Les re­ven­di­ca­tions des pa­rents semblent avoir été en­ten­dues

L'Orne Combattante (FL) - - PUTANGES ET SON PAYS -

Mer­cre­di 29 mars, les pa­rents d’élèves ont blo­qué l’en­trée de l’école de Ba­zoches avec des bottes de foin et ras­sem­blé les en­fants dans la salle des fêtes.

Élus, pa­rents et en­fants ont chan­té une bonne par­tie de la ma­ti­née, leur chant de lutte, sur l’air de Juste une pe­tite chan­son des En­foi­rés, « Une pe­tite chan­son de NON, pour ceux qui sont contre les classes sur­char­gées et les in­éga­li­tés… pour sau­ver notre classe, pour gar­der notre maî­tresse, gar­der notre confort et pou­voir tra­vailler… on se­ra bien 116 à la ren­trée pro­chaine, donc au­cune rai­son de nous tas­ser comme des mou­tons… »

Lae­ti­tia Ro­quart, pré­si­dente de l’APE, note que « notre chan­son est sur les ré­seaux so­ciaux, nous vou­lons que l’on nous écoute et sur­tout que l’ins­pec­tion aca­dé­mique nous en­tende. »

Vi­site de l’ins­pec­trice aca­dé­mique

Jeu­di 30 mars, les pa­rents étaient encore de­vant l’école et en blo­quaient l’en­trée. Pour li­bé­rer la salle des fêtes ser­vant de can­tine aux en­fants le mi­di, les éco­liers étaient ac­cueillis dans la cour de l’école, sans ac­cès aux classes.

Lau­rence Brillaud, ins­pec­trice de la cir­cons­crip­tion d’Ar­gen­tan, re­pré­sen­tant le di­rec­teur aca­dé­mique, est venue écou­ter les do­léances des pa­rents et ré­pondre à leurs ques­tion­ne­ments.

« Je suis un rouage de trans­mis­sion », ex­plique Lau­rence Brillaud. « J’ai ren­con­tré les élus de votre ter­ri­toire, dé­but jan­vier. Nous avons ac­té qu’il y au­ra plus d’élèves que ce nous avions comp­té. Mais au­près du CDEN (Conseil Dé­par­te­men­tal de l’Edu­ca­tion Na­tio­nale), la dé­ci­sion est prise. Le CDEN est une ins­tance sta­tu­taire de l’Edu­ca­tion Na­tio­nale consul­ta­tive, la dé­ci­sion est celle du di­rec­teur aca­dé­mique.

Le di­rec­teur aca­dé­mique a dé­ci­dé la fer­me­ture avec un re­comp­tage qui se­ra ac­té le jour même de la ren­trée. Dans la si­tua­tion où les ef­fec­tifs aug­mentent, la dé­ci­sion de fer­me­ture d’une classe ne se­ra ca­duque qu’à la ren­trée de sep­tembre. Si, à la ren­trée, les élèves sont là, il y au­ra ré­ou­ver­ture de la classe. Les fer­me­tures sont dé­ci­dées sur des cri­tères dé­par­te­men­taux, en rap­port du nombre d’élèves et en­sei­gnants. Cette an­née, à Ba­zoches, les pré­vi­sions étaient à la baisse, 117 élèves sont an­non­cés, 111 ont été re­te­nus. On ne peut plus faire de comp­tage main­te­nant. »

Avec un pro­blème, pour Lae­ti­tia Ro­quart : « Mu­riel Diot, l’en­sei­gnante des CP a re­çu sa lettre : elle doit par­tir et se­ra rem­pla­cée. Elle ha­bite dans le bourg de Ba­zoches et se­ra rem­pla­cée par quel­qu’un ve­nant de plus loin, de Caen peut-être. Met­tez-vous à sa place. Elle est bien in­té­grée dans le groupe des en­sei­gnants et est ai­mée par ses élèves, avec qui elle fait un tra­vail for­mi­dable. »

