« Quand vous l’avez mis aux lèvres, vous avez en­vie de pro­gres­ser »

Voi­là 5 ans que Joël Sé­bire en­seigne l’art de son­ner la trompe à qui veut bien l’écou­ter. Pour faire dé­cou­vrir au plus grand nombre cet ins­tru­ment si par­ti­cu­lier, un concert est pro­gram­mé à l’église Saint-Sau­veur, à Thu­ry-Har­court, sa­me­di 13 mai.

L'Orne Combattante (FL) - - SUISSE NORMANDE - Au­drey Che­val­lier

Thu­ry-Har­court. Leur école n’a ni toit, ni fe­nêtre ; le cadre est idyl­lique.

Deux fois par se­maine, Joël Sé­bire in­ves­tit la cour du châ­teau de Thu­ry-Har­court pour don­ner son cours. Une le­çon de trompe. « Il ne faut pas for­cé­ment être chas­seur », in­siste le mo­ni­teur de 68 ans à l’ini­tia­tive de la créa­tion de cette école as­so­cia­tive. « J’ai 15 élèves, ré­par­tis en deux ni­veaux. Le lun­di soir, c’est pour les dé­bu­tants ; le jeu­di pour les son­neurs confir­més. » Le plus jeune a 9 ans ; le plus âgé, 70 ans.

Voi­là 5 ans main­te­nant qu’il en­seigne l’art de son­ner la trompe à qui veut bien l’écou­ter. Lui a pris goût au timbre si par­ti­cu­lier de l’ins­tru­ment à l’ado­les­cence. « Dans les an­nées 1970, un soir, j’ai en­ten­du une trompe, comme ça toute seule. J’étais avec un de mes ca­ma­rades. C’était tout là­haut, près de Bar­fleur. On est al­lé trou­ver ce type-là et on a fi­ni par créer un groupe. »

Pour se per­fec­tion­ner, le jeune pas­sion­né s’est alors adres­sé à la fé­dé­ra­tion des trompes de France. « Quand vous l’avez mis aux lèvres, vous avez en­vie de pro­gres­ser. » Au fil des stages, des for­ma­tions, son ni­veau s’amé­liore et lui per­met d’in­té­grer des groupes pres­ti­gieux. « J’ai eu la chance de ren­trer dans Les Echos du Pays d’Auge avec qui nous avons été trois fois sa­crés cham­pion de France, en 1981, 1983 et 1987. » L’in­sé­mi­na­teur au­jourd’hui à la re­traite en­re­gistre alors un disque.

Un mé­lo­dieux moyen de com­mu­ni­ca­tion

« J’avais tou­jours ma trompe dans la voi­ture pour les clients qui vou­laient m’en­tendre. »

Il en­voyait une fan­fare ou deux. « Dans la trompe, il y a toute une pro­gres­sion, c’est un peu comme les clas­se­ments au ten­nis », com­mente ce­lui qui a été pré­sident du club de ten­nis de Thu­ry-Har­court. « La pre­mière étape, le sé­same, c’est le bre­vet du son­neur. Pour l’avoir, il faut maî­tri­ser 54 fan­fares. » De pe­tits mor­ceaux de moins d’une mi­nute. Par­mi elles, la fan­fare du cerf, du la­pin, du san­glier, che­vreuil… « que des ani­maux cou­rables, chas­sable à courre ».

Lui est ve­neur de lièvres. « Ce­la se pra­tique à pied et sans fu­sil. Ce sont les chiens qui prennent ou qui ne prennent pas l’ani­mal », in­siste-t-il. « On sonne avant de par­tir, on dé­couple les 18 chiens et on sonne la vue. C’est ce qu’on ap­pelle des fan­fares de cir­cons­tances. » La mu­sique de­vient alors un mé­lo­dieux moyen de com­mu­ni­ca­tion.

« Par­mi nous, il y a des son­neurs qui viennent pour la mu­sique ; qui ne sont pas du tout chas­seur », conti­nue ce­lui qui est au­jourd’hui di­rec­teur du groupe ral­lye trompe du Co­ten­tin.

Ils sont là juste pour le plai­sir de faire ré­son­ner cet ins­tru­ment de lai­ton long de 4,545 m, de l’em­bou­chure au pa­villon, en­tou­ré en trois tours et de­mi. « Sa to­na­li­té en ré ma­jeur lui donne son timbre si par­ti­cu­lier. La trompe est née avec Louis XV, au dé­but du XVIIIe siècle. »

Pour le faire dé­cou­vrir au plus grand nombre, un concert est d’ores et dé­jà pro­gram­mé à l’église Saint-Sau­veur, sa­me­di 13 mai.

Sur scène, des poin­tures telles que Fla­vien Bé­ren­ger, Fran­çois But­tet, Joa­chim Le­val­lois ou en­core Ni­co­las La Route aux cô­tés d’élèves. Une pres­ta­tion à cou­per le souffle.

École de trompe as­so­cia­tive : 50 € par tri­mestre, co­ti­sa­tion à la fé­dé­ra­tion in­cluse. Contact : Joël Sé­bire, à Pla­cy, 02 31 78 37 92, 06 08 60 38 45 ou par mail à joel.se­bire560@orange. fr Sa­me­di 13 mai, concert à l’église Saint-Sau­veur, à Thu­ry-Har­court, à 20 h 30. Par­ti­ci­pa­tion libre. Un stage est or­ga­ni­sé à la MFR de la Ba­go­tière, aux Mou­tiers-enCin­glais, les 13 et 14 mai. 120 €/adhé­rent ; 150 €/non adhé­rent.

Joël Sé­bire, pro­fes­seur de trompe, en­tou­ré de trois de ses élèves, Jean Du­mor­tier, Phi­lippe Al­lain et Oli­vier Mülh.

Voi­là 5 ans main­te­nant qu’il en­seigne l’art de son­ner la trompe à qui veut bien l’écou­ter.

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