« Un aban­don des cam­pagnes… »

L'Orne Combattante (FL) - - CONDÉ ET SON PAYS - M.T.

Comment ana­ly­ser le score du FN dans le pays de Con­dé ? Il faut re­mon­ter dans le temps dé­jà. Au der­nier scru­tin, en dé­cembre 2015 (élec­tions ré­gio­nales), le parti avait réa­li­sé un gros score, au pre­mier tour, en ar­ri­vant en tête dans le can­ton de Con­dé-Vas­sy-Bé­ny (N.D.L.R. il s’agit de l’an­cien can­ton de 14 com­munes). Ni­co­las Bay (FN) avait en­re­gis­tré 955 voix (29,34 %). L’union de la Droite et du Centre me­née par Her­vé Mo­rin était ar­ri­vée en deuxième po­si­tion avec 924 voix (28,39 %), en­fin l’union de la Gauche avec 613 voix (18,83 %) avait ter­mi­né troi­sième. Au se­cond tour, la tri­an­gu­laire avait don­né ga­gnant l’union de la Droite et du Centre avec 38,63 %, de­vant le FN (30,70 %) et l’union de la Gauche (30,67 %).

Le FN fait 41,27 % à Pon­té­cou­lant

70 ins­crits, 63 vo­tants et 7 abs­ten­tions. La pe­tite com­mune du Cal­va­dos a pla­cé Ma­rine Le Pen (41,27 %) de­vant. Elle de­vance JeanLuc Mé­len­chon (20,63 %) et Fran­çois Fillon (12,70 %). Le FN aug­mente son score de 2012, tou­jours au pre­mier tour, où Ma­rine Le Pen avait fait 35,94 %. Fran­çois Hol­lande (PS) avait fait 23,44 % et Ni­co­las Sar­ko­zy (UMP). De­puis 2002, le Front Na­tio­nal en­re­gitre à chaque fois un bon score au pre­mier tour.

« Je ne suis mal­heu­reu­se­ment pas éton­né par le score du FN dont je ne me ré­jouis pas. Je pense que le sen­ti­ment d’aban­don res­sen­ti en cam­pagne y est pour quelque chose. La mise en place de grandes com­munes nou­velles et de grandes in­ter­com­mu­na­li­tés s va à mon avis à l’en­contre des dé­si­rs de la po­pu­la­tion puis­qu’elle amè­ne­ra des fonc­tion­ne­ments liés aux par­tis et aux car­rières in­di­vi­duelles. Je suis mal­heu­reu­se­ment convain­cu que la dis­pa­ri­tion des conseillers mu­ni­ci­paux des pe­tites com­munes, puis leurs désen­ga­ge­ments dé­mo­cra­tiques, et la dé­mo­ti­va­tion qui s’en sui­vra ne fe­ront rien pour ar­ran­ger la si­tua­tion », ana­lyse le maire de Pon­té­cou­lant, Jean-Pierre Mou­rice.

Il est re­joint par le maire de Saint-De­nis-de-Mé­ré, JeanPierre Bi­net. « Le constat que l’on peut faire est le ma­ni­feste to­tal du désar­roi que ren­contre au­jourd’hui tous les ru­raux de notre ter­ri­toire. Ces der­niers sont lais­sés pour compte par des gens qui sont élus de­puis bien trop long­temps et qui s’ap­pro­prient le ter­ri­toire en se le par­ta­geant. Il suf­fit de re­gar­der au­tour de nous la dé­ser­ti­fi­ca­tion que l’on est en train de nous im­po­ser, la sup­pres­sion des ser­vices pu­blics. Tous les in­ves­tis­se­ments sont tous réa­li­sés chez les amis des amis. Ce­la suf­fit. De­main il n’y au­ra plus d’élus de proxi­mi­té. Il faut ab­so­lu­ment stop­per la pos­sible dé­bâcle an­non­cée avec le FN. Ce vote de ré­volte est un coup de se­monce et à la fois un ap­pel de déses­poir de ras-le-bol des ba­rons lo­caux. »

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