Face au « cli­mat d’in­sé­cu­ri­té » qui règne, la nou­nou perd son agré­ment

L'Orne Combattante (FL) - - ENTRE BOCAGE SUISSE NORMANDE -

Sai­si en ré­fé­ré, le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Caen a confir­mé jeu­di la sus­pen­sion de l’agré­ment dé­li­vré à une as­sis­tante ma­ter­nelle, do­mi­ci­liée près de Con­dé-sur-Noi­reau.

En fé­vrier der­nier, le pré­fet du Cal­va­dos a sus­pen­du pour quatre mois l’agré­ment d’une as­sis­tante ma­ter­nelle de­puis douze ans. Cette sus­pen­sion tem­po­raire pré­cède un pos­sible re­trait dé­fi­ni­tif, qui pour­rait in­ter­ve­nir au terme de l’en­quête me­née par les ser­vices de pro­tec­tion ma­ter­nelle et in­fan­tile (PMI) du dé­par­te­ment.

Lors de l’au­dience en ré­fé­ré, la re­pré­sen­tante du conseil dé­par­te­men­tal a re­pro­ché à la nou­nou « le manque de sé­cu­ri­té, de calme et de quié­tude » au sein de son foyer.

Le com­por­te­ment « violent » du ma­ri

En ligne de mire : le com­por­te­ment « violent » de son ma­ri. Elle a no­tam­ment évo­qué un épi­sode sur­ve­nu en sep­tembre 2016.

Alors qu’une as­sis­tante so­ciale était ve­nue ren­con­trer le couple chez eux pour dis­cu­ter de la si­tua­tion de leur fils ca­det, pla­cé en fa­mille d’ac­cueil, l’homme s’était ra­pi­de­ment em­por­té.

Le ren­dez-vous se passe mal, et après dix mi­nutes d’un « échange mus­clé » le ma­ri de l’as­sis­tante ma­ter­nelle a tout sim­ple­ment ex­pul­sé l’agent ter­ri­to­rial. Il a alors te­nu à son en­contre des propos « or­du­riers », alors qu’une fillette était pré­sente dans la mai­son.

« Mon­sieur ne maî­trise pas ses émo­tions », a re­gret­té la fonc­tion­naire, qui a dé­non­cé « une at­ti­tude pré­ju­di­ciable » pour la sé­cu­ri­té des en­fants.

L’avo­cat de l’as­sis­tante ma­ter­nelle s’est lui ap­puyé sur plu­sieurs at­tes­ta­tions de pa­rents pour contes­ter toute idée de vio­lence. Face à l’épi­sode au coeur du pro­blème, il a évo­qué « un acte iso­lé, in­ter­ve­nu dans le cadre pri­vé ». Contrai­re­ment à l’as­sis­tance so­ciale, le conseil a as­su­ré qu’au­cun en­fant ne se trou­vait alors sur place.

« La vé­ri­té a été ma­ni­pu­lée »

S’il a re­gret­té des mots « peut-être ex­ces­sifs », l’avo­cat a sur­tout ex­pli­qué que le ma­ri de la nou­nou n’a ja­mais eu de geste violent. Il a sur­tout re­mis en cause le pro­fes­sion­na­lisme de l’as­sis­tante so­ciale qui était alors in­ter­ve­nue à Con­dé-sur-Noi­reau

Cette der­nière a ré­di­gé son rap­port « plus d’un mois et de­mi après les faits », preuve se­lon le conseil que « la vé­ri­té a été ma­ni­pu­lée ».

Dans son dé­li­bé­ré, le juge a quant à lui es­ti­mé qu’au­cun des élé­ments avan­cés par l’as­sis­tante ma­ter­nelle, ou par son avo­cat, ne per­met « de faire naître un doute sé­rieux » quant à la lé­ga­li­té de la sus­pen­sion de l’agré­ment.

Le ma­gis­trat a donc confir­mé la sus­pen­sion de quatre mois de son agré­ment.

BM (PressPep­per).

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