Trois in­ter­ve­nants pour com­prendre et ai­der les ados

Après l’im­passe de 2016, l’opé­ra­tion portes ou­vertes du col­lège Re­né-Cas­sin est re­ve­nue à l’ordre du jour au sein de l’éta­blis­se­ment.

L'Orne Combattante (FL) - - ATHIS ET SON PAYS -

Athis-de-l’Orne.

À l’oc­ca­sion des portes ou­vertes du col­lège Re­né Cas­sin d’Athis, le sa­me­di 18 mars, l’As­so­cia­tion des pa­rents d’élèves avait in­vi­té dif­fé­rents ac­teurs pour sen­si­bi­li­ser pa­rents et jeunes, aux pro­blèmes ren­con­trés à l’ado­les­cence, et ré­pondre à leurs ques­tion­ne­ments.

Dan­gers des nou­velles tech­no­lo­gies

Le Lieu­te­nant de gen­dar­me­rie Fran­cis Néel, com­man­dant la com­mu­nau­té de bri­gades de Flers, est in­ter­ve­nu pour ex­pli­quer les dan­gers des nou­velles tech­no­lo­gies et d’in­ter­net.

« Les ados peuvent être ex­po­sés à des images cho­quantes, telles que la por­no­gra­phie, des com­por­te­ments dan­ge­reux, la vio­lence ou en­core avoir des in­for­ma­tions fausses. Il y a des sites en­cou­ra­geant à l’adop­tion de com­por­te­ments spé­ci­fi­que­ment dan­ge­reux, comme l’ano­rexie pour res­sem­bler aux idoles de la mode, ou en­core in­ci­tant à des conduites sui­ci­daires ou van­tant la consom­ma­tion de l’al­cool par des jeux. »

In­ter­net peut être une source d’in­for­ma­tion, mais aus­si de pla­giat ou de dés­in­for­ma­tion.

« At­ten­tion à la di­vul­ga­tion de don­nées per­son­nelles, li­mi­tez la vi­si­bi­li­té de vos pu­bli­ca­tions à vos amis, sur Fa­ce­book. Toute in­for­ma­tion lais­sée sur in­ter­net de­vient pu­blique et in­dé­lé­bile et peut être uti­li­sée à votre in­su. Ne dis­cu­tez pas avec n’im­porte qui et ne dé­voi­lez pas votre vie pri­vée à une per­sonne que vous ne connais­sez pas. »

Il a conseillé aux jeunes de me­su­rer leurs pro­pos, les in­jures, dis­cours de haine, dif­fa­ma­tion sont in­ter­dits par la loi et amènent des pour­suites ju­di­ciaires.

Le Lieu­te­nant Néel a aus­si abor­dé les jeux vi­déo, « il y a dan­ger s’ils ne sont pas adap­tés à votre âge ni à votre propre sen­si­bi­li­té et peuvent in­ci­ter à la ba­na­li­sa­tion de la vio­lence. Il y a éga­le­ment un risque de déso­cia­li­sa­tion, ap­pre­nez à faire des pauses et li­mi­tez les ho­raires, car il y a un risque de dé­pen­dance. »

Concer­nant les té­lé­phones por­tables, il a en­ga­gé les ados à se mé­fier de ce qu’ils en­voient et sur­tout à qui, les pho­tos pou­vant être en­suite dif­fu­sées plus lar­ge­ment de fa­çon vou­lue ou non vou­lue.

Al­cool

L’as­so­cia­tion Vie libre de Condé-en-Nor­man­die ré­pon­dait aux ques­tions concer­nant l’ad­dic­tion à l’al­cool. Vie libre est un mou­ve­ment d’en­traide agis­sant pour la gué­ri­son des ma­lades de l’al­cool et la pré­ven­tion de cette ma­la­die.

« En France, 25,6 % des jeunes de 17 ans ont été ivres au moins trois fois dans l’an­née qui pré­cède. Même s’il y a une sta­bi­li­té de l’ivresse ré­pé­tée chez les jeunes, il y a une aug­men­ta­tion des ivresses oc­ca­sion­nelles et des ex­pé­ri­men­ta­tions. En Bas­seNor­man­die, l’al­coo­li­sa­tion et l’ivresse des ado­les­cents sont par­ti­cu­liè­re­ment mar­quées, la ré­gion ap­pa­raît au 5e rang sur 22, en ma­tière d’al­coo­li­sa­tion et d’ivresses des jeunes de 17 ans. Chaque an­née de­puis 2006, les hos­pi­ta­li­sa­tions des jeunes liées à l’al­cool ne cessent d’aug­men­ter. »

Une ten­dance chez les jeunes est l’hyper al­coo­li­sa­tion, ap­pe­lée « binge drin­king » ou « la cuite ex­press ». Il s’agit de boire beau­coup d’al­cool en peu de temps. De très fortes doses d’al­cool peuvent pro­vo­quer un co­ma éthy­lique qui né­ces­site une hos­pi­ta­li­sa­tion en ur­gence et qui peut, faute de soins, pro­vo­quer la mort. D’autres com­pli­ca­tions peuvent in­ter­ve­nir, comme des lé­sions au cer­veau ir­ré­ver­sibles et sur­ve­nant à court terme.

Pour se faire ai­der, ou sa­voir com­ment ai­der un jeune, contac­ter Vie libre au 02 33 64 13 87 ou 06 87 40 47 97 ou 02 31 69 76 28, « nous nous oc­cu­pons de l’aide aux ma­lades et de leur en­tou­rage, avant, pen­dant et après les soins. On peut se dé­pla­cer à do­mi­cile ou à l’hô­pi­tal. Nous fai­sons des réu­nions men­suelles, le 2e sa­me­di de chaque mois, ou­vertes à tous, jeunes et adultes. Au­jourd’hui, nous met­tons en garde les jeunes contre les mé­faits de l’al­cool, de la drogue et nous les conseillons. »

L’ado, cet in­con­nu

Ma­rie-Pierre Du­bois, psy­cho­logue au centre de san­té de Pont-d’Ouilly, a ré­pon­du aux ques­tions des pa­rents sur les com­por­te­ments de leur ado­les­cent, « l’ado­les­cence est une phase de tra­ver­sée vers l’in­con­nu. J’ex­plique aux pa­rents plu­sieurs points qui leur per­mettent de voir ce qui est nor­mal dans le dé­ve­lop­pe­ment d’un ado, pour pou­voir adap­ter leur ac­com­pa­gne­ment de ce jeune en tran­si­tion. Je donne aux pa­rents quelques clés pour com­prendre et ac­com­pa­gner leur jeune, et re­con­naître des signes qui pour­raient aler­ter ou in­quié­ter. Mais il faut sa­voir que 80 à 85 % des ados vont bien. Les 20 % qui ne vont pas bien ont be­soin d’aides de la part des adultes et pas seule­ment des pa­rents, qui ont tout de même un rôle ma­jeur. J’aide les pa­rents à re­pé­rer qui est l’ado, pour les ras­su­rer et qu’ils aient des pistes pour re­pé­rer et ac­com­pa­gner leur jeune dans ses nou­veaux be­soins. »

Les membres de l’as­so­cia­tion Vie libre ont sen­si­bi­li­sé les jeunes aux pro­blèmes de l’al­cool.

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