Ré­ponse de Lau­rence Brillaud : « Mme Diot va peu­têtre être obli­gée de se dé­pla­cer pour aller tra­vailler, mais elle ne se­ra pas sans em­ploi. »

Un pa­rent de ré­agir : « Si la classe rouvre, le nou­vel en­sei­gnant va mettre du temps pour s’adap­ter et on va perdre du temps. On se bat pour la qua­li­té de l’en­sei­gne­ment. Ici, l’école marche très bien et on va tout bous­cu­ler. Nous ne lâ­che­rons rien. »

Une dis­cus­sion entre pa­rents d’élèves et ins­pec­trice aca­dé­mique s’est lan­cée, no­tam­ment sur le nombre d’en­fants : 12 CM2 quittent l’école, quand 15 entrent à la ren­trée. Une des rai­sons in­vo­quée par l’ins­pec­trice, des pré­vi­sions faites en no­vembre et des do­ta­tions de postes en dé­cembre. Un ca­len­drier avan­cé en rai­son de l’élec­tion pré­si­den­tielle.

« C’est le CDEN qui sta­tue, la dé­ci­sion se­ra prise le pre­mier jour de la ren­trée. Je vien­drai comp­ter les élèves ce jour-là. Je m’y en­gage. Si c’est en­té­ri­né, il y au­ra ré­ou­ver­ture de la classe. Je ne peux que re­mon­ter les in­for­ma­tions, je vous ai bien en­ten­dus. Je n’ai au­cun pou­voir. »

Avec une crainte pour les pa­rents : « Cer­tains peuvent prendre peur avec cette fer­me­ture de classe et dé­ci­der de chan­ger leur en­fant d’école avant qu’il ne se re­trouve dans une classe sur­char­gée. Nous avons dé­jà vé­cu en 2000, une lutte pour ou­vrir une classe. Nous conti­nue­rons la lutte, nous ne lâ­che­rons rien. Vous pre­nez nos en­fants pour des mou­tons, alors lun­di, nous met­trons dans la cour d’école de vrais mou­tons, pour que vous ve­niez les comp­ter. »

Blo­cage de l’école sus­pen­du

Ven­dre­di 31 mars, Lau­rence Brillaud est re­ve­nue à Ba­zoches et a ren­con­tré les élus de Ba­zoches, Champ­ce­rie, Mé­nil-Vin, Ra­bo­danges, Neu­vy, Ha­blo­ville. Mo­nique Gui­bout, pré­si­dente de la Com­mu­nau­té de com­munes du Val d’Orne dont dé­pend l’école, était éga­le­ment pré­sente. Les pa­rents d’élèves ont par­ti­ci­pé à l’en­tre­tien, qui a du­ré toute la ma­ti­née.

Phi­lippe Jeanne, maire de Ba­zoches, est sor­ti confiant de la ren­contre : « il n’y a pas encore d’écrit, mais le poste de Mme Diot se­ra main­te­nu si la classe n’est pas fer­mée en sep­tembre. Et pour moi, il n’y a au­cune rai­son de fer­me­ture : les chiffres sont là. A ce ma­tin, il y a 119 en­fants ins­crits. La nou­velle di­rec­trice aca­dé­mique ar­rive dé­but avril ; nous al­lons prendre ren­dez­vous avec elle, comme nous l’avions fait avec M. La­can de­puis dé­cembre. L’ins­pec­trice a fait son tra­vail puis­qu’elle est re­ve­nue. Il faut gar­der confiance. Moi, per­son­nel­le­ment, j’y crois. »

Lae­ti­tia Ro­quart ajoute que « nous avons été en­ten­dus. Si le nombre d’élèves est bien re­te­nu, à la ren­trée, il n’y au­ra pas de pro­blème et l’en­sei­gnante re­pren­dra son poste. Nous an­nu­lons le blo­cage de l’école lun­di, comme pré­vu ini­tia­le­ment. »

Pa­rents et en­fants ont chan­té leur chan­son de ma­ni­fes­ta­tion.

Lau­rence Brillaud (au centre), Lae­ti­tia Mat­this, di­rec­trice de l’école, (à droite).

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