Ferme bio : le pa­ri du jeune éle­veur

Ex­ploi­tant d’une ferme de vaches al­lai­tantes bio à Athis, Ch­ris­tian Go­ret a dé­ci­dé de cé­der son ex­ploi­ta­tion. Une trans­mis­sion-re­prise ren­due pos­sible via Terre de liens.

L'Orne Combattante (FL) - - LA UNE -

Ins­tal­lé dans la ferme de la Bis­son­nière, à Athis, à la suite de ses pa­rents de­puis le mi­lieu des an­nées quatre-vingt, Ch­ris­tian Go­ret s’est lan­cé dans l’éle­vage de vaches al­lai­tantes bio avec vente di­recte de viande dans son ex­ploi­ta­tion. Des sou­cis de santé l’ont pous­sé à cé­der sa ferme qui ne s’ins­crit pas dans le mo­dèle agri­cole conven­tion­nel. Pour me­ner à bien son pro­jet, il s’est tour­né vers l’as­so­cia­tion Terre de liens Nor­man­die pour une trans­mis­sion-re­prise en dou­ceur de son ex­ploi­ta­tion. Celle-ci est com­po­sée de 38 hec­tares avec un chep­tel de 80 vaches de race sa­lers pour la plu­part.

Ti­tu­laire de deux BTS main­te­nance in­dus­trielle et ro­bo­tique et de tech­ni­cien agri­cole, Jé­rôme Ha­mard, 33 ans, fils d’agri­cul­teur, sou­haite s’ins­tal­ler de­puis long­temps après l’avor­te­ment de son pro­jet de re­prise de la ferme fa­mi­liale. C’est par le bouche-ào­reille qu’il a ren­con­tré Ch­ris­tian Go­ret.

« De­puis un an, je suis en contrat de par­rai­nage avec le concours de la chambre d’agri­cul­ture et le conseil ré­gio­nal. Je vais ain­si res­ter aux cô­tés de Ch­ris­tian Go­ret pour suivre l’ex­ploi­ta­tion pen­dant un an maxi­mum avant de me lan­cer seul dans l’aven­ture en louant les terres à un prix rai­son­nable grâce au concours de l’as­so­cia­tion Terre de liens » ex­plique Jé­rôme Ha­mard.

Opé­ra­tion fer­meou­verte, le 3 juin

À terme, le jeune homme va dis­po­ser de 50 hec­tares en y ajou­tant une dou­zaine qu’il va louer dans une ferme voi­sine où il va lo­ger avec sa com­pagne Cla­ra Du­val, tan­dis que Ch­ris­tian Go­ret et son épouse vont con­ti­nuer à vivre dans la mai­son de la ferme de la Bis­son­nière. Jé­rôme Ha­mard va faire la même chose que Ch­ris­tian Go­ret en ajou­tant un la­bo­ra­toire de dé­coupe de viande avec, à terme, l’es­poir de pou­voir abattre les ani­maux sur place.

Cette re­prise d’ex­ploi­ta­tion est réa­li­sée avec l’as­so­cia­tion Terre de liens qui pro­pose à toute per­sonne in­té­res­sée d’in­ves­tir dans une épargne so­li­daire en ache­tant des parts pour ac­qué­rir les terres des fermes bio uni­que­ment, mises en vente par leur(s) ex­ploi­tant(s). Une part s’élève à 103,50 € hors frais. Ces sous­crip­tions peuvent don­ner droit à une ré­duc­tion d’im­pôt. Toutes les condi­tions de sous­crip­tion sont consul­tables sur le site : www.ter­re­de­liens.org.

Terre de liens s’en­gage à fi­nan­cer 75 % de l’opé­ra­tion qui est ici de l’ordre de 255.000 € qui est ac­tuel­le­ment le plus gros pro­jet de la ré­gion Basse-Nor­man­die pour l’as­so­cia­tion créée en 2003. Il est donc né­ces­saire qu’un maxi­mum de per­sonnes s’en­gage dans l’ac­qui­si­tion de parts so­ciales. Pour ex­pli­quer ce­la, une opé­ra­tion ferme-ou­verte est or­ga­ni­sée, sa­me­di 3 juin, à la Bis­son­nière, entre 15 h et 19 h avec une confé­rence de Terre de liens, à 18 h, sur le thème de l’épargne so­li­daire au ser­vice de la trans­mis­sion-re­prise d’une ferme. G.V.

Cla­ra Du­val et son com­pa­gnon Jé­rôme Ha­mard en com­pa­gnie de Ch­ris­tian Go­ret au­tour d’une vache de sa­lers.

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