­cer ses clips de Rap sur le net, mais ce­la vaut la peine d’être vé­cu ».

Une fois pas­sée la stu­pé­fac­tion, les pa­rents de Ni­no et Thi­baut sont de­ve­nus leurs fans « ils nous sou­tiennent, ils sont les pre­miers à écou­ter nos textes sur l’or­di­na­teur, par­fois ils posent des ques­tions, ils donnent leurs pré­fé­rences. Mais ils ne sont pas sur­pris, ils nous connaissent, nos mu­siques nous res­semblent, nos idées, c’est ce que l’on vit. » Si Thi­baut se livre fa­ci­le­ment à tra­vers les lignes qu’il écrit, Ni­no est plus ré­ser­vé « cer­tains textes sor­ti­ront un jour, mais il faut du temps pour que ce­la mû­risse ».

Pour le mo­ment, les titres du duo dif­fu­sés sur Youtube sont illus­trés de pho­tos, d’images fixes. Mais plus pour long­temps, Ni­no et Thi­baut ont com­men­cé un tra­vail avec Maxence Pom­mier, un co­pain étu­diant qui en­re­gistre et réa­lise des clips.

Bien­tôt un clip

Le pro­chain clip se­ra sur le thème de la jus­tice, les images

se­ront tour­nées sur Caen « nous al­lons nous mettre en scène, pro­ba­ble­ment avec d’autres co­pains ; C’est une pre­mière étape im­por­tante pour

nous, il faut du temps et des moyens » Après ce clip, les deux amis

avi­se­ront « on ver­ra com­ment les gens ré­agissent, on a en­core beau­coup de dé­fauts, mais nous avons une di­zaine de textes en pré­pa­ra­tion. nous al­lons les peau­fi­ner »

Leur rêve « l’apo­théose se­rait de pou­voir se pro­duire sur scène, peut être qu’un jour nous pour­rons al­ler à » « La Cas­tagne », c’est un en­droit à Caen qui per­met de mon­ter sur scène en pré­sen­tant ses im­pros. Mais on n’est pas en­core to­ta­le­ment prêts pour ce­la, il faut ti­rer un mot au sort, puis on nous laisse 5 h pour im­pro­vi­ser un mor­ceau « »

Pour le mo­ment, Ni­no et Thi­baut savent qu’ils peuvent comp­ter l’un sur l’autre « on n’est pas un groupe, mais il y a une belle col­la­bo­ra­tion entre nous, nous sommes un sou­tien l’un pour l’autre ».

Ni­no et Thi­baut, deux Tin­che­brayens qui par­tagent une même pas­sion pour la mu­sique.

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