L’évêque condamne l’agres­sion sexuelle sur mi­neur par un prêtre à Dom­front

Par un com­mu­ni­qué, l’évêque de Séez a condam­né l’agres­sion sexuelle sur mi­neure com­mise par un cu­ré de Dom­front. Les faits se sont dé­rou­lés il y a 30 ans. Le par­quet d’Ar­gen­tan a ou­vert une en­quête pré­li­mi­naire.

L'Orne Combattante (FL) - - BOCAGE SUISSE NORMANDE ET ENTRE -

Le dio­cèse de Séez a fait écla­ter la vé­ri­té : sai­si par une vic­time d’une plainte pour agres­sion sexuelle sur mi­neure com­mise par un cu­ré de Dom­front, l’évêque Mgr Ha­bert a pu­blié ce jeu­di 23 mars, un com­mu­ni­qué condam­nant les faits. « Il n’y a pas de pres­crip­tion pour la souf­france », a-t-il dé­cla­ré. C’est la pre­mière fois que le dio­cèse de Séez en­tre­prend une telle dé­marche.

Une en­quête ou­verte

Une plainte pour agres­sion sexuelle sur mi­neur vi­sant le père Da­niel Prunier, an­cien cu­ré de Dom­front, a été dé­po­sée en gen­dar­me­rie. Elle concerne des faits per­pé­trés à plu­sieurs re­prises et du­rant plu­sieurs mois sur une de ses pa­rois­siennes, ly­céenne et mi­neure, il y a 30 ans.

Le prêtre soup­çon­né d’agres­sions sexuelles se­ra-t-il pour­sui­vi ? Le par­quet d’Ar­gen­tan a ou­vert une en­quête pré­li­mi­naire.

Ces faits de­vront être vé­ri­fiés par les en­quê­teurs de la bri­gade de gen­dar­me­rie de Dom­front. Les in­ves­ti­ga­tions s’an­noncent néan­moins dif­fi­ciles puisque les faits pour­raient re­mon­ter à une tren­taine d’an­nées. De quoi craindre une pres­crip­tion ? « Pour le mo­ment, je ne peux com­men­ter une éven­tuelle pres­crip­tion des faits, in­dique le pro­cu­reur d’Ar­gen­tan. En ma­tière d’agres­sions sexuelles, il existe de nom­breux textes de lois. L’en­quête n’en est qu’à ses dé­buts ».

Le ma­gis­trat pré­cise par ailleurs que pour l’heure, le prêtre soup­çon­né n’a pas en­core été en­ten­du.

Le cu­ré a re­con­nu les faits

Bien connu de la po­pu­la­tion, le cu­ré vit à Dom­front de­puis la fin des an­nées 1970. Agé de 92 ans, il est au­jourd’hui « très ma­lade et en fin de vie », confiait le dio­cèse de Séez.

La vic­time s’était ma­ni­fes­tée au­près de la jus­tice dès 1998, mais à l’époque le dé­lai de pres­crip­tion n’était que de dix ans et les faits da­taient de douze ans. Elle avait éga­le­ment ren­con­tré l’évêque de l’époque, Mgr Du­bi­geon, qui avait convo­qué le prêtre. Ce der­nier avait re­con­nu une pre­mière fois les faits et de­man­dé par­don à la vic­time. À l’époque, l’agres­sion sexuelle n’avait pas été ré­vé­lée pu­bli­que­ment.

Dans sa re­cherche de jus­tice et de vé­ri­té, la vic­time, qui ha­bi­tait à Dom­front au mo­ment des faits, s’est en­tre­te­nue avec l’évêque de Séez fin fé­vrier. Aus­si­tôt, Mgr Ha­bert est al­lé ren­con­trer l’ab­bé Prunier, qui a re­con­nu les faits. « L’évêque a en­suite fait un si­gna­le­ment au­près du pro­cu­reur, ce qui a dé­clen­ché une en­quête au­près de la gen­dar­me­rie ». Dans le cadre de l’en­quête, Mgr Ha­bert a éga­le­ment été au­di­tion­né.

Une en­quête en cours

« C’est la seule vic­time qui a été por­tée à notre connais­sance », in­dique le dio­cèse, qui in­vite toute vic­time à se ma­ni­fes­ter en écri­vant un email à l’adresse ecoute.vic­times61@ dio­ce­se­seez.org.

« Pour ce genre de faits, la pres­crip­tion est de 20 ans, mais les gen­darmes mènent quand même une en­quête pour sa­voir s’il y a d’autres vic­times », pour­suit le ser­vice com­mu­ni­ca­tion du dio­cèse de Séez.

Y au­ra-t-il des sanc­tions prises à l’en­contre de l’ex cu­ré de Dom­front, Da­niel Prunier ?

Pas d’in­for­ma­tions à ce su­jet pour le mo­ment. Pré­ci­sons tou­te­fois que l’église a la pos­si­bi­li­té de dé­clen­cher un pro­cès ca­no­nique. « Le prin­ci­pal pour la vic­time, c’est que l’on ait re­con­nu la vé­ri­té. Et c’est bien elle, la prio­ri­té ».

Le ser­vice com­mu­ni­ca­tion du dio­cèse or­nais pré­cise : « La vic­time n’a au­cune ani­mo­si­té en­vers l’église, mais elle a un fort dé­sir de vé­ri­té ».

In­vi­ter les vic­times à se ma­ni­fes­ter

Ces ré­vé­la­tions peuvent-elles avoir un lien avec l’émis­sion très mé­dia­ti­sée Cash in­ves­ti­ga­tion, dif­fu­sée sur France 2 mar­di 21 mars 2017 ? « Ce n’est en rien la con­sé­quence de cette émis­sion », as­sure l’évêque Jacques Ha­bert. « J’ai ren­con­tré la vic­time fin fé­vrier, il était dif­fi­cile d’agir plus ra­pi­de­ment ». Entre-temps, il a no­tam­ment fal­lu s’as­su­rer de la vé­ra­ci­té des faits.

« Je tiens à dire ma com­pas­sion à la vic­time et in­vite d’éven­tuelles autres vic­times à se ma­ni­fes­ter. Je suis dis­po­nible pour les ac­cueillir. Le très long tra­vail de re­cons­truc­tion passe par le be­soin que la vé­ri­té soit dite. Voi­là qui est fait », conclut l’Évêque.

Le prêtre sus­pec­té en­court jus­qu’à 20 ans de ré­clu­sion cri­mi­nelle.

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