« Est-ce que ça vous cha­touille ou est-ce ce que ça vous gra­touille ? »

L'Orne Combattante (FL) - - CONDÉ ET SON PAYS -

Dans une tri­bune adres­sée au jour­nal, Charles Cor­let, évoque la si­tua­tion du pôle san­té de Condé-sur-Noi­reau.

« Comme le di­sait si bien Louis Jou­vet dans le cé­lèbre film Doc­teur Knock de Guy Le­franc, d’après la cé­lèbre pièce de Jules Ro­mains « Est-ce que ça vous cha­touille ou est-ce que vous gra­touille ? ».

En li­sant un ar­ticle de L’Orne Com­bat­tante, dé­but 2017, un gros titre at­tire mon at­ten­tion « in­quié­tude au pôle san­té » et je puis vous dire là, que ça me gra­touille !

Par­tout l’on vante : convi­via­li­té, qua­li­té des soins, qua­li­té de l’ac­cueil, l’or­ga­ni­sa­tion, la fa­ci­li­té avec le par­king… Et voi­là que l’on ap­prend que trois mé­de­cins vont par­tir en re­traite pro­chai­ne­ment, sans au­cun doute bien mé­ri­tée !

Il ne fau­drait sur­tout pas croire que tout est gra­tuit pour ces pro­fes­sion­nels, cha­cun doit payer un loyer et les charges correspondantes. Le coût semble très éle­vé et n’at­tire pas les jeunes mé­de­cins.

Le si­gna­taire a son mé­de­cin au pôle san­té. Voi­là quelques se­maines, un jeune mé­de­cin le rem­pla­çait. J’ai pris le temps de dis­cu­ter, je lui ai de­man­dé pour­quoi ne pas res­ter par­mi nous, les Con­déens sont des gens sym­pa­thiques, j’ai tout fait pour le convaincre.

Avec une très grande ama­bi­li­té sa ré­ponse fut simple : « vous voyez Mon­sieur j’ha­bite Caen avec ma fa­mille, ce qui me gêne le plus ce sont les condi­tions de cir­cu­la­tion entre Caen et Condé. À cette sai­son plus d’une heure de route… Je fais un rem­pla­ce­ment à Bayeux 20 mi­nutes, à Fa­laise 20 mi­nutes, à Pontd’Ouilly 30 mi­nutes, si Condé avait une quatre voies, il y au­rait dé­jà moins de pro­blèmes, mais les charges res­tent trop im­por­tantes pour un jeune mé­de­cin et mé­ri­te­raient un amé­na­ge­ment pour les pre­mières an­nées. ».

Ce « dé­sert mé­di­cal » qui me­nace ne concerne pas que notre ville, les pro­blèmes sont les mêmes sur une grande par­tie du ter­ri­toire, et l’on ar­rive au­jourd’hui à des sur­en­chères entre les dif­fé­rentes com­munes : c’est in­ad­mis­sible, mais à qui la faute ?

Il faut no­ter que si la mu­ni­ci­pa­li­té Con­déenne a pro­cé­dé à l’inau­gu­ra­tion de la sta­tion d’épu­ra­tion de la com­mune…, au­cune cé­ré­mo­nie of­fi­cielle pour l’ou­ver­ture du pôle san­té. Au­cune re­con­nais­sance en­vers ses 25 pro­fes­sion­nels qui s’oc­cupent du bien-être de nos conci­toyens ! Cha­cun a ses prio­ri­tés, qui par­fois laissent du­bi­ta­tif.

La mon­dia­li­sa­tion et les chan­ge­ments éco­no­miques ont dé­truit une par­tie du tis­su in­dus­triel de Condé. Notre jeu­nesse s’en va, la po­pu­la­tion vieillis­sante a vé­ri­ta­ble­ment be­soin d’un centre mé­di­cal de proxi­mi­té, pré­ser­vons-le !

Seule la mo­bi­li­sa­tion po­si­tive des ha­bi­tants et de leurs élus a des chances de stop­per ce qui me­nace : ne re­gar­dons pas cette si­tua­tion comme un fait ac­com­pli contre le­quel tout se­rait dé­jà joué.

Il est grand temps de se mettre au­tour d’une table en fai­sant fi du pas­sé et des mal­en­ten­dus, pour en­semble dy­na­mi­ser la re­cherche d’une so­lu­tion. Ce ne se­ra pas chose fa­cile mais la san­té de nos conci­toyens doit être la prio­ri­té tout en pré­ser­vant l’ho­no­ra­bi­li­té de nos pra­ti­ciens. »

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