Un ral­lye dé­pend de la ci­vi­li­té des spec­ta­teurs

Le sport au­to­mo­bile est un sport à risques. Outre les pi­lotes, il y a aus­si le com­por­te­ment des spec­ta­teurs qui peut en­traî­ner l’an­nu­la­tion d’une spé­ciale, voire de la course.

L'Orne Combattante (FL) - - SPORTS -

Certes, le risque zé­ro n’existe pas où que l’on soit et dans n’im­porte quel sport. En ma­tière de sport au­to­mo­bile, plus qu’ailleurs, les consignes de sé­cu­ri­té sont strictes et à juste titre. Le dan­ger, ce n’est pas seule­ment les voi­tures des concur­rents qui peuvent connaître un in­ci­dent mé­ca­nique à n’im­porte quel mo­ment de la spé­ciale, il y a aus­si la po­si­tion des spec­ta­teurs qui se s’ins­tallent par­fois à des en­droits in­ter­dits.

La sé­cu­ri­té est le point le plus im­por­tant de l’or­ga­ni­sa­tion d’un ral­lye au­to­mo­bile. Un casse-tête même pour les or­ga­ni­sa­teurs. Il faut ba­li­ser les zones d’ac­cès et celles in­ter­dites au pu­blic tout au long des spé­ciales. Mal­gré ce­la, il y a tou­jours des ir­ré­duc­tibles qui passent outre les consignes de sé­cu­ri­té.

« Un groupe de 2 ou 3 per­sonnes, voire moins, pla­cé au mau­vais en­droit, peut faire an­nu­ler une spé­ciale » pré­cise Ch­ris­tian Roul­leaux, de l’écu­rie Suisse-nor­mande or­ga­ni­sa­trice du ral­lye na­tio­nal épo­nyme.

« Ce­la peut même mettre en l’air tout le tra­vail de l’or­ga­ni­sa­tion » pour­suit ce der­nier.

En vé­ri­té, il y a trois sortes de spec­ta­teurs sur un ral­lye. En pre­mier : le pas­sion­né. Ce­lui qui va res­pec­ter les consignes de sé­cu­ri­té parce qu’il est conscient des risques et qu’il est là pour son plai­sir de voir pas­ser des bo­lides à pleine vi­tesse. Le dille­tante : c’est le spec­ta­teur qui passe par là, où ri­ve­rain de la course et qui ne se rend pas tou­jours compte, in­cons­cie­ment, qu’il n’est pas au bon en­droit, sous pré­texte que la course passe de­vant sa pro­prié­té. En­fin, les ir­ré­duc­tibles. Ces per­sonnes qui prennent à par­ti les com­mis­saires et font fi des consignes de sé­cu­ri­té sous pré­texte qu’ils veullent mieux voir la course que les autres ou même faire des photos. Ce sont ces per­sonnes les plus dan­ge­reuses. Elles s’ins­tallent dans les sor­ties de vi­rage, en dé­but de zone de frei­nage, der­rière les round­bal­leurs après les échap­pa­toires. Là, où jus­te­ment c’est in­ter­dit.

Ch­ris­tian Roul­leaux ex­plique : « Il faut se fier à son ins­tinct. Ne ja­mais re­gar­der un ral­lye de fa­çon pas­sive. Tou­jours être sur la dé­fen­sive au cas où un in­ci­dent se pro­duit. Même au bon en­droit. Une case mé­ca­nique peut ar­ri­ver à tout ins­tant. Une roue qui se dé­tache, une pièce qui s’en­vole. Il faut tou­jours être prêt à es­qui­ver. C’est pour ce­la qu’il faut tou­jours re­gar­der la voi­ture en la sui­vant du re­gard. »

Avant le lan­ce­ment de chaque spé­ciale, des voi­tures de course hors com­pé­ti­tion, nu­mé­ro­tées 000 ; 00 et 0, conduites par des pi­lotes cir­culent sur les spé­ciales pour in­for­mer, pour la pre­mière (triple 0) et vé­ri­fier que tout va bien pour les deux autres. La double 0 re­garde si les com­mis­saires sont bien en place et le pu­blic aus­si. La 0, peut même s’ar­rê­ter pour al­ler voir les spec­ta­teurs en fé­faut. « En gé­né­ral, ça fonc­tionne bien, car le pu­blic, s’il est ré­cal­ci­trant au­près des com­mis­saires, est plus à l’écoute d’un pi­lote. »

Autre élément de sé­cu­ri­té non né­gli­geable, le pu­blic qui quitte une spé­ciale après le der­nier concur­rent et qui marche en bord de route sans faire at­ten­tion aux autres spec­ta­teurs qui cir­culent en voi­ture et qui ne les voient pas tou­jours.

« L’or­ga­ni­sa­tion d’un ral­lye auto est sus­pen­due à la ci­vi­li­té des spec­ta­teurs ! » in­siste Ch­ris­tian Roul­leaux.

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