À Flers, les sa­la­riés de La Halle aux chaus­sures ont fait grève

L'Orne Combattante (FL) - - ENTRE BOCAGE SUISSE NORMANDE -

De­puis fé­vrier der­nier, les sa­la­riés de La Halle aux chaus­sures s’in­quiètent. Le groupe pro­prié­taire de la marque a an­non­cé la fer­me­ture de plu­sieurs points de vente en août. Sym­bo­li­que­ment, les sa­la­riés du ma­ga­sin de Flers ont fait grève.

« C’est plus sym­bo­lique qu’autre chose ». Voi­ci comment les quatre sa­la­riés du ma­ga­sin La Halle aux chaus­sures de Flers dé­fi­nissent leur mou­ve­ment. Ils étaient en grève ven­dre­di 7 avril, entre 10 h et 12 h, pour pro­tes­ter contre l’ave­nir qui est pro­mis à leur point de vente.

Après La Halle aux vê­te­ments, dont le ma­ga­sin de Flers a fer­mé ses portes en no­vembre 2015, le groupe Vi­varte, pro­prié­taire de plu­sieurs en­seignes, a an­non­cé, en fé­vrier der­nier, la fer­me­ture de 147 ma­ga­sins La Halle aux chaus­sures.

Lorsque cette an­nonce a fait par­ler d’elle dans les jour­naux, les sa­la­riés de Flers avaient choi­si d’at­tendre et de ne pas lan­cer de mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion. Le groupe Vi­varte avait, aus­si, dif­fu­sé une cir­cu­laire de la di­rec­tion à des­ti­na­tion des sa­la­riés leur in­ti­mant de ne pas ré­pondre et de ne pas faire de com­men­taire de­vant des jour­na­listes.

De­puis, les sa­la­riés ont en­vie de se faire en­tendre. Ce ven­dre­di 7 avril, ils ont fer­mé les portes avec de la ru­ba­lise et ac­cro­ché des écri­teaux men­tion­nant : « En grève », « Non aux fer­me­tures » ou en­core « Pour les ac­tion­naires, des c… en or. Pour les sa­la­riés, des nouilles en­core ».

L’une des sa­la­riés, qui a te­nu à conser­ver l’ano­ny­mat, ex­pli­quait : « On nous a dit que, théo­ri­que­ment, le ma­ga­sin al­lait fer­mer à la fin de l’été. Ils parlent du 31 août. Notre ma­ni­fes­ta­tion est plus sym­bo­lique qu’autre chose. On sait que ça ne va rien chan­ger mais l’in­ter­syn­di­cale ma­ni­feste en même temps de­vant le siège du groupe ». Pour cette sa­la­riée, il y a eu un élément dé­clen­cheur, une in­for­ma­tion qui l’a pous­sée à en­vi­sa­ger une grève : « Quand j’ai ap­pris le sa­laire du PDG de Vi­varte, qui s’élève à 100 000 € par mois, ça m’a mo­ti­vée ».

Les quelques clients de pas­sage au mo­ment de la grève ont re­çu des tracts, du moins ceux qui étaient in­té­res­sés. « Les gens ne savent pas for­cé­ment que nous sommes en grève. Ils sont sen­sibles à notre si­tua­tion. Il faut dire que Flers est dé­jà pas mal tou­chée par les fer­me­tures d’usines ou de com­merces ».

Ce même ven­dre­di 7 avril, des re­pré­sen­tants des syn­di­cats CFE CGC, CFTC, CGT, FO et SUD se sont ras­sem­blés de­vant le siège du groupe Vi­varte à Pa­ris. Deux can­di­dats à l’élec­tion présidentielle, Na­tha­lie Ar­thaud (Lutte ou­vrière) et Phi­lippe Pou­tou (Nou­veau par­ti an­ti­ca­pi­ta­liste) les ont re­joints pour les sou­te­nir.

T.G.

